Hématome sous dural (HSD) : quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Après un choc ou une chute, on peut observer l’apparition d’un hématome sous-dural. Zoom sur les symptômes qu’il ne faut pas négliger.

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Qu’est-ce qu’un hématome sous-dural (HSD) ?

Avant d’expliquer ce qu’est un hématome sous-dural (HSD), il faut parler des méninges, ces membranes qui enveloppent et protègent le cerveau. Il existe 3 méninges qui sont superposées les unes aux autres : la dure-mère (la plus superficielle), l’arachnoïde et la pie-mère (qui sont des membranes molles).

Hématome sous-dural : définition. On parle d’hématome sous-dural lorsque du sang s’accumule dans l’espace sous-dural, qui se trouve entre la dure-mère et l’arachnoïde. Cet hématome résulte habituellement de la rupture d’un vaisseau sanguin qui circule dans l’espace sous-dural – la veine temporale antérieure ou postérieure, la veine émissaire…

Hématome sous-dural : quelles sont les causes ? L’hématome sous-dural résulte généralement d’un traumatisme : une chute (dans l’escalier, dans la douche…), un choc à la tête (se cogner contre un coin de porte ou de placard…), un accident (de voiture ou à l’occasion d’une séance de sport, par exemple)… Selon les experts, 25 % des patients souffrant d’un traumatisme crânien présentent un hématome sous-dural.

Il existe 2 types d’hématomes sous-duraux : l’hématome sous-dural aigu (HSDA) constitue une urgence neurochirurgicale et se constitue en l’espace de 24 à 48 heures. A contrario, l’hématome sous-dural chronique évolue à bas bruit et n’entraîne des symptômes qu’au bout de plusieurs jours/semaines.

Hématome sous-dural : quels sont les facteurs de risque ? L’hématome sous-dural (aigu ou chronique) est plus fréquent chez les personnes âgées (après 70 ans) et les jeunes enfants – qui chutent et se cognent davantage. La prise de médicaments anti-coagulants et l’alcoolisme constituent des facteurs de risque.

Hématome sous-dural : quels sont les symptômes à ne pas négliger ?

Attention ! On l’a dit : l’hématome sous-dural aigu (HSDA) constitue une urgence. En cas d’apparition d’un coma ou de convulsions après un choc à la tête ou une chute, surtout chez un jeune enfant ou une personne âgée, il est donc indispensable d’appeler les secours (15 ou 112).

L’hématome sous-dural chronique évolue plus lentement et on peut constater l’apparition des symptômes suivants plusieurs semaines après le traumatisme :

  • Des maux de tête (céphalées),
  • Une lenteur intellectuelle,
  • Des troubles du comportement : de l’irritabilité, de l’agressivité, une humeur changeante…,
  • De la confusion, une fatigue anormale,
  • Des difficultés pour parler, pour articuler, pour trouver ses mots…,
  • Une faiblesse anormale d’un membre,
  • Des nausées et/ou des vomissements,
  • Une léthargie, un ” manque d’envie ” pour les activités du quotidien,
  • Des convulsions et/ou des crises d’épilepsie,
  • Des troubles de la vision,
  • Chez le nourrisson : une augmentation du périmètre crânien, une tension de la fontanelle, de l’irritabilité, des pleurs, un manque d’appétit, une perte de poids…

Hématome sous-dural : le diagnostic et les traitements

Diagnostic. Outre le diagnostic clinique, le diagnostic de l’hématome sous-dural (aigu ou chronique) passe par un scanner qui révèle une ” poche ” de sang dans la tête, entre la dure-mère et l’arachnoïde. Le scanner (que l’on appelle aussi ” tomodensitométrie “) permet également d’évaluer le volume de l’hématome.

Traitement chirurgical. Le traitement de référence de l’hématome sous-dural est la crâniotomie (que l’on appelle aussi ” trépanation “). Cet acte chirurgical consiste à percer un trou dans la boîte crânienne, donc à ouvrir la dure-mère, pour évacuer l’hématome – il s’agit d’un drainage chirurgical. Il est à noter que la trépanation est une technique très ancienne puisqu’elle était déjà pratiquée en Amérique du Sud il y a 3000 ans.

L’intervention n’est toutefois pas toujours nécessaire – en particulier en l’absence de symptômes : une simple surveillance à l’hôpital est alors mise en place, avec des scanners réguliers.

Traitement médical. En cas d’hématome sous-dural chronique, un traitement médical peut être mis en place après l’intervention chirurgicale : corticothérapie, réhydratation, régime alimentaire salé… Des contrôles réguliers par scanner (tomodensitométrie) sont réalisés.

À savoir. Si le pronostic est plutôt bon en cas d’hématome sous-dural chronique, en cas d’hématome sous-dural aigu (HSDA), il est malheureusement plus sombre : le taux de mortalité est ainsi d’environ 30 % si le patient est opéré dans les 4 heures qui suivent le traumatisme. Au-delà de ce délai, le taux de mortalité atteint 90 %.

Sources :

Association SOS Attaque Cérébrale

Harvard Medical School

National Health Service

Campus de Neurochirurgie

Cleveland Clinic

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