JoeyStarr dirige Clarisse Fontaine dans un seul-en-scène féministe

JoeyStarr metteur en scène d’un seul-en-scène féministe, on ne s’y s’attendait pas… et lui non plus d’ailleurs. Et pourtant, sa rencontre avec Clarisse Fontaine a été comme une évidence. Tout comme la découverte de sa pièce, Cette petite musique que personne n’entend, que la jeune femme a écrite et qu’elle interprète aujourd’hui sous la houlette de l’acteur devenu metteur en scène pour l’occasion « Quelqu’un m’a présenté Clarisse. Elle m’a demandé de lire son spectacle. Je lui ai dit « Mais je ne suis pas metteur en scène » et à la lecture, j’ai retrouvé des choses qui font un peu partie de mon histoire aussi », explique JoeyStarr à Cover Media.

Cette petite musique que personne n’entend, dont la bande originale a été confiée à Cut Killer, interroge la misogynie, la place des femmes dans la société et les violences auxquelles elles sont confrontées, qu’elles soient psychologiques ou physiques. JoeyStarr a été condamné pour violences sur une ex-compagne en 2009 et, selon lui, travailler sur ce sujet n’est pas « une provocation ». « Dans mon ADN, ce qui m’intéresse, c’est le legs. Donc je suis allé au-delà de ça et ouais, j’en ai parlé à Clarisse. Je lui ai dit « Tu sais qu’on va se faire démonter ? », avance l’acteur avant de poursuivre : Je lui ai dit : « ce qui m’intéresse, c’est montrer que nous ne sommes pas que ce pour quoi on nous a toujours pris, c’est-à-dire d’être dans la provocation ». Ici sommes vraiment dans l’humain. Et, j’y trouve forcément ma place. »

Un « imbécile bien entouré »

Clarisse Fontaine estime, elle, qu’avoir le chanteur de NTM comme metteur en scène « vient renforcer le propos » de sa pièce. « On pourrait dire que c’est peut-être ce qui rend notre projet progressiste quelque part, cette association de nous deux », ajoute celui qui cartonne dans la série Le Remplaçant.

La pièce a été jouée au théâtre de Saint-Malo, dirigé par Laurent Ziveri, également coach de Clarisse Fontaine, fin septembre devant un public très éclectique, composé notamment de jeunes condamnés pour « violences sur conjoint ». « S’ils n’étaient pas complètement ouverts, ils comprenaient tout à fait le propos. On leur a montré les choses de visu et ça leur est devenu plus perceptible. C’était aussi pour eux le début d’un autre travail avec des thérapeutes », explique la créatrice de ce seul-en-scène. Si les réactions ont été « extrêmement positives » dans l’ensemble, « certains spectateurs ont plus ou moins bien réagi », précise toutefois la comédienne : « Il faut s’y attendre et en même temps on sait pourquoi on le fait. On vient aussi pour perturber. Il ne s’agit que de quelques hommes, ce n’est pas grand-chose, mais ils existent aussi. »

S’il se « demande encore comment on devient metteur en scène », JoeyStarr préfère se considérer comme « un imbécile bien entouré ». « Par le directeur de Saint-Malo, notamment, abonde l’acteur. Puis, je sors, je vais voir. Et je me rends compte de mes lacunes surtout. Juste avant d’aller à Saint-Malo pour la première, j’étais à l’Opéra Garnier et j’ai pris une claque dans la gueule. Je suis comme un enfant. »

Verdict le 5 décembre

« J’ai vraiment découvert le théâtre il y a quatre-cinq ans. Je n’ai jamais pris de cours d’acting ou quoi que ce soit, donc quand je suis là à diriger Clarisse, j’ai juste ce petit moment où je me dis « wow ». J’apprends dans tous les sens… la scénographie, tout », poursuit celui qui confie ne pas savoir s’il va « réitérer l’exercice » mais avoir « adoré faire celui-ci ».

Et concernant la réaction de son entourage sur son implication dans un spectacle traitant de la violence faite aux femmes ? « Pour l’instant, ils se font un avis d’après ce que nous, on leur vend. Après, moi, on m’a toujours pris pour un doux dingue, même quand je vais dans le mur, donc voilà », répond JoeyStarr.

Pour donner vie à Cette petite musique que personne n’entend, qui sera également jouée au Théâtre du balcon en mars puis pendant le festival d’Avignon en juillet, il aura fallu plus de deux ans, pandémie de Covid-19 oblige. Et le verdict ne devrait pas tarder à tomber pour le… « repenti » : la pièce sera jouée ce 5 décembre au Palais des Glaces, à Paris.

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