Élise Lucet : "Les Libanais sont en état de syndrome post-traumatique"

Pour la première fois, Élise Lucet se rendra à Beyrouth après l’explosion qui a laissé près de 300 000 habitants sans abri. Un reportage choc, en préambule à une soirée de solidarité baptisée Unis pour le Liban, qui aura lieu jeudi 1er octobre à 21 h 05 sur France 2

Un mois après l’explosion, vos reporters sont retournés à Beyrouth. Dans quel but ?

Élise Lucet : Donner la parole aux Beyrouthins, plus ou moins impactés par le drame, mais encore en état de syndrome post-traumatique aigu. Au bout d’un quart d’heure d’interview, tous se mettaient à pleurer. Comme si cette catastrophe était aussi le point d’acmé de toutes les crises qu’ils traversent depuis des années.

Ont-ils eu envie de s’exprimer malgré la douleur ?

Certains sont encore en période de deuil. Comme Karlene, qui a perdu son mari, son frère et son cousin, tous les trois pompiers décédés dans l’incendie, ou les parents de la petite Alexandra, 3 ans, morte dans sa chambre soufflée par l’explosion. Ou encore Nathalie Saad qui, à l’intérieur de sa voiture, a été propulsée à mille mètres et a eu 720 points de sutures. Si leur douleur est extrêmement forte, l’envie de parler prévaut pour que ce drame entraîne de vrais changements politiques. Le gouvernement connaissait l’existence de ce stock de nitrate d’ammonium et n’a rien fait pour les protéger. Depuis l’explosion, ils n’ont eu ni explications ni excuses. Ils se sentent abandonnés.

Et les autorités ? Les avez-vous rencontrées ?

Sur le terrain, à part des militaires pour éviter les pillages, elles sont totalement absentes. Une deuxième enquête à venir dans Envoyé spécial interrogera davantage les instances dirigeantes. Pour l’heure, ce sont les Libanais qui parlent à leurs cousins Français, à hauteur d’homme.

Comment peut-on les aider ?

La Croix-Rouge française reversera l’intégralité des dons à la Croix-Rouge libanaise, la mieux à même de les répartir en fonction des besoins sur le terrain.

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