"Hunting Ghislaine" : ce que nous apprend le podcast sur Ghislaine Maxwell

Les six épisodes de ce récit signé John Sweeney, dont le cinquième est sorti le 17 décembre, reviennent sur la mégalomanie du père de Ghislaine Maxwell, arrêtée en juillet et inculpée de trafic de mineures, et sur les liens entre l’héritière et Jeffrey Epstein.

«Il y a quelque chose d’étrange et d’obscur dans cette relation», soulignait récemment John Sweeney. Le journaliste d’investigation n’évoque pas ici les liens entre Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, mais bel et bien ceux de l’héritière et de son père. Dans le premier épisode de son podcast Hunting Ghislaine, sorti le 19 novembre et intitulé Monsters, le reporter revient sur la mégalomanie de Robert Maxwell. Ghislaine, la benjamine de la famille, arrêtée en juillet et inculpée de trafic de mineures, fut jadis l’enfant-chérie de l’ex-propriétaire du Daily Mirror. Le clan vit alors à Headington Hill Hall, une résidence située près d’Oxford, qui compte 51 pièces. L’homme d’affaires, enivré par le pouvoir, y aurait fait ériger une statue à sa propre effigie. Il aurait également eu coutume d’uriner sur les passants depuis son héliport, situé sur le toit de la rédaction. Robert Maxwell sera retrouvé mort en novembre 1991, après avoir basculé de son bateau.

“Elle a trouvé un second monstre”

Certains présument que le père de Ghislaine Maxwell a été assassiné par le Mossad, car il en savait trop sur les activités de l’agence de renseignements. «Je n’y crois pas, confie John Sweeney dans les colonnes du Guardian. Il leur a été d’une grande aide grâce à ses liens avec Ceausescu (l’ancien président de la Roumanie, NDLR) et avec d’autres dictateurs. Le tuer aurait été difficile, coûteux et peu pertinent.» Le journaliste d’investigation se montre en revanche persuadé que le décès de l’homme d’affaires a poussé Ghislaine Maxwell entre les bras de Jeffrey Epstein. «Ma théorie, c’est qu’elle a trouvé un second monstre, riche, puissant, intelligent et véreux, qui aimait avoir de l’emprise sur les gens, comme son père, a-t-il expliqué au site Crime + Investigation. Mais il était pire que Robert Maxwell. Le problème, c’est qu’elle a été, d’une certaine façon, influencée par son père, et qu’elle a été incapable de reconnaître qui était vraiment Jeffrey Epstein.»

Carnet noir et disparition

Le second épisode du podcast, «Pimp» (traduisez, «Proxénète»), se penche sur les preuves attestant de la complicité entre Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, décédé le 10 août 2019 dans sa cellule de prison et accusé d’agressions sexuelles sur mineures. «Elle réfute quatre chefs d’accusation selon lesquels elle lui a fourni des esclaves sexuelles mineures», affirme John Sweeney dans les colonnes de Crime + Investigation.

Dans le troisième épisode, le journaliste évoque le carnet noir du milliardaire, dans lequel étaient consignés les noms de ses contacts, notamment de présumés amis de Ghislaine Maxwell, qu’elle aurait mis en relation avec des jeunes filles mineures. L’épisode suivant décrit le supposé écran de fumée mis en place autour des activités de l’héritière, et entretenu par un réseau riche et puissant, qui se composerait notamment de Donald Trump, Bill Clinton et du prince Andrew. L’avant-dernier épisode est, enfin, consacré à la disparition de Ghislaine Maxwell, à l’aune de l’arrestation de Jeffrey Epstein en 2019. L’héritière fugitive a ensuite été retrouvée dans le New Hampshire et interpellée début juillet dernier.

En vidéo, “Jeffrey Epstein : Pouvoir, argent et perversion”, la bande-annonce

“Le pouvoir et l’argent aveuglent la justice”

John Sweeney revient par ailleurs sur l’accord présumé entre l’ancien ministre du travail Alex Acosta et Jeffrey Epstein, qui aurait permis au milliardaire d’obtenir une peine de prison allégée dans le cadre d’une affaire de prostitution de mineure, en 2008. Le ministère de la Justice américain a depuis établi que cet accord n’était pas légalement répréhensible. John Sweeney, dont le podcast a été suivi par 6 millions d’auditeurs, ne mâche pas ses mots sur la question. «Le pouvoir et l’argent peuvent aider à aveugler la justice partout dans le monde, a-t-il déclaré. Mais en Amérique, c’est devenu la norme.»

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