INTERVIEW. Nathalie Cerda (Les Invisibles sur France 2) : "Jouer un personnage sans filtre, c’est jouissif"

Au casting de la série Les Invisibles ce mercredi 15 septembre sur France 2, Nathalie Cerda se confie à Télé Star sur ce nouveau projet policier.

Télé Star : La série suit "les Invisibles", une brigade cherchant à redonner une identité à des corps anonymes. Quel aspect du scénario vous a-t-il donné envie de vous lancer dans l’aventure ?

Nathalie Cerda : Déjà, ce sont les personnages. Je pense qu’une bonne histoire, c’est d’abord des bons personnages. Quand les personnages sont bien construits, ce qu’ils ont à raconter est souvent intéressant. Dans la vie, ces quatre personnages ne se seraient jamais rencontrés. Ils sont tellement différents. Le fait de les voir travailler ensemble en étant si différents, ça m’a plu. Dans la vie, je ne sais pas qui pourrait être ami avec Marie-Jo. Elle est tellement désagréable, revêche, toujours en train de râler… Je trouvais ça marrant.

Et au-delà de ça, les intrigues sont bien construites. J’ai trouvé ça intéressant, différent. Ceux qu’on appelle les anonymes, ils ont une vie. Ils ont forcément eu une vie. Ils ont eu des parents, aimants ou pas, des parcours, bancals ou pas, des amitiés, des choses qu’ils aimaient dans la vie, peut-être un bon vin… Il y a des vies, derrière ça. C’est comme quand on regarde des personnes très âgées. On les voit vieux, et on ne réalise pas qu’ils ont eu une vie, des fiancés, des amoureuses. C’est ça que je trouve très bien dans cette série.

Vous évoquez les différences entre les personnages. Qu’est-ce qui vous plaît chez chacun d’eux ?

Ce qui est formidable chez Darius, c’est cet espèce de mystère qu’il trimbale. Guillaume lui a donné un côté perdu, mais il est extrêmement bienveillant envers les gens, avec un humour assez corrosif, et c’est ce qui me plaît chez lui. Ben a une sorte de dualité. S’il n’avait pas été flic, il aurait été voyou. On ne sait pas trop pourquoi il a choisi la police et en même temps, il est fait pour ça. Et enfin, j’aime le rapport conflictuel que Marie-Jo a avec Duchesse, qui vient d’arriver à la brigade. Elle est d’une grande intelligence, mais se montre un peu maladroite sur le terrain. Elle est très légaliste, elle ne supporte pas que l’on dépasse les bornes, et eux le font souvent. Ils contournent un peu les règles pour arriver à leur but.

Que pouvez-vous nous dire sur Marie-Jo ?

Le fait de jouer un personnage sans filtre, c’est extrêmement jouissif. C’est un personnage qui peut tout dire, qui peut dire toutes les vérités sans être troublé par la réaction de l’autre. Et parfois, ça fait du bien. C’est un personnage qui ne sait pas mentir, qui ne ment pas ou très mal, donc ça se voit. Elle dit tout ce qu’elle pense. Elle a été confrontée à un drame terrible qu’elle porte sur elle, donc elle fonce dans le tas. Et en même temps, elle est assez fine sur ses analyses. C’est un personnage instinctif. Elle ressemble à Ben, avec les années et l’expérience en plus.

Comment avez-vous abordé ce rôle ?

Le personnage n’était pas du tout comme ça, sur le papier. On l’a beaucoup travaillé avec le réalisateur. J’ai aussi travaillé avec les costumiers, parce que je voulais qu’elle ait des vêtements lourds sur elle parce qu’elle porte quelque chose de lourd. Je voulais qu’elle ne soit pas coquette, qu’elle se coiffe avec un crayon… Elle râle tout le temps parce que ça lui permet d’être en vie. Et pour l’interpréter, je me suis dit que j’allais tout faire au premier degré. Dans la vie, on met souvent des politesses. Quand on nous demande comment ça va, on répond "Ça va très bien". Marie-Jo, elle, répond "Ça ne va pas du tout". Elle s’en fout. C’était intéressant de jouer un personnage comme ça. J’aime beaucoup les personnages de composition.

Une affaire vous a-t-elle marqué plus que les autres ?

Je pense que c’est l’affaire de Milan, cet homme qui se fait tabasser, qui est en fait quelqu’un qui essaye de s’en sortir, de faire des études tout en habitant dans un tout petit local… Cette histoire m’a touchée dans l’injustice qu’elle dégage. Il y a des gens qui essayent de s’en sortir et puis leur destin les rattrape.

Comment la dynamique entre vous quatre s’est-elle construite ?

L’osmose s’est faite tout de suite. On avait chacun bien travaillé sur nos personnages. On s’est surnommé entre nous ‘les indivisibles’. On s’aime beaucoup, tous les quatre. Ça n’aurait pas pu mieux se passer. On s’amuse beaucoup, on travaille beaucoup, on est très avides de perfection, ça fonctionnait bien.

En quoi Les Invisibles est-t-elle différente des autres séries policières ?

Dans Les Invisibles, on est dans le vrai. Ce sont des personnages que l’on voit dans le monde réel. Souvent, dans les séries, les flics sont grands, beaux et forts. Nous, on n’a pas de héros. C’est une sorte d’association de malfaiteurs, des gens un peu tordus, mais qui font du super boulot.

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