Fausse couche : cause, symptômes à reconnaître et déroulement

Qu’est-ce qu’une fausse couche ? Quels sont les facteurs de risque ? Quels sont les symptômes à identifier ? Réponses de pro.

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Qu’est-ce qu’une fausse couche ?

Fausse couche : définition. La fausse couche se définit comme un arrêt accidentel et précoce de la grossesse. En langage médical, on parle plutôt de  » fausse couche spontanée  » (abréviée FCS) ou d' » avortement spontané « .

Plus précisément, on distingue 2 types de fausse couche :

  • La fausse couche précoce qui survient au cours du premier trimestre de grossesse (durant les 3 premiers mois, donc),
  • La fausse couche tardive qui survient entre la 14ème semaine d’aménorrhée (14 SA) et la 22ème semaine d’aménorrhée (22 SA) ou entre la 12ème semaine de grossesse et la 20ème semaine de grossesse.

À savoir. Chez une femme jeune et en bonne santé (c’est-à-dire : en l’absence de facteurs de risque), on estime que le risque de fausse couche précoce pendant la grossesse est compris entre 10 % et 15 %.

Fausse couche : quelles sont les causes les plus fréquentes ?

Malheureusement, dans l’immense majorité des cas, les causes exactes d’une fausse couche ne sont pas connues.  » On peut être en présence d’anomalies du développement embryonnaire, d’anomalies génétiques graves, d’anomalies malformatives… ou même de causes totalement accidentelles  » ajoute le Pr. Cyril Huissoud, gynécologue obstétricien.

Lorsque les fausses couches se répètent, des investigations (par prélèvements sanguins, en particulier) seront menées pour en identifier les causes. Il peut notamment être question :

  • d’un excès sanguin d’anti-phospholipides, des anticorps qui augmentent le risque de fausse couche spontanée (FCS),
  • d’un trouble de la coagulation sanguine :  » si le sang coagule de façon trop importante (ou, au contraire, insuffisamment), cela peut également augmenter le risque de fausse couche  » remarque le Pr. Huissoud,
  • de remaniements chromosomiques chez la femme enceinte ou chez son conjoint : on parle aussi d’anomalies du caryotype,
  • d’une pathologie utérine : des fibromes, des malformations, des infections chroniques…

Par ailleurs, plusieurs facteurs environnementaux accroissent le risque de faire une fausse couche, qu’elle soit précoce ou tardive. Par exemple :

  • L’âge de la mère : lorsque l’âge maternel est supérieur à 40 ans, le risque de fausse couche spontanée est plus élevé,
  • La prise de substances toxiques : tabac, alcool à haute dose, cannabis, drogues dures…,

À savoir. Contrairement aux idées reçues, les rapports sexuels pendant la grossesse (peu importe l’âge de celle-ci) n’augmentent pas le risque de fausse couche !

Zoom sur la fausse couche tardive. La fausse couche spontanée tardive (qui est susceptible de survenir à partir de 14SA ou de 12 semaines de grossesse, donc) peut être provoquée par une béance cervico-isthmique.  » Concrètement, cela signifie que le col de l’utérus a tendance à s’ouvrir trop facilement, notamment parce que le muscle (l’isthme utérin) n’est pas suffisamment tonique  » explique le Pr. Huissoud.

En cas de béance cervico-isthmique, la mise en place d’un cerclage chirurgical (au niveau du col de l’utérus ou de l’isthme utérin) peut être proposée afin de limiter l’ouverture du col. Le médecin pourra aussi proposer un traitement médicamenteux par voie intravaginale, destiné à accroître la tonicité de l’utérus.

Fausse couche : quels sont les symptômes à reconnaître ?

Une fausse couche, qu’elle soit précoce ou tardive, peut se manifester à travers des saignements vaginaux, qui peuvent être noirâtres ou rouge vif, et qui peuvent faire penser à des règles. On peut aussi présenter des douleurs pelviennes (c’est-à-dire : des douleurs au niveau du bas-ventre) plus ou moins intenses.

Les symptômes caractéristiques de la grossesse (la pesanteur au niveau des seins, les nausées…) peuvent, quant à eux, disparaître. Plus spécifiquement, une fausse couche tardive (à partir de 14SA ou de 12 semaines de grossesse) peut être à l’origine de contractions utérines.

Attention ! Parfois, la fausse couche spontanée (FCS) est asymptomatique, ce qui signifie qu’elle passe inaperçue – il n’y a aucun symptôme. C’est à l’occasion d’une échographie que l’on découvre (de façon fortuite, donc) que l’œuf a cessé de se développer. Une échographie pelvienne (par voie abdominale et endovaginale) confirmera alors l’arrêt de la grossesse.

Fausse couche : quelle prise en charge, et après ?

Lors d’une fausse couche spontanée (FCS), qu’elle soit précoce ou tardive, l’évacuation du sac gestationnel peut être complète ou incomplète. Dans le premier cas, une surveillance par des échographies de contrôle régulières sera mise en place. Dans le second cas, l’expulsion complète pourra être provoquée par la prise de médicaments, voire à l’aide d’un traitement chirurgical par aspiration intra-utérin.

 » Le plus souvent, une fausse couche est sans conséquence pour les grossesses à venir  » affirme le Pr. Huissoud. Après une fausse couche, une prise en charge psychologique est toutefois recommandée.

Merci au Pr. Cyril Huissoud, gynécologue obstétricien à Lyon et secrétaire général du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF).

À lire : Le grand livre de ma grossesse – Collège national des gynécologues et obstétriciens (CNGOF), éd. Eyrolles.

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