Kendji Girac : "Il faut du courage pour savoir gérer ses failles et les expliquer"

Kendji Girac est chanteur et guitariste. Les Français l’ont découvert lors de sa participation à la troisième saison de l’émission The Voice sur TF1 en 2014, et lui ont offert la victoire. Depuis, ses chansons, ses concerts sont plébiscités par le public et il n’a jamais cessé d’occuper les premières places des classements Color Gitano, Les yeux de la mama, Andalouse, Bella, Elle m’a aimé en 2014, ou encore Dernier métro avec Gims en 2020. Son cinquième album, L’école de la vie, est sorti en novembre 2022 et Kendji Girac prépare une tournée.

franceinfo : Un album et une tournée pour raconter où vous en êtes. Premier changement évoqué dans le titre Eva, vous êtes devenu papa. C’est une déclaration d’amour que vous souhaitiez lui faire. C’est une sorte d’héritage que vous souhaitez lui transmettre ?

Kendji Girac : Exactement. Je voulais lui laisser ce petit passage de ma vie, et surtout lui faire voir plus tard que j’étais amoureux d’elle et que je le serai toujours bien sûr.

Le texte est signé Juliette Armanet. Elle a su saisir vos émotions, votre regard, ce que vous souhaitiez exprimer.

Ce texte est vraiment bien pensé et travaillé, c’est pour ça d’ailleurs que je lui avais demandé de travailler une chanson pour ma fille. Elle m’a totalement cerné.

« En écrivant la chanson ‘Eva’, Juliette Armanet a su choisir les mots que je pouvais chanter facilement et surtout sincèrement. »

à franceinfo

Je voudrais qu’on parle du titre : L’école de la vie. Vous avez arrêté l’école très tôt parce que vous êtes allé aider votre père. La musique, c’était un rêve pour vous d’en vivre ? Aujourd’hui, vous avez vendu cinq millions d’albums.

Oui, ce n’est pas rien, c’est incroyable ! Mais avant, je n’y pensais pas parce que j’ai fait la vidéo juste pour faire plaisir aux gens sur internet.

On parle de la reprise Bella de Gims !

Exactement, je ne voulais pas me faire connaître. C’est arrivé tout seul et lorsqu’on m’a invité à The Voice, j’ai dit oui. Cette histoire est incroyable.

Dans le titre J’ai tendance, que vous interprétez avec Soprano, vous parlez de pudeur. Vous dites : « Je ne sais faire que chanter« . C’est difficile d’apprendre à exprimer ses émotions ?

Quand on est un peu plus jeune, c’est vrai qu’on a du mal à les exprimer, donc il faut un peu plus de maturité.

« Je commence de plus en plus à découvrir l’homme que je suis devenu. Un peu plus mature. C’est sûr que je sais mieux expliquer les choses qu’auparavant. »

à franceinfo

Il y a un côté très ‘testostéroné’. On a l’impression que de livrer ses sentiments, c’est un peu montrer ses failles. C’est difficile, ça ?

C’est difficile. Mais je pense que c’est bien aussi de les montrer. Bon, il faut pas trop en faire non plus parce qu’après, il ne faut pas aller jusqu’à se plaindre. Pour savoir gérer ses failles et les expliquer, je trouve quand même qu’il faut du courage.

Dans cet album, vous lâchez prise.

De plus en plus. Mais je crois que c’est à chaque album. Je vais commencer à chanter des textes avec un peu plus de maturité, des textes qui ont peu plus de poids. C’est vrai que j’aime bien cette chanson avec Soprano, parce qu’on avait fait deux chansons, une qui est un peu plus festive, qui n’est pas d’un album, qui était très belle aussi et j’ai dit à Soprano : pour la deuxième fois qu’on chante ensemble, je veux quelque chose qui nous ressemble un peu plus avec nos âges, un texte d’hommes, quoi !


Vous étiez un énorme bosseur avant même de rentrer dans la musique. Est-ce que c’est votre père qui vous l’a appris ? Est-ce que c’est aussi une façon de lui rendre hommage ?

Bien sûr. C’est pour une bonne partie grâce à mon père. Quand j’allais travailler avec lui, il fallait que je travaille bien. Si je travaillais mal, ce n’était pas bon ! Mon père a toujours été carré avec le travail, donc je pense que c’est grâce à lui cette envie de travailler, d’être vaillant. Pour mon père, si tu n’es pas un vaillant, c’est compliqué, tu ne vaux rien.

Quel regard ont vos parents sur ce parcours ?

Ils sont très fiers. Ils savent très bien que ce sont eux qui m’ont appris toutes ces valeurs et cette envie de travailler, ils en sont fiers. On a de bons parents. J’ai un grand frère et trois grandes sœurs, on est une famille où tout le monde est fier l’un de l’autre. On le ressent quand on se regarde, quand on se parle et mon père, on lui pose parfois cette question et il nous le dit droit dans les yeux, donc ça fait plaisir. D’être élevé comme ça, franchement, il n’y a rien à regretter, c’est juste magnifique quand j’y repense.

Cet album est un beau prétexte pour monter sur scène. Vous préparez une tournée. Que représente la scène pour vous ?

Pour le chanteur, je crois que c’est son moment préféré. Il y a aussi la création de l’album en studio, quand on voit qu’on a fait une belle chanson, on est content. Mais la scène, c’est quelque chose. C’est là où il y a le public. On fait un album entièrement pour aller sur scène, donc c’est mon meilleur moment. Je vais partir sur des festivals cet été.

Pour terminer, que représente cet album ?

L’école de la vie représente la joie, la bonne humeur. Il représente pas mal de positif quand même. C’est ce que je recherche et ce que je veux transmettre. Du coup, cet album représente pas mal de choses qui peuvent faire du bien.

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