Nos conseils pour démarrer une ruche

Se lancer en apiculture ne s’improvise pas et les démarches à entreprendre sont assez nombreuses. Petit rappel des règles de base.

Restez informée

Si l’installation de ruches est à la mode, ce n’est pas un acte à prendre à la légère. « Les abeilles appartiennent au monde du vivant, il faut s’en occuper« , prévient Alban Augé, fondateur de Ma Ruche à la maison. Mais pas question de décourager ceux qui veulent s’investir. « Inviter le plus de monde possible à participer à la réimplantation de l’espèce est une nécessité« , ajoute l’apiculteur. Contribuer à la défense de la biodiversité, favoriser la pollinisation de votre potager ou produire du miel : la raison de votre projet aura d’importantes répercussions sur les démarches à accomplir, le choix du matériel et des variétés d’abeilles à accueillir.

Les formalités

Vous avez l’obligation de déclarer votre ruche aux autorités, et notamment au ministère de l’Agriculture, via le formulaire Cerfa n° 13995*01, afin de recevoir un numéro d’apiculteur (le Napi). Si vous envisagez de commercialiser votre miel hors du cadre amical, vous devrez créer une entreprise au sens administratif et obtenir un numéro de Siret, avec les obligations fiscales qui en découlent.

Le bon emplacement

Une distance d’éloignement réglementaire d’au moins 20 m, définie par arrêté préfectoral, doit être respectée entre la ruche et la voie publique ou les habitations. Ensuite, assurez-vous que vos hôtes trouveront des plantes mellifères dans un rayon de 5 km. Facilitez-leur la vie en plantant lavande, pissenlits, marguerites… Notez que les abeilles sont assoiffées et peureuses. Placez-les près d’un point d’eau, une mare ou une fontaine, avec des objets flottants pour éviter les noyades.

Quelle variété pour votre essaim ?

Vous pouvez acheter une ruche déjà peuplée ou un essaim chez un apiculteur, un éleveur ou sur un site spécialisé (Naturapi.com, Icko-apiculture.com, etc.).

  • La populaire. L’abeille noire, une race ancienne présente sur tout le territoire, est résistante aux maladies et au froid, et performante sur les miellées tardives.
  • La féconde. L’abeille italienne, particulièrement appréciée pour sa grande production de miel, se développe aussi rapidement.
  • La bienfaisante. L’abeille caucasienne, plus fragile, produit de la propolis et un miel de grande qualité.
  • La résistante. L’abeille carniolienne s’adapte à tous les climats, participe à la pollinisation, mais est relativement peu prolifique en miel.
  • La besogneuse. L’abeille Buckfast, issue du croisement de plusieurs races, est peu essaimeuse, mais travaille et hiverne très bien.

Option 1 : je veux favoriser la pollinisation

Si vous avez un potager ou des arbres fruitiers, l’installation d’un abri dédié aux abeilles (solitaires ou sauvages) est le choix le plus pertinent. Butinant d’une fleur à l’autre, ces travailleuses déplaceront le pollen pour vous aider à avoir un jardin florissant. Libres et peu exigeantes, elles ne demandent aucune formation particulière pour qui veut les accueillir. Vous pouvez leur fabriquer vous-même une petite ruche ou acheter un hôtel à abeilles en jardinerie. Il suffit de placer votre hébergement en hauteur et à l’abri de la pluie, au printemps pour leur laisser le temps de s’installer. La présence de cavités leur permettra de pondre et stocker le pollen dont elles se nourrissent.

A noter. Les abeilles sauvages vivent de manière solitaire ou en petite colonie. Ni agressives ni envahissantes, elles seront bénéfiques pour votre jardin.

Option 2 : je veux faire mon miel

Si votre objectif est de récolter du miel pour votre usage personnel, les démarches sont plus complexes, mais restent accessibles.

Se former. Un livre adapté aux débutants, quelques lectures sur des blogs spécialisés ou un échange avec un apiculteur chevronné sont indispensables pour acquérir le b.a.-ba. Les sites qui promeuvent la réimplantation des abeilles vous donneront les premiers conseils gratuitement (Apiculture.net, Maruche.fr, Apiconso.fr…). Ce qui ne vous dispensera pas de suivre une formation dans un rucher-école (renseignez-vous auprès de l’Union nationale de l’apiculture française, Unaf-apiculture.info).

S’équiper. Achat d’occasion ou neuf, votre ruche doit être durable et protégée de l’humidité. Trois formes existent : Dadant, Langstroth et Voirnot. Actuellement, la Dadant remporte les suffrages pour sa compacité et sa facilité d’entretien. A vous de choisir le nombre de cadres (6, 10 ou 12) correspondant à la taille de la colonie que vous pourrez héberger et la quantité de miel à récolter. Pour démarrer, voyez petit, quitte à vous agrandir après. Il vous faudra aussi vous équiper en vêtements de protection et accessoires d’entretien.

A noter. L’investissement à prévoir se chiffre entre 200 et 300€ pour une première ruche.

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