Retraite : faire régulariser ses petits boulots, pas forcément rentable !

Ca peut surprendre mais on n’a pas toujours intérêt à aller à la caisse de retraite avec nos vieux bulletins de salaire. Explications.

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La quille approche, vous scrutez à la loupe votre relevé de carrière et vous réalisez que vos jobs d’été de 1977 à 1979 pour la cueillette des fraises chez tonton Gaston sont passés à la trappe ? « Il y a quarante ans, les caisses de retraite n’étaient pas informatisées et des trimestres de début de carrière sont fréquemment oubliés », observe Rémy Gautier, de Maximis Retraite. Étonnamment, on n’a pourtant pas toujours intérêt à se précipiter à la caisse de retraite avec nos vieux bulletins de salaire. Explications.

Le salaire annuel moyen, la clé du calcul

Pour le régime général, l’ex-RSI et la MSA, le salaire annuel moyen utilisé pour calculer la pension est celui des vingt-cinq meilleures années. Par conséquent, si l’on a cotisé moins de vingt-cinq ans dans l’un de ces régimes, les petits boulots effectués au cours d’une autre année entrent dans le calcul et, une fois régularisés, patatras ! Le revenu moyen pris en compte s’effondre. Pour rappel, ce n’est pas le cas dans les autres régimes : celui des professions libérales fonctionne avec des points (chaque euro cotisé fait gagner en pension) et celui des fonctionnaires ne prend en compte que les six derniers mois de traitement.

Les polypensionnés, les plus pénalisés

Souvent, ceux qui ne totalisent pas vingt-cinq années dans le régime de base – et qui n’ont donc pas intérêt à régulariser un petit boulot oublié – ont changé de régime au cours de leur carrière (ils sont polypensionnés). Cela peut être votre cas par exemple, si vous avez été pharmacienne salariée puis libérale ou si vous avez été fonctionnaire puis salariée. Autre enseignement, ceux qui ont cotisé à la Cnav pendant moins de vingt-cinq ans ne gagneront rien à accepter des petites missions salariées par la suite, alors qu’ils sont affiliés à une autre caisse pour leur activité principale. Prenez une architecte libérale, ex-salariée pendant quinze ans, qui donne quelques cours pour le plaisir en fin de carrière : cette dernière activité salariée fera chuter sa pension de la Cnav !

4 étés travaillés… et 660 € de pension annuelle en moins !

Véronique, 61 ans, prendra sa retraite dans un an. Elle a commencé comme salariée en 1982, puis a créé une EURL comme décoratrice en 2001 (affiliée à la Cipav). En téléchargeant son relevé de carrière, elle constate que ses jobs d’été dans le restaurant familial entre ses 16 et 19 ans n’ont pas été reportés (son salaire était de 3 000 francs). Sans régulariser ces quatre années, sa retraite s’élève à 1 825 € mensuels. Elle n’est plus, après régularisation, que de… 1 770 € (soit une perte de 55 €) du fait de la prise en compte de son salaire de serveuse dans ses vingt-cinq meilleures années par la Cnav.

Les conseils de l’expert

« Le plus souvent, faire régulariser des stages ou des petits boulots oubliés demeure un pari gagnant, qui permet de valider des trimestres supplémentaires pour éviter un rachat de trimestre, bénéficier d’une surcote ou devenir éligible au dispositif “carrières longues”. C’est seulement si on a cotisé moins de vingt-cinq ans dans le régime général (Cnav, RSI, MSA) que l’on risque de voir sa pension réduite. »

Merci à Rémy Gautier, de Maximis Retraite.

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