Marketing & Développement : Quelles leçons tirer de la débâcle de Cyberpunk 2077 ?

Cyberpunk 2077 est un véritable cas d’école. Lorsque le développement d’un jeu est miné par un marketing trop ambitieux, des développeurs sous pression et autres problèmes internes.

CD Projekt Red s’est mis une pression immense sur les épaules. Alors même que The Witcher 3, futur succès triomphale, est créé, le studio annonce le développement d’un certain Cyberpunk 2077 (« Cyberpunk » à ce moment). Pendant des années, CD Projekt Red abreuve les joueurs de promesses et autres rares images alléchantes, présentant un RPG en monde ouvert posant les bases d’un nouveau standard. Prévu pour le 19 novembre, le jeu est repoussé une dernière fois pour le 10 décembre 2020. Et si les versions PS5/Xbox Series (rétrocompatibilité) et PC (puissants) tournent bien, c’est le scandale. Cyberpunk 2077 est truffé de bugs et injouable sur PS4 et Xbox One. Viennent alors les polémiques, entre crunch et pression marketing. Un cas d’école et des leçons à tirer de la débâcle.

Un marketing agressif et des employés débordés

CD Projekt Red jouissait autrefois d’une bonne réputation auprès des joueurs. Mais le marketing trop agressif couplé à un crunch pendant le développement ont tiré Cyberpunk 2077 vers le bas. Car pendant une décennie, le marketing du studio est mensonger et ultra agressif, entretenant le mystère. Toutes les images et vidéos présentées étaient parfaitement maîtrisées, même à une poignée de jours de la sortie du jeu. L’expérience est truffée de bugs, prouvant que les développeurs ont bossé sous une énorme pression, devant rattraper les promesses du marketing. Le crunch fait évidemment son retour avec des journées à rallonge et des employés brisés mentalement/physiquement comme le rapportait Polygon.

Mieux vaut un jeu terminé mais retardé qu’un jeu incomplet

Un jeu bourré de bugs à son lancement

On le sait, les studios reposent sur une logique économique, une réalité du marché, des investisseurs impatients, une concurrence de plus en plus rude, etc. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’imaginer que les joueurs comprendraient si un jeu devait être retardé pour sortir terminé. Mais les studios préfèrent se reposer sur les patchs, l’assurance de corriger les problèmes sur la durée et contenter la communauté. Cyberpunk 2077 n’y échappe pas mais a perdu des plumes avec sa première version incomplète. Désormais, CD Projekt Red retape son RPG pour le rendre optimal. Le studio annonçait récemment que ce dernier a atteint une qualité satisfaisante. Oui, Cyberpunk 2077 est un bon jeu. Un jeu immersif, bien écrit, généreux, mais ayant fait le choix d’une sortie ratée, perdant une bonne partie du public. Ne vaut-il pas mieux prendre son temps et rendre une copie propre ?

Le marketing est utile mais ne doit pas diriger un développement

Alors oui, le marketing reste une étape importante de la popularité d’un jeu. De nombreux joueurs ont découvert des titres grâce à une publicité bien placée, un travail sur la présentation. Mais si la promotion reste utile, elle ne doit pas diriger un développement. Et c’est exactement ce que prouve Cyberpunk 2077. Alors que les promesses se multipliaient, la réalité en coulisse était bien différente. Pourtant, personne n’a jamais stoppé cette machine infernale. Les joueurs s’attendaient à monts et merveilles… pour être finalement déçus. Une frustration ayant entraîné les critiques assassines au lancement. Pourtant, Cyberpunk 2077 n’était pas mauvais. Même plutôt bon sur énormément de points. Mais pas à la hauteur des promesses d’un service marketing avec les yeux plus gros que le ventre.

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