Empreinte carbone : nos conseils pour la réduire

Mesurer notre impact sur le climat est nécessaire afin de pouvoir prendre les bonnes décisions pour le diminuer.

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Chaque fois que nous nous déplaçons, que nous utilisons nos appareils électroménagers, et même en faisant nos courses alimentaires, nous produisons une quantité variable de gaz à effet de serre (GES). Pour faciliter une évaluation globale de ces émissions, celles-ci sont calculées en “tonne d’équivalent CO2”. Ainsi, chaque Français émet en moyenne onze tonnes d’équivalent CO2 par an, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Notre alimentation produit 2,8 tonnes, autant que nos déplacements. Le logement contribue à hauteur de 2,2 tonnes, devant les vêtements, appareils électroménagers et autres produits de grande consommation – 1,8 tonne. Des chiffres auxquels il faut ajouter notre part individuelle de services publics, évaluée à 1,1 tonne.

Evaluer mes émissions

Comme toute moyenne, ces chiffres ne reflètent pas les situations individuelles. Pour que chacun puisse mesurer ses propres émissions, l’Ademe a développé, via son Ecolab et l’association Bilan Carbone, un simulateur précis et très simple à utiliser, accessible librement sur NosGEStesClimat.fr. Armé de quelques factures et infos pratiques, un petit quart d’heure suffit à renseigner toutes les étapes. Ludique et instructif, cet outil permet de se situer par rapport à la moyenne des consommateurs, d’identifier les priorités à mettre en œuvre pour réduire ses émissions personnelles, puis de suivre les progrès réalisés chaque mois. Avec, pourquoi pas, l’idée d’atteindre l’objectif ambitieux proposé par l’Ademe, de 2 tonnes de CO2 par an, soit plus de cinq fois moins que la moyenne actuelle.

L’alimentation autant que les transports

S’il nous paraît évident que nos déplacements en voiture individuelle, avion, autocar, train… génèrent des volumes importants de GES, qui imagine spontanément que notre consommation alimentaire pollue dans les mêmes proportions ? C’est pourtant bien le cas. Pour les deux tiers, ces émissions sont issues de la production agricole, et notamment de l’élevage (29%) et de l’utilisation d’engrais azotés (23%). Ainsi, la production d’un kilo de viande de bœuf produit 60 kg d’équivalent CO2, contre seulement 7 kg pour le porc, 6 kg pour la volaille, 4,5 kg pour les œufs et le poisson sauvage. Céréales ainsi que fruits et légumes ressortent comme les aliments les moins polluants (de 1,4 à 0,3 kg), a fortiori s’ils sont issus de l’agriculture biologique. Il apparaît donc clairement que le choix de nos menus quotidiens détermine directement l’impact de notre consommation.

Agir pour réduire

Le simulateur de l’Ademe se propose justement de nous aider à faire les meilleurs choix. Les actions présentées vont du petit geste du quotidien, comme éteindre ses appareils en veille (6,6 kg de CO2 en moins par an) ou préférer l’étendoir au sèche-linge (-24 kg), aux initiatives à l’impact plus marqué. Ainsi, adopter l’éco-conduite (conduite à vitesse régulière et réduite, sans surcharge, avec des pneus correctement gonflés.. ) permet de réduire ses émissions de 334 kg an, et le gain passe à 1,1 tonne par an avec la rénovation de l’isolation du logement. Et c’est autant d’énergie économisée. A tout moment du processus de simulation, un menu “comprendre le calcul” nous renseigne avec précision et détaille la méthodologie utilisée. Vous saurez ainsi, avant d’entreprendre un voyage en avion, qu’un vol de 12000km (soit un aller-retour Paris-New York) émet autant de GES par passager que la consommation annuelle de chauffage d’un petit appartement…

Compenser ses émissions

A défaut de nous priver totalement de voyager, nous pouvons nous efforcer de remplacer l’avion par un moyen de transport moins polluant, comme le train, chaque fois que c’est possible. A l’image des Suédois, qui ont décidé de fermer un troisième aéroport, principalement dédié aux vols intérieurs. Et dans les autres cas, nous pouvons recourir à un mécanisme de “compensation carbone”. Ainsi, la calculette de la Fondation GoodPlanet permet d’évaluer les émissions de carbone réalisées au cours d’un voyage, et suggère de les compenser en soutenant financièrement la préservation de forêts, l’accès aux énergies renouvelables, l’amélioration de la gestion des déchets…

Numérique, des appareils à faire durer

Avec 217 kg de CO2 par an et par Français, les émissions de nos mobiles, télévisions, ordinateurs… affichent un bilan carbone à considérer. La fabrication d’un ordinateur engloutit pas moins de 240kg de combustibles fossiles, 22kg de produits chimiques et quelque 1500 litres d’eau ! Conserver ses équipements numériques au moins quatre ans, opter pour des modèles reconditionnés, supprimer les logiciels et fichiers inutiles, réparer au lieu de jeter sont autant de moyens de lutter contre cette source d’émissions.

1 tonne de CO2, c’est…

… le volume de GES émis pour fabriquer, consommer ou parcourir :

L’avis de l’experte

La compensation carbone consiste à financer un éco-projet. Après avoir limité au maximum votre empreinte personnelle, vous pouvez acquérir, via un opérateur spécialisé, un nombre de crédits carbone correspondant au volume des émissions résiduelles de GES que vous souhaitez compenser. La somme versée contribue au financement d’un projet de réduction des émissions ou de séquestration de carbone (végétalisation, reboisement…). Attention, la compensation est une solution de dernier recours. Elle ne remplace pas les efforts pour réduire notre production de GES. N’hésitez pas à consulter InfoCC (sur info-compensation-carbone. com), pour les bonnes pratiques en matière de compensation.

Merci à Nathalie Martinez, ingénieure au pôle trajectoires bas carbone de l’Ademe.

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