À Londres, une pièce de théâtre revient sur le tournage des "Dents de la mer"

Les trois acteurs principaux du film sont sur le bateau où se déroule toute la dernière partie des Dents de la mer. Et ils patientent. Sur l’océan. Impossible d’aller s’enfermer dans une loge. Les voilà donc dans un huis-clos involontaire. On les voit tour à tour impatients, complices, agacés… On voit notamment la relation tendue entre le vieil acteur Robert Shaw et l’étoile montante Richard Dreyfuss. Le ton monte régulièrement et ils ne sont pas loin d’en venir aux mains, à plusieurs reprises.

Des gens qui se retrouvent dans une promiscuité inattendue et plus longue que prévue, cela rappelle évidemment les confinements de ces derniers mois. La pièce a été écrite il y a trois ans et pourtant, on y voit des moments que l’on a tous connus très récemment. Un imprévu heureux pour la pièce finalement, selon Liam Murray Scott, qui interprète Richard Dreyfuss : « Cela amène une toute nouvelle lecture de la pièce après les deux années que nous venons de passer. Ça la rend encore plus proche des gens. C’était déjà le cas parce qu’on peut se reconnaître dans ces personnages, mais ça nous connecte encore plus. Joliment connectés !« 

Entre jeux de potache, saoûleries et tensions

On navigue avec ces trois comédiens qui ne savent finalement pas trop quoi faire, comment occuper le temps. Et qui divaguent pendant que la star du film, le requin, est réparée tant bien que mal.

Ce qui rend cette pièce encore un peu plus particulière, c’est son co-auteur : Ian Shaw, le fils de Robert Shaw, qui interprète dans le film Quint, le vieux loup de mer qui emmène les deux autres sur son bateau, à la chasse au monstre. Il dit éviter les références à son père, disparu quand il était encore enfant et qu’il a peu connu, depuis qu’il a embrassé la même carrière que lui. Pour Ian Shaw, écrire cette pièce et ce rôle en particulier, c’était évidemment marcher sur un fil. « J’étais toujours très inquiet du ton. Parce qu’il boit, il est irascible, lunatique. Je ne voulais pas être injuste mais je tenais à raconter la vérité. »

Et le véritable héros de cette pièce, celui qui provoque toutes ces situations, on ne le voit jamais. Evidemment, c’est Bruce, le requin cassé.

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