Le pianiste américain Leon Fleisher qui ne jouait que d'une main est mort

« La trouvaille pianistique du XXe siècle » disait de lui le chef d’orchestre Pierre Monteux cité par France Musique. Alors au sommet de sa carrière, à 36 ans à peine il perd l’usage de sa main droite suite à une maladie neurologique. Pourtant, jamais il ne renoncera à sa passion première : le
piano. Une force de travail dont il témoignera jusqu’à ses derniers jours, lui qui la semaine dernière donnait encore des masterclasses de direction témoigne son fils. Il est décédé à Baltimore. Il avait 92 ans.

Un génie du piano

Il n’a que 9 ans lorsqu’il part étudier en Europe sous l’aile du célèbre pianiste et pédagogue Arthur Schnabel entre 1938 à 1948. Huit ans plus tard, il signe ses premiers succès au Carnegie Hall de New York où il se produit. Consécration totale à seulement 23 ans, il devient le premier pianiste américain à remporter le concours Reine Elisabeth à Bruxelles et enregistre deux ans plus tard son premier disque chez Columbia Records qu’il dédie à Franz Schubert. Son talent marqua une génération entière.

Des débuts fulgurants freinés par une maladie neurologique

A 36 ans, il est victime d’une maladie neurologique qui le prive de sa main droite et le contraint à annuler nombreux concerts. Il tente alors divers traitements pour retrouver sa motricité, en vain. Après deux années sombres, il décide de se réinventer en investissant d’autres lieux de la musique et devient finalement chef d’orchestre.

Leon Fleisher empruntera le même chemin que d’autres de ses prédécesseurs, Paul Wittgenstein notamment qui avait perdu sa main droite durant la Première Guerre mondiale et dont l’œuvre l’inspirait énormément ; Maurice Ravel aussi pour Le concerto pour la main gauche qui deviendra son œuvre de prédilection.

« Ne jamais s’avouer vaincu »

En 1995 il parvient à retrouver l’usage de sa main droite après plusieurs injections de botox mais ne sera jamais totalement guéri de ces années antérieures dont le titre disque Two Hands témoigne de la difficulté.

Salué par les critiques citées par France Musique, il était un « pianiste complet, dont la technique ne connaît pas la difficulté, à l’intonation ornée et expressive, une maîtrise intellectuelle sûre de la forme musicale et une sensibilité accrue, peu importe ce qu’il jouait ».

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