Ma leçon de méditation avec Christophe André

Si méditer fait partie de nos projets, il n’est pas si simple de s’y mettre. Le psychiatre Christophe André, qui pratique et enseigne la méditation, nous guide dans notre première séance.

Les temps changent. Hier ignorée dans nos sociétés hyper actives, c’est justement comme antidote au stress, à la fuite en avant et à la dispersion typiques de notre époque, que la méditation a gagné ses lettres de noblesse en Occident. Pratiquée dans une version laïque adaptée du bouddhisme, la méditation de pleine conscience (mindfulness en anglais) a été développée aux Etats-Unis par le médecin Jon Zabat-Zinn au début des années 80. Appliquée en thérapie cognitive pour réduire le stress et la dépression, ses effets sur le cerveau sont étudiés par les scientifiques qui confirment ses bénéfices sur la santé. Attitude d’attention, de présence et de conscience vigilante, en abaissant le niveau de stress, elle stabilise la tension artérielle, augmente l’immunité, freine l’inflammation cellulaire. En fortifiant notre capacité de concentration, elle ouvrirait aussi la voix de l’intuition et des ressources créatives. Alors, oui, il est temps de s’y mettre… Avec Christophe André, un des spécialistes de la méditation en France.

Pourquoi notre projet de méditer est-il souvent remis à plus tard ?

Christophe André : Parce que le mode de vie contemporain nous pousse en permanence à faire l’inverse de ce que propose la méditation. Tout nous incite, au contraire, à rechercher des actions, des distractions et des solutions à l’extérieur de nous-mêmes : acheter des objets et des services pour être plus heureux, fréquenter assidûment les réseaux sociaux pour ne pas se sentir isolé, par exemple. Ce mode de vie qui nous “externalise“, éradique également tous les temps de calme, de lenteur et de continuité. Lorsque les interruptions, l’agitation et le bruit de fond sont à flot continu, notre cerveau est privé d’un besoin fondamental de concentration et de tranquillité, ce que propose la méditation. Elle connaît une grande mode aujourd’hui, parce que c’est aujourd’hui qu’on en a le plus besoin.

Lorsqu’on débute, quelles conditions sont les plus propices ?

Christophe André : La méditation de pleine conscience vise à “autoproduire” un état d’apaisement. Mais lors de la phase d’apprentissage, on a souvent besoin d’un environnement facilitant. On peut se servir d’un support audio, une méditation guidée, se mettre à l’écart ou méditer à plusieurs. En général, ce qui apaise le plus, c’est de parvenir à fixer notre attention sur quelque chose de calme et régulier, notre respiration, par exemple. Lorsqu’on n’a pas la vue de l’océan ou sur des nuages qui défilent dans le ciel, on va se contenter d’observer les mouvements de notre souffle. Il n’y a pas de but à atteindre, simplement à se poser dans l’instant présent.

Et lorsqu’une pensée surgit et interrompt notre souffle, que faire ?

Christophe André : La méditation muscle notre capacité d’attention, très fragilisée, notamment par les réseaux sociaux. Elle nous apprend à repérer les moments où nous sommes distraits et à revenir à un objet de concentration. Puisqu’elle nous permet d’observer régulièrement dans quel état nous sommes, elle nous apprend également la stabilité émotionnelle. Comme pour l’activité physique ou l’usage d’un instrument de musique, il est nécessaire de la pratiquer régulièrement, d’exercer son esprit à se poser dans l’instant présent.

Mon exercice pratique : 5 minutes de méditation pour lutter contre le stress

Travail, métro, salle d’attente, premier rendez-vous, entretien d’embauche… Les moments que l’on vit en apnée (sans s’en rendre compte) sont de plus en plus fréquents. La solution pour reprendre littéralement son souffle ? Méditer quelques minutes. Mode d’emploi.

  • Je cesse d’être en lutte contre l’environnement ou de chercher à résoudre un problème tout de suite. Je ne cherche pas à faire le vide dans mon esprit. Je me concentre simplement sur ce que je suis en train de ressentir. J’observe ce qui se passe dans mon corps, mes pensées qui circulent, les émotions qu’elles déclenchent.
  • Je n’ai pas d’effort à faire, juste à me rendre présente à ce qui est, en étant attentive à mon souffle : j’observe l’air qui entre à l’inspiration, qui sort à l’expiration. Je déplie mon ventre et je laisse faire, sans chercher à respirer d’une façon particulière.
  • Il est normal, lorsque j’essaie de me concentrer sur ma respiration, que des pensées m’entraînent ailleurs. L’esprit vagabonde par nature. Notre attention explore en permanence tout ce qui passe et réagit avec des émotions ou des tensions, et la respiration se suspend. Lorsque je m’en aperçois, je reviens tranquillement à mon souffle, ma respiration reprend son cours.
  • Centrée sur mon souffle, je ne cherche pas à interrompre le flot de ressentis et de pensées. Je lui permets d’être là, sans jugement. Ce détour par soi-même me permet de mettre à distance, en le regardant passer. Peu à peu, je suis moins captée, captivée, tourmentée par lui. Je suis pleinement présente à ce qui est j’occupe pleinement mon espace. L’agitation intérieure est apaisée.

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