Strapping : pourquoi utiliser ces bandes de maintien ?

Nombre de sportifs arborent des bandes de tissus collées sur la peau. Bien que souvent confondues, toutes n’ont pas les mêmes fonctions. Les bandes colorées (rouges, jaunes, noires ou violettes) placées sur un muscle – K-Taping – servent à améliorer ses performances et/ou à le soulager pendant l’effort. Elles conservent aux articulations toute leur liberté de mouvement.

“Rien à voir avec le strapping qui est destiné à créer une contention, à bloquer partiellement et à soutenir une articulation”, précise Axelle Terray, kinésithérapeute du sport et consultante Compex.

Une technique classique de kinésithérapie

Moins rigide qu’un plâtre ou qu’une attèle, le strapping n’empêche pas l’articulation de bouger. Mais elle la maintient en position non douloureuse et réduit l’amplitude de ses mouvements. “Elle apporte un soulagement mécanique qui n’est pas réservé au monde du sport, explique Axelle Terray. Mais on l’utilise beaucoup en situation d’urgence en compétition pour permettre à un footballeur ou à un tennisman de poursuivre un match notamment”.

Loin d’être un traitement à lui seul, le strapping peut continuer à être employé ensuite pour réduire les douleurs, en complément de séances de rééducation. Pendant la phase inflammatoire, cela contribue à réduire l’œdème et à améliorer la cicatrisation. “Ses principales indications sont l’entorse du genou, de l’épaule, du poignet ou de la cheville, mais aussi les luxations, précise la spécialiste. Je suis en revanche plus réservée sur son utilisation en cas de fracture”.

Un usage aussi préventif et pédagogique

Lorsqu’une articulation est instable, le strapping permet de continuer à l’utiliser tout en évitant les gestes brusques à risque, susceptibles de causer des blessures. C’est un bon outil, très apprécié des athlètes, pour une reprise plus rapide des activités sportives.

“Il me sert parfois aussi à but pédagogique, pour que la personne prenne conscience des mouvements à éviter“, confie Axelle Terray. Et dans les disciplines où certaines articulations sont mises à rude épreuve, comme les poignets en gymnastique féminine par exemple, ces bandes de contention aident à réduire les contraintes, ce qui permet de pousser davantage les séances d’entraînement. 

Comment bien l’utiliser le strapping?

Il existe plusieurs type de bandes pour réaliser un strapping : les embases qui jouent le rôle de point d’ancrage, les bandes actives qui maintiennent et contraignent l’articulation, les ouates de protection pour protéger éventuellement la peau des irritations… Leur largeur diffère aussi en fonction de l’articulation à traiter.

“Pour la première pose, je conseille vivement de faire appel à un professionnel de santé, un médecin du sport ou un kinésithérapeute”, indique Axelle Terray. Pour qu’un strapping soit efficace, mieux vaut en effet avoir une connaissance pointue de l’anatomie et exercer la tension adéquate en fonction de l’objectif recherché.

Après une opération sur les ligaments croisés, il faut par exemple réaliser un montage en toile d’araignée. Si la tension appliquée est trop faible, le strapping ne sert à rien (hormis son éventuel effet placébo). Et s’il est trop serré, un effet garrot est à redouter, avec des répercussions circulatoires à la clé. Le strapping est par ailleurs parfois contre-indiqué, en cas de plaies ou d’allergie cutanée par exemple.

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