Mummy blues : comment faire face au blues de la grossesse ?

La grossesse est généralement un moment de joie, mais elle peut aussi conduire au mummy blues, un moment de passage à vide. Explications et conseils avec Nathalie Lancelin-Huin, psychologue spécialisée en périnatalité.

  • Mummy blues définition
  • Comment expliquer le mummy blues ?
  • Que faire ?
  • Mummy blues et baby blues

[Mise à jour du 2 octobre à 11h47]. “Est-ce que tout va bien se passer ? Vais-je aimer mon enfant ?“… Avoir un coup de blues à 7 mois de grossesse, une baisse de moral ou une fin de grossesse difficile moralement… Cela arrive à de nombreuses femmes enceintes. Parce que devenir maman n’est pas toujours aussi simple que l’on peut se l’imaginer, et cela ne se fait pas en claquant des doigts. Car si la grossesse est généralement un grand moment de joie, elle est aussi source de doutes et d’angoisses. La femme enceinte peut alors ressentir un mal-être plus ou moins profond et durable. Et pour cause, l’arrivée d’un bébé nécessite quelques ajustements. Avec Nathalie Lancelin-Huin, psychologue experte en périnatalité, on vous explique ce qu’il faut savoir sur le mummy blues et comment s’en sortir.

Qu’est-ce que le mummy blues ?

Le terme de mummy blues est arrivé après celui de baby blues, pourtant le phénomène n’est pas nouveau. “C’est une réalité qui existe depuis toujours, mais on a eu besoin de poser un nom dessus pour pouvoir en parler”, explique Nathalie Lancelin-Huin. Concrètement, il décrit un moment de passage à vide plus ou moins long chez la femme enceinte. “Ce phénomène fait que des femmes sont en difficulté psychologique pendant leur grossesse”, nous indique la psychologue. Concrètement, ce n’est pas exactement une dépression, mais plutôt du vague à l’âme passager.

Comment expliquer le mummy blues ?

Les futures mamans qui ont un mummy blues peuvent se sentir coupables ou n’osent pas en parler, parce qu’on évoque souvent la grossesse uniquement comme un moment de joie. Après tout, ne dit-on pas que les femmes enceintes sont rayonnantes de bonheur ? Pourtant, il n’y a rien de plus normal à connaître un chamboulement des émotions pendant cette période. “La grossesse fait un bébé, mais pas seulement. Elle fait aussi des parents. Elle génère un processus de remaniement psychique et émotionnel, pour que les parents soient prêts à l’arrivée du bébé. Les changements physiques sont visibles, contrairement aux changements psychiques, et c’est pour cela qu’il est plus difficile d’avoir conscience de ces derniers”, indique l’experte en psychologie périnatale. Aux changements proprement physiques des femmes enceintes, il faut ajouter les questionnements, le stress sur la préparation dès l’arrivée du bébé, une crainte de ne pas assurer en tant que mère. Parfois, c’est une impression de perdre le contrôle sur son corps, car celui-ci change ou parce qu’il est régulièrement observé par des médecins qui n’écoutent pas toujours la patiente comme elle le souhaiterait. Chaque femme ayant sa propre capacité d’adaptation, tout cela fait que certaines se sentent débordées par les émotions. “La grossesse brasse les sentiments. C’est comme une vague émotionnelle. On peut surfer sur cette vague, mais elle peut aussi nous recouvrir”, explique Nathalie Lancelin-Huin.

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Comment faire face au mummy blues pendant la grossesse ?

Les futures mamans peuvent se sentir démunies face au mummy blues. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à en parler : “C’est normal d’avoir beaucoup d’émotions, mais ils ne faut pas que cela soit trop fort, trop souvent, trop longtemps. Évoquer le sujet avec son entourage personnel et avec les professionnels de santé peut aider à se rendre compte de ce qu’il se passe, et de le dépasser. Il ne faut pas attendre d’être sous l’eau”, recommande notre psychologue, qui insiste sur l’importance de ne pas rester seule. Ce qui arrive n’est pas une fatalité, mais il faut éviter que cela s’aggrave. “C’est pour cela qu’il existe l’entretien prénatal précoce du 4e mois de grossesse. Il permet de faire de la prévention et de repérer les vulnérabilités psychosociales. En étant attentif, en prévenant, en détectant ces vulnérabilités, la future maman pourra bénéficier du soutien d’une sage-femme pendant le suivi de grossesse, que ce soit celle de la PMI [Protection maternelle et infantile, ndlr] ou celle qu’elle voit pendant le suivi prénatal”, explique Nathalie Lancelin-Huin. En outre, anticiper les habituels cours de préparation à l’accouchement et à la naissance peut aider, en particulier si on choisit certaines méthodes comme le yoga, la sophrologie ou l’haptonomie.

Blues pendant la grossesse : faut-il s’inquiéter pour le bébé ?

On sait que le stress peut être préjudiciable pour le bébé, et que celui-ci ressent de nombreuses choses dans le ventre de sa maman. “Le corps de la femme enceinte est une caisse de résonance pour la vie intérieure du fœtus. Il peut ressentir ce que vit sa mère, mais chaque bébé est unique et ne le percevra pas de la même façon”, explique la psychologue. L’important est de ne pas dépasser un seuil trop important de mal-être d’où, encore une fois, l’importance de la prise en charge dès que l’on voit que cela dure trop longtemps. Si le futur enfant peut ressentir le mummy blues de la mère, il ne faut pour autant pas culpabiliser. “C’est normal qu’une femme enceinte ressente des émotions pendant la grossesse, c’est humain. Le bébé vit des choses dans le ventre de sa maman et c’est prévu pour, cela fait partie de sa construction”, relativise l’experte.

 

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Il y-a-t-il plus de risque de faire un baby blues après la naissance ?

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Le fait qu’une femme face un mummy blues pendant la grossesse peut suggérer qu’elle pressent avoir plus de risque de faire un baby blues ou une dépression post-natale. Là encore, l’entretien prénatal précoce va être important. En décelant le risque le plus tôt possible, on peut le prévenir, voire l’annuler. Nathalie Lancelin-Huin souligne qu’il n’y a pas de fatalité : Quelqu’un qui est plus vulnérable avant la grossesse a plus de risque d’être chamboulé par ce processus et après la naissance. Attention, cela ne veut pas dire qu’elle va obligatoirement faire un mummy blues et un baby blues. Tout comme une personne qui est seule, qui a déjà fait une dépression post-partum, qui a déjà connu des épisodes de déprime ou de dépression, a plus de risque de connaître ces troubles. Cependant, ce n’est pas fatal, il peut juste il y avoir une prédisposition”. Selon elle, il faut rester attentif et ne pas à hésiter à en parler lorsqu’il y a des signes. La maman pourra recevoir de l’aide de son entourage, et également professionnelle. “En cas de baby blues, la PMI peut encore une fois être utile, et la mère peut recevoir des visites de puéricultrices après la naissance. C’est pour cela que la PMI existe, et il ne doit pas il y avoir de tabou sur ce sujet”, conclut-elle.

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