Jameela Jamil, super-vilaine dans « She-Hulk », superhéroïne à la ville

  • Jameela Jamil incarne Titania dans la série « She-Hulk » qui s’est achevée ce jeudi sur Disney+.
  • L’actrice britannique féministe y joue une supervilaine, influenceuse obsédée par son apparence et sa notoriété.
  • Alors que dans la vraie vie, Jameela Jamil met sa notoriété au service des causes qu’elle défend. L’actrice s’explique.

Elle est à l’opposé de la super-vilaine qu’elle incarne ! Dans la minisérie She-Hulk dont le dernier épisode a été dévoilé ce jeudi sur Disney+, Jameela Jamil campe Titania, une supervilaine, influenceuse obsédée par son apparence et sa notoriété. Dans la vraie vie, Jameela Jamil met sa notoriété au service des causes qu’elle défend. Focus sur cette actrice Britannique féministe, qui bouscule Hollywood.

Après des études à Oxford, elle travaille dans le milieu de la mode et devient une sorte de it-girl. Depuis 2009, au Royaume-Uni, elle présente diverses émissions à la télévision et à la radio. Elle devient notamment la première femme à présenter seule The Official Chart à l’antenne de BBC1, un programme culte outre-Manche où est révélé le classement hebdomadaire des meilleures ventes de musique en Grande-Bretagne. Elle anime son dernier hit-parade le 18 janvier 2015, et s’envole pour Los Angeles, dans le but de devenir scénariste.

« Je suis toujours ravie de jouer les méchantes »

C’est cependant devant la caméra qu’elle se fait connaître dans le monde entier avec le rôle de la narcissique Tahani Al Jamil aux côtés de Kristen Bell dans The Good Place. « Je suis toujours ravie de jouer les méchantes. Je joue presque toujours les méchantes parce que ce sont mes histoires préférées », confie-t-elle à 20 Minutes lors d’une table ronde virtuelle organisée par Disney+.

Et de raconter toute l’empathie qu’elle a pour la super-vilaine Titania. « On n’a pas eu l’occasion de raconter le passé de Titania, mais j’espère que mon interprétation montrera à quel point elle est incroyablement peu sûre d’elle. C’est ce que je tente de faire passer, parce que dans l’histoire originale de Mary, le vrai nom de Titania, on découvre quelqu’un qui a été tyrannisé toute sa vie puisqu’elle était petite et chétive. Elle cherche désespérément à être remarquée et à être perçue comme puissante. »

L’actrice estime que cela montre comment « les dommages de l’enfance peuvent se répercuter différemment d’une personne à l’autre à l’âge adulte, surtout lorsqu’on évolue dans un secteur où les gens cherchent désespérément à attirer l’attention. C’est ce qui rend ce rôle d’influenceuse vaniteuse si intéressant et truculent à jouer. »

« Je suis assez timide, mais pas sur Twitter »

A l’instar de toute femme exposée sur le devant de la scène, le physique de Jameela Jamil, 36 ans, fait l’objet de commentaires réguliers. Les tabloïds britanniques l’ont violemment critiquée après une prise de poids liée au traitement à base de stéroïdes qu’elle doit prendre afin de soigner son asthme. L’actrice qui a souffert d’anorexie adolescente est devenue l’une des voix fortes du féminisme body-positive.

En mars 2018, elle lance le mouvement I Weigh pour lutter contre l’obsession de la société du poids et de l’apparence, en particulier des femmes. En 2019, elle est à l’origine de la pétition Stop celebrities promoting toxing diet products on social media, demandant aux célébrités d’arrêter la promotion de produits diététiques toxiques sur les réseaux sociaux. La Britannique, qui se définit comme bisexuelle, est également une fervente activiste de la communauté queer qui n’hésite pas à prendre la parole et se bat pour plus de représentation. « Dans ma vie courante, je suis une personne assez timide, mais pas sur Twitter », souligne-t-elle.

« J’en ai assez de voir des femmes se battre en talons »

Si ses prises de position sont à mille lieues de celles de son personnage Titania, l’actrice utilise son rôle pour faire passer des messages. Évoquant le costume de la superhéroïne, elle explique ainsi : « Je voulais qu’elle ait l’air fabuleuse pendant qu’elle se battait, mais d’un point de vue pratique, il était par ailleurs important pour moi qu’elle ne porte pas de talons et de minijupe pour se battre correctement. Je voulais qu’elle porte des chaussures plates et des vêtements confortables et sensationnels, car j’en ai assez de voir des femmes se battre en robe de soirée et en talons aiguilles. »

Dans She-Hulk, Titania, symbole de la célébrité maléfique, se bat – au sens littéral et au tribunal – contre la superhéroïne Miss Hulk. « Titania représente cette triste erreur que beaucoup de femmes font, celle de croire le patriarcat quand il dit qu’il ne peut n’y en avoir qu’une. Nous voyons cela se produire dans notre société tout le temps. Quand une nouvelle actrice sexy apparaît, nous disons : “passons à autre chose”. C’est comme pour les rappeuses, il ne peut y en avoir qu’une. Nous pouvons avoir 100 rappeurs tous assez semblables, mais pas plus qu’une Queen B à la fois ! C’est pareil avec les joueuses de tennis, dans tous les domaines », analyse Jameela Jamil.

« Titania est un agent double, au service du patriarcat »

Et de poursuivre : « Titania est un agent double, au service du patriarcat. Elle est misogyne et adhère à l’idée qu’il ne peut y en avoir qu’une. Je ne le crois absolument pas à titre personnel. C’est important de montrer des gens comme cela à l’écran, afin que peut-être quelqu’un puisse le reconnaître en elle et voir à quel point c’est laid. »

L’actrice a tenu à faire toutes ses cascades elle-même. Un pari extrêmement périlleux vu ses problèmes de santé. « J’ai une maladie appelée syndrome d’Ehlers-Danlos, je suis hypermobile et mon corps fonctionne d’une manière étrange », explique Jameela Jamil, faisant montre de son hyperlaxité articulaire.

« Mon corps m’a fait mal pendant six mois d’affilée »

Heurtée par un véhicule à l’âge de 17 ans, Jameela Jamil, touchée à la colonne vertébrale, a passé deux années à se rétablir. « Pendant mon enfance, j’ai souvent utilisé des béquilles, parfois même un fauteuil roulant, et j’ai grandi en pensant que je pourrais faire quelque chose comme ça. Pendant des années, j’ai eu trop peur de le faire », confie-t-elle.

La pandémie l’a motivée pour « vivre [s]es rêves les plus fous ». Et de raconter : « Mon corps m’a fait mal pendant six mois d’affilée, mais je ne me suis jamais autant amusée qu’avec l’équipe de cascadeurs de Marvel. Les cascadeurs sont loin d’avoir la reconnaissance qu’ils méritent, car ce ne sont pas seulement des athlètes qualifiés mais ce sont aussi de grands acteurs. Ils m’ont soutenu comme personne, ils sont devenus ma famille, ils étaient à la maison le week-end pour manger avec moi. J’étais avec eux dès le matin, avant chaque prise. Ils méritent de gagner des Oscars. On les laisse trop de côté, compte tenu de l’importance de l’action. Les films d’action, c’est ce qui maintient le cinéma en vie, leur importance est vitale. »

« Je donnerais cinq de mes orteils pour continuer »

L’actrice britannique reste discrète sur son avenir dans le MCU. « Je ne sais rien, mais j’aimerais raconter l’histoire de Titania et la façon dont elle s’intègre aux autres membres du MCU », lance-t-elle. « Je donnerais au moins cinq de mes orteils pour continuer. J’adore le MCU, je me renseigne sur les prochaines phases de Kevin, et d’après les comics, il y a des voies que Titania pourrait emprunter… Mais je n’en ai aucune idée, et je n’ai aucun pouvoir. Mais je suis prête à le faire. Je suis même prête à m’entraîner à nouveau pour les cascades, même si je déteste faire les squats », rit-elle encore. Douée du sens de l’humour et d’une bonne dose autodérision, bienveillante et altruiste, dotée d’une incroyable capacité à se surpasser, celle qui joue la super-vilaine dans She-Hulk a décidément tout d’une super-héroïne !

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