Pères en call, mères à mi-temps pour les devoirs : les femmes, premières à trinquer si les écoles ferment

Alors que le président de la République doit prendre la parole ce 31 mars au soir, beaucoup craignent la fermeture des écoles. Surcharge, épuisement, chômage partiel… Elle ouvrirait une spirale infernale pour les parents, et surtout pour les mères, qui portent la plus grosse part de cette double charge.

Fermera, fermera pas ? Le suspense est à son comble : Emmanuel Macron prendra la parole ce mercredi 31 mars, après un nouveau conseil de défense. Alors que les chiffres des contaminations au coronavirus s’envolent, beaucoup craignent une fermeture des écoles. Pour les parents, cela signerait le retour d’une mission impossible, qui incombe le plus souvent aux mères, bien plus qu’à leurs compagnons.

En temps normal, 73% des Françaises disent déjà assumer plus de tâches ménagères que leur conjoint, d’après un sondage Ifop de 2019. Et la pandémie n’a rien arrangé. Lors du premier confinement, plus de la moitié des femmes, contre 28% des hommes, ont consacré plus de temps que d’habitude aux tâches domestiques, d’après l’Insee.

“Papa est en call, Maman surveille les devoirs”

Elles sont aussi 1,3 fois moins nombreuses que les hommes à disposer d’un espace isolé pour travailler au calme et sont 1,5 fois plus souvent interrompues par les enfants ou les tâches ménagères, selon une étude menée par Ipsos pour le Boston Consulting Group (BCG) en mars 2021. Malgré tout, elles culpabilisent plus que les hommes de n’être pas assez disponibles pour leurs enfants.

Lorsque ces messieurs s’impliquent davantage dans la vie du foyer, ils choisissent leurs missions avec soin, laissant à leur femme la charge du linge, du ménage, de la cuisine ou des devoirs des enfants. C’est l’une des conclusions d’une étude menée auprès de 4616 personnes en couple – dont 80% de femmes – par Hugues Champeaux et Francesca Marchetta, chercheurs à l’Université Clermont-Auvergne. «Les hommes ont seulement changé leur participation aux corvées ménagères lorsqu’elles devenaient un “quasi-plaisir”, comme aller faire les courses ou jouer avec les enfants», soulignent-ils.

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Surchauffe générale

Résultat : 53% des femmes sont en détresse psychologique, contre 38% des hommes, d’après Empreinte Humaine, et donc exposées à des risques de troubles du sommeil, d’anxiété, voire de dépression ou de burnout. «La santé psychologique des femmes a été mise à mal lors du premier confinement avec la fermeture des écoles mais on constate que les problèmes de double journée pèsent encore plus fortement sur elles, commente Jean-Pierre Brun, co-fondateur d’Empreinte Humaine. Ces inégalités continuent à se creuser.»

Et elles pourraient avoir un impact à long terme. Un an après le premier confinement, 31% des femmes envisagent de passer à temps partiel du fait de leurs responsabilités familiales, soit deux fois plus que les hommes. À l’échelle mondiale aussi, l’écart se creuse : la pandémie a retardé d’une génération le temps qu’il faudra pour parvenir à la parité, d’après l’étude annuelle du Forum économique mondiale parue ce 31 mars. Rendez-vous dans 135,6 ans, donc.

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