Papillomavirus : le vaccin aussi recommandé aux garçons

La Haute Autorité de santé a annoncé le mercredi que le vaccin contre le papillomavirus sera désormais aussi préconisé aux garçons. La décision, en plus de corriger une inégalité médicale, pourrait freiner la propagation du virus.

En France, sept femmes sur dix seront porteuses du papillomavirus humain (HPV) dans leur vie, responsable de 3000 nouveaux cancers par an, selon les chiffres de Santé Publique France, dont presque 100% des cancers du col de l’utérus. L’infection est sexuellement transmissible, pourtant, la vaccination n’était, jusqu’alors, préconisée que pour les filles.

La Haute Autorité de santé a tenu à rectifier, mercredi 30 octobre 2019, cette inégalité qui réduit les chances d’endiguer la propagation du virus et ses conséquences.

Freiner la transmission du virus

On estime que 70% des femmes seront un jour infectées par un HPV, et que dans 10% des cas le virus provoque le développement d’un cancer. Selon les chiffres de Santé Publique France, ce sont 1100 décès qui pourraient être évités, chaque année.

D’où la nécessité de vacciner les garçons également, car dans 60% des cas, l’infection est contractée au tout début de la vie sexuelle. Il s’agira des garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible entre 15 et 19 ans, comme pour les filles.

Une décision éthique et économique

Le fait que seules les filles doivent se faire vacciner pour une infection transmissibles par les garçons également est aussi un problème éthique qu’a soulevé la HAS, dans le projet d’avis rendu public en cette fin octobre 2019. 

Sans compter que, de fortes économies pourraient aussi être réalisées en frais de santé, comme le montre le rapport de l’Académie de Médecine, publié fin septembre. Les conséquences du papillomavirus représentent 500 millions d’euros par an.

Un combat qui ne date pas d’hier

Cette décision fait suite à différentes études. Par exemple en 2012, des chercheurs québécois avaient déjà démontré que si les garçons, à partir de 12 ans avaient été vaccinés cette année là, la transmission aurait pu être drastiquement contenue, et faire économiser jusqu’à 28 millions de dollars canadiens en frais de santé. 

En France, malgré la campagne nationale de dépistage lancée en 2018, moins de 20% des filles sont vaccinées contre le papillomavirus. C’est le chiffre le plus bas d’Europe, selon l’Académie de Médecine.

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