Le vaccin contre le Covid-19 aurait-il une influence sur les règles ?

Suite à l’apparition de plusieurs cas de troubles menstruels après l’administration des vaccins BioNTech-Pfizer et Moderna, l’Agence du médicament (ANSM) a signalé et placé sous surveillance ces effets secondaires dans son dernier bilan hebdomadaire, publié vendredi 30 juillet.

Flux plus abondants, dérèglement de cycles, saignements entre les règles… En juin dernier, un article du site Numerama rapportait une poignée de témoignages (36 au total) de troubles menstruels après la vaccination contre le Covid-19. Cette enquête faisait suite à la déclaration d’une anthropologue médicale américaine, Dr Kate Clancy, s’étonnant sur Twitter le 24 février d’un cycle menstruel plus abondant depuis l’administration de sa première dose du vaccin Moderna. À l’époque, ladite publication avait a reçu «plus de 900 réponses de femmes» témoignant à leur tour de troubles menstruels, raconte Numerama.

Si ces témoignages n’ont aucune valeur scientifique et qu’aucun lien de causalité n’a, à ce jour, été démontré, les résultats de la dernière enquête de pharmacovigilance de l’Agence du médicament (ANSM) sur les effets secondaires de la vaccination contre le Covid-19 ont poussé l’autorité sanitaire à classer les troubles menstruels chez les femmes comme «signal potentiel» après l’administration du vaccin BioNTech-Pfizer ou Moderna.

Des effets secondaires “non graves mais inattendus”

Au total, l’ANSM a a ainsi recensé 36 cas de troubles menstruels (règles plus abondantes, décalées par rapport au cycle habituels…) sur plus de 6,4 millions d’injections du vaccin Moderna et 229 cas sur plus de 53 millions d’injections du vaccin BioNTech-Pfizer. Ces évènements se sont manifestés dans les 24 à 48 heures pour la moitié, jusqu’à plus de 15 jours après la vaccination, relève l’enquête. Ces effets, «très majoritairement non graves mais inattendus et survenant également chez des femmes ménopausées» ont été signalé au niveau européen, précise l’autorité sanitaire.

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En attendant une étude scientifique comparative plus approfondie, rien ne permet pourtant d’affirmer qu’il existe un lien entre la vaccination et ces effets secondaires. «Ce n’est pas le vaccin directement qui serait la cause d’un trouble menstruel, mais la réaction inflammatoire transitoire qu’il induirait», avance Geoffroy Robin, gynécologue médical au CHRU de Lille et secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), dans les colonnes du Parisien ce dimanche 1er août.

D’autres éléments perturbateurs du cycle menstruel pourraient être aussi pris en compte selon le spécialiste : «un stress extrêmement important», «des dépenses énergétiques modifiées» ou «des cycles de sommeil perturbés».

Pas de risque d’infertilité

Au regard des cas recensés, les spécialistes se veulent rassurants. D’après Olivier Picone, gynécologue-obstétricien à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes et membre du CNGOF, interrogé également par Le Parisien, les troubles menstruels observés restent «transitoires et pas inquiétants». Et pour celles et ceux qui craignent qu’un futur projet de naissance soit affecté par la vaccination, le médecin ajoute qu’«il n’y a pas de risque d’infertilité ou de retentissement sur le long terme».

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