Hommage à Samuel Paty : des élèves arrêtés pour apologie du terrorisme

L’hommage à Samuel Paty n’a pas été respectée par tous les élèves le jour de la rentrée. Depuis, plusieurs lycéens et écoliers ont été interpellés pour apologie du terrorisme, mais certaines de ces arrestations provoquent la polémique. Le point sur les dernières actualités.

  • Apologie du terrorisme à l’école
  • Attentat de Conflans-Sainte-Honorine
  • Quels outils pédagogiques ?

Des élèves poursuivis pour apologie du terrorisme

[Mise à jour du 9 novembre à 11h06]. Après la lecture de la lettre aux instituteurs de Jean Jaurès, 12 millions d’élèves ont observé une minute de silence ce 2 novembre. De manière générale, tous les établissements scolaires ont respecté l’hommage à Samuel Paty, mais l’Education nationale a tout de même recensé “400 violations” pendant la minute de silence“Il y a eu environ 400 violations de la minute de silence, dans des formes parfois légères, parfois lourdes. Bien entendu, chacune de ces violations est suivie de poursuites disciplinaires. Parfois même, il y a eu des poursuites pénales dans certains cas”, a précisé Jean-Michel Blanquer sur RTL ce 6 novembre. Plusieurs écoliers, collégiens et lycéens ont en effet été poursuivis après avoir proféré des menaces et fait l’apologie du terrorisme selon le parquet.

A Albertville, trois garçons et une fille de CM2, âgés de 10 ans, ont été arrêtés à leur domicile ce 5 novembre, pour avoir tenu des propos “violents et inquiétants” lors de l’hommage à Samuel Paty le 2 novembre. “Ils ont dit que le terroriste avait bien fait “, a expliqué le procureur de Chambéry, Pierre-Yves Michau, ce 7 novembre. “Ils ont justifié l’assassinat (…) arguant qu’il était interdit d’offenser le prophète et ajoutant qu’ils tueraient leur professeur s’il caricaturait le prophète“, a ajouté le ministère de l’Intérieur dans une vidéo diffusée ce 6 novembre sur Twitter. Le professeur en question a également reçu des menaces de mort dans sa boîte aux lettres. Le parquet a ouvert une enquête et un suivi éducatif devrait être mise en place. Les services de la Protection judiciaire de la jeunesse devraient aussi instaurer une “mesure de réparation à finalité pédagogique”. Quoi qu’il en soit, l’arrestation de ces jeunes enfants a provoqué la polémique notamment chez les membres de la communauté turque dont ils sont issus.

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Voir un exemple

Ce 6 novembre, une lycéenne brestoise a aussi été condamnée à de la prison avec sursis après avoir tenu des propos haineux lors de l’hommage à  Samuel Paty. “C’était mérité, il l’avait cherché, j’aurais fait pareil “, aurait ainsi lancé la jeune fille de 18 ans qui se trouve dans une classe de CAP. Exclue pour 19 jours de son établissement, la lycéenne a été condamnée à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour apologie d’acte de terrorisme. Elle devra également suivre un stage de citoyenneté. Le même jour, un professeur a été agressé dans un lycée de Reims par un mineur qui a été placé en garde à vue le lendemain. L’agression a été commise alors que le professeur était seul dans sa classe après un cours, mais il a pu s’échapper et donner l’alerte. L’élève a été exclu de l’établissement dans l’attente d’un conseil de discipline et une cellule psychologique a été mise en place au sein de l’établissement. Enfin, selon le journal l’Alsace, deux collégiens de 12 ans font l’objet d’une enquête pour apologie du terrorisme après avoir laissé entendre que Samuel Paty avait “mérité” d’être décapité pour avoir montré des caricatures de Mahommet.

Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : les dernières infos

  • Les enquêtes pour apologie du terrorisme se multiplient dans les écoles, depuis l’hommage à Samuel Paty organisé le jour de la rentrée des classes ce 2 novembre.
  • Ce 6 novembre, trois nouveaux suspects ont été présentés à la justice dans l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty selon Le Parisien. Il s’agirait de deux hommes âgés de 18 ans et d’une jeune femme de 17 ans, interpellé ce mardi par la DGSI. Soupçonnés d’avoir échangé sur les réseaux sociaux avec le terroriste avant son passage à l’acte, les trois jeunes devraient être mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste.
  • Environ 400 violations de la minute de silence ont été recensées le jour de la rentrée scolaire, précise le ministère de l’Education nationale. 
  • Emmanuel Macron s’est adressé aux élèves. Le jour de la rentrée scolaire, le président à adressé un message aux 12 millions d’élèves qui retournaient en cours. “Je sais votre émotion après les attaques terroristes, dont l’une devant une école contre un enseignant. Aujourd’hui, en classe, vous allez rendre hommage à Samuel Paty. Nous penserons tous à lui, à vous et à vos enseignants. Parlez-en entre vous. Parlez-en avec vos enseignants. Parlez aussi de ce qui vous rassemble”, a déclaré le président, en précisant que “le projet du terrorisme, c’est de fabriquer la haine“.
  • Quels outils pédagogiques en classe ? Le ministère de l’Education nationale met à disposition des enseignants des ressources pédagogiques, mais les caricatures de Mahomet n’en font pas partie. En fonction de l’âge des élèves, les enseignants pourront s’appuyer sur la lettre d’Albert Camus à son instituteur Louis Germain qui avait été lue lors de l’hommage national à Samuel Paty, du poème d’Eluard “Liberté, j’écris ton nom” ou encore des textes d’Aragon, de Tocqueville, de Victor Hugo. Les professeurs pourront également présenter en cours un tableau de Delacroix ainsi qu’un dessin de Plantu. Néanmoins, les professeurs sont libres de les utiliser ou non en classe.
  • Un hommage international à Samuel Paty. Suite à l’assassinat de Samuel Paty, Jean-Michel Blanquer a appelé ses homologues à rendre hommage au professeur assassiné, et de nombreux Etats ont répondu présents comme l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne ou encore la Grèce, qui ont respecté une minute de silence le jour de la rentrée. En Italie, un établissement scolaire portera le nom de Samuel Paty. Au Pays-Bas, les établissements scolaires organiseront une minute de silence ainsi que des débats sur la liberté d’expression.
  • L’enseignement moral et civique sera renforcé dès la rentrée 2021, a précisé Jean-Michel Blanquer au journal Le Parisien ce 31 octobre. “Nous devons renforcer l’enseignement moral et civique, notamment en termes de nombre d’heures de cours. (…)” Le ministre compte également réformer le brevet pour “valoriser l’engagement civique des élèves”. “Par exemple, quand ils s’engageront dans les Cadets de la République avec les policiers ou avec les gendarmes, quand ils participeront au nettoyage d’une forêt ou aideront des personnes âgées, cela comptera”, a-t-il déclaré.
  • Plan Vigipirate en “urgence attentat”. Après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, Gérald Darmanin avait insisté sur le renforcement des mesures de sécurité dans les écoles. Il recommande également une remontée rapide de toute menace dans le cadre scolaire, y compris celles repérées sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, suite à l’attaque terroriste dans la basilique Notre-Dame de Nice ce jeudi 29 octobre, le premier ministre Jean-Castex a décidé de relever le plan Vigipirate au niveau maximal “urgence attentat” dans toute la France.
  • Suite à l’assassinat de Samuel Paty, Jean-Michel Blanquer avait confirmé que “tous les problèmes liés à la laïcité et à la violence” devront désormais être signalés. “Le problème vient aussi parfois des familles. Il faut donc retrouver cette règle d’airain : les parents ne se mêlent pas de pédagogie. Et toute agressivité d’un parent doit être suivie d’une réaction de l’institution”, avait expliqué le ministre de l’Education, qui souhaite “une prise de conscience collective”.
  • “Il ne doit y avoir aucune compromission avec le radicalisme islamiste, que ce soit à l’école ou aux abords de l’école”, a affirmé Jean-Michel Blanquer. “Nous devons très clairement affirmer que le principe de laïcité ne souffre d’aucune compromission ni aucune remise en question, c’est pourquoi nous avons inscrit le respect du professeur par les parents d’élèves dans l’article 1 de cette loi” a déclaré Jean-Michel Blanquer à l’Assemblée nationale ce 20 octobre. “Il n’y aura aucune concession sur les principes de la République, ni aucune concession sur la liberté d’expression”, conclut le ministre de l’Education.
  • Un ouvrage de caricatures en préparation, distribué dans les lycées ? Pour défendre la liberté d’expression en France, et continuer de sensibiliser les élèves, les 13 régions de France ont pris initiative de préparer la publication d’un ouvrage rassemblant les caricatures religieuses et politiques les plus marquantes parues dans les quotidiens de la presse régionale. “Nous allons demander à un collège d’historiens d’y remettre en perspective le droit à la caricature dans l’histoire politique de notre pays” a déclaré son président Renaud Muselier à l’occasion du congrès des Régions de France à St-Ouen ce 19 octobre. Ce nouvel ouvrage devrait être mis à disposition de tous les lycéens et lycéennes de France. “Par ce geste, dans le respect de nos compétences, nous voulons témoigner de nos engagements à défendre les valeurs de la République et le droit fondamental de chacun et chacune de nos concitoyens à vivre en paix et dans la liberté“, a-t-il ajouté.
  • Mieux contrôler les réseaux sociaux. Les publications sur internet, déjà contrôlées par le processus Pharos, une plateforme de signalement pour lutter contre la cybercriminalité, vont être davantage surveillées. Le 20 octobre dernier, ,les patrons de réseaux sociaux ont été convoqués par la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, dans le but de mettre fin aux messages d’incitation à la haine. De manière générale, le chef de l’Etat a souligné que cela viendrait enrichir, avec des “mesures appropriées” le projet de loi contre l’islam radical. 

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