Monodiète : tout ce qu’il faut savoir sur cette cure détox avant de se lancer

Manger un seul type d’aliment durant une période prédéfinie, tel est le principe de la monodiète. Cette diète ne s’apparente pas à un régime destiné à la perte de poids. Il s’agit d’une cure qui permet de nettoyer son organisme. Mais qui peut l’adopter ? Quels sont ses effets secondaires ? Comment s’y prendre ? Quels sont les aliments conseillés ? On fait le point avec la naturopathe Émilie Kapps.

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Plusieurs astuces permettent de détoxifier l’organisme. Certains boivent plus d’eau que d’habitude ou arrêtent de consommer des excitants, tels que de l’alcool, des sodas ou du café, pour évacuer les toxines. D’autres préfèrent exclure le gluten et les produits laitiers de leur alimentation pour nettoyer leur corps. On peut également se tourner vers la sève de bouleau ou miser sur le jeûne hildegardien. Autre méthode pour éliminer les déchets emmagasinés : la monodiète. Mais de quoi s’agit-il ?

Qu’est-ce que la monodiète ?

La monodiète est une démarche qui consiste à manger un seul aliment, de préférence biologique, toute la journée durant un temps donné. Cet aliment hypocalorique peut être consommé à volonté afin de ne pas avoir faim. Selon la naturopathe Émilie Kapps, cette diète mono-aliment doit être réalisée pendant deux à trois jours consécutifs. Mais il est aussi possible de l’effectuer une journée par semaine durant un mois. Lorsque l’on ne la pratique pas, on retrouve une alimentation équilibrée et variée.

Pendant la période de monodiète, il est primordial de s’hydrater régulièrement. Cela permet de compenser ce changement d’apport en nourriture, de réduire la sensation de faim et d’aider naturellement le corps à drainer les déchets. “Les boissons autorisées sont l’eau, le thé et les infusions car contrairement au café, par exemple, ils ne sont pas considérés comme des aliments. Ils sont à consommer à volonté”, précise la naturopathe.

Monodiète : quels aliments peut-on consommer ?

Émilie Kapps conseille d’opter pour des végétaux. Côté fruit, elle recommande de choisir des aliments biologiques, de saison et bien mûrs afin qu’ils soient moins acides. “Dans le cadre de la monodiète, deux fruits sont pertinents : le raisin, en automne, et la pomme, durant toute l’année”, spécifie-t-elle. On privilégie le raisin car son goût est sucré. En outre, il s’agit d’un puissant diurétique. Quant à la pomme, on la favorise car elle provoque la sensation de satiété et, à la différence, de certains fruits, comme la banane, elle est moins sucrée et lourde à digérer.

Selon la naturopathe, on peut aussi miser sur des légumes, tels que le céleri, le chou-fleur et le brocoli. Petit bémol : ils ne sont pas aussi pratiques à emporter que les fruits. Il est aussi possible de manger du riz complet bio. Mais attention, ce dernier doit être ingéré sans huile et sans sauce.

“Ces fruits et légumes sont ceux qui sont recommandés mais on peut en choisir d’autres. En revanche, il faut éviter d’autres types d’aliments, comme les protéines animales, qui vont sur-solliciter le système digestif”, indique la naturopathe.

Qui peut pratiquer la monodiète ?

Seules les personnes en forme et en pleine possession de leurs moyens peuvent réaliser la monodiète. Cette diète est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes. Elle est aussi déconseillée aux individus malades, à savoir ceux atteints d’une maladie chronique mais aussi ceux souffrant de pathologies hivernales, telles que le rhume, la bronchite ou la gastro-entérite.

Émilie Kapps recommande de ne pas se lancer dans cette diète si l’on est fatigué car durant sa réalisation, le corps n’a aucun apport en lipides et en protéines. Cela peut épuiser la personne qui est déjà en état de fatigue. Les individus souffrant de carences ne peuvent pas non plus pratiquer la monodiète car elle peut les accentuer. Cette diète n’est pas compatible avec le sport car, durant sa pratique, on est en déficit calorique. En clair, il vaut mieux ne pas prévoir de faire un effort physique intense quand on l’effectue.

Monodiète : quels sont ses bienfaits ?

“La digestion est un processus qui consomme énormément d’énergie”, signale la naturopathe. L’idée de la monodiète est donc de mettre le système digestif au repos, en consommant uniquement un type d’aliments durant toute une journée, pour favoriser le drainage et l’élimination des déchets.

“Une fois que la monodiète est terminée, on va de nouveau se nourrir normalement et donc apporter d’autres types d’aliments à notre organisme. Cela va améliorer le transit intestinal et favoriser l’absorption et l’assimilation des nutriments”, développe-t-elle.

Cette diète permet également à la flore et à la muqueuse intestinale de se réparer. Résultat : le système immunitaire est renforcé. La monodiète permet aussi de retrouver du tonus et de l’énergie. “Lorsque l’on ingère un seul type d’aliment, on digère plus facilement, ce qui veut dire que l’on consomme moins d’énergie. Cette énergie, qui est habituellement concentrée sur la digestion, est disponible pour autre chose. En clair, elle va aider le corps autrement”, explique Émilie Kapps.

Bien que ce ne soit pas son objectif principal, la monodiète est aussi une excellente manière de commencer un processus d’amaigrissement. Selon la naturopathe, cette diète peut aider la personne qui la pratique à perdre du poids mais uniquement si elle chasse ses mauvaises habitudes alimentaires. Après avoir réalisé la monodiète, elle doit prendre un nouveau départ et opérer un rééquilibrage alimentaire.

Quels sont les effets secondaires de la monodiète ?

Bien que la monodiète possède plusieurs vertus, il faut également rappeler qu’elle a aussi des effets indésirables. Parmi eux, on retrouve la sensation de faim. Cette diète est également incompatible avec une vie sociale, à savoir des sorties au restaurant par exemple. Elle affaiblit aussi l’organisme des personnes qui manquent déjà de force.

Jeûne ou monodiète : quelles différences ?

Contrairement au jeûne, qui permet aussi de détoxifier le corps, la monodiète est “moins violente pour l’organisme”, d’après la naturopathe. “Il ne faut pas se préparer avant d’entamer cette diète. À l’inverse, le jeûne hydrique nécessite une préparation. Avant de le pratiquer, il convient de diminuer au fur et à mesure la quantité d’alimentation et de faire une cure intestinale. À la fin du jeûne, il faut aussi reprendre une alimentation équilibrée progressivement”, détaille-t-elle.

Émilie Kapps considère que la monodiète est une bonne alternative pour les personnes qui ne sentent pas capables ou qui n’ont tout simplement pas envie de faire un jeûne intermittent ou hydrique. “Dans le cadre de cette diète, on ne se prive pas. Elle paraît donc moins agressive et plus rassurante que le jeûne”, conclut-elle.

Merci à Émilie Kapps, naturopathe

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