Témoignage : "Comment j'ai découvert que j'étais bipolaire"

Tels des acrobates oscillant entre le très haut et le très bas, les bipolaires tentent de rester en équilibre sur le fil de la vie. Dominique, 63 ans, raconte son parcours chaotique, à l’occasion de la Journée Mondiale des Troubles bipolaires, ce 30 mars.

Environ 1, 6 million de personnes en France souffrent de cette pathologie que l’Organisation mondiale de la santé a placée sixième cause de handicap dans le monde. Les statistiques montrent en effet qu’entre 1 % et 2,5 % de la population française en pâtirait, à des degrés plus ou moins prononcés. Parfois déclenché par un drame ou des maltraitances corporelles ou psychologiques durant l’enfance, ce syndrome, que l’on nommait autrefois la maniaco-dépression, se déclare généralement au moment de l’adolescence ou lors des débuts de la vie d’adulte. Il se traduit par une alternance de périodes intenses mais très différentes. Il y a tous ces moments d’euphorie, durant lesquels on déborde d’énergie, de sociabilité, de projets, de confiance en soi et de libido. Un sentiment de toute-puissance qui peut conduire à verser dans des comportements extrêmes comme dépenser inconsidérément ou se mettre en danger physiquement, soi-même mais aussi son entourage. Aux phases d’exaltation succèdent des cycles, souvent plus longs, de creux de la vague avec une forte tendance au repli sur soi et des crises de pleurs, de désespoir… La bipolarité impacte aussi le sommeil, ce qui peut aggraver ces symptômes. Or, si elle nécessite une prise en charge à la fois médicamenteuse et le suivi d’un professionnel de la santé mentale, il s’écoule souvent dix ans entre les premières manifestations et la délivrance d’un diagnostic. La mise en place du traitement ne règle ensuite pas tout, mais elle rend les choses plus tolérables, à condition d’accepter un quotidien très réglé et préservé auquel certains ne se résolvent pas. C’est cet itinéraire façon montagnes russes que nous décrivent nos quatre témoins. L’écriture ou l’engagement associatif a été une arme de choix pour accepter et affronter la maladie et ne plus seulement la subir.

Les traitements de la bipolarité

Souvent confondus dans leurs prémices avec la dépression, les troubles bipolaires, dans leurs phases de hauts, se retrouvent par ricochet exacerbés par l’administration d’antidépresseurs. Pour les combattre, on dispose pourtant de molécules plus adaptées. Les médecins ont fréquemment recours aux régulateurs d’humeur, parmi lesquels le lithium, le plus ancien mais également le plus utilisé. Certains antiépileptiques, tels le valpromide, le divalproate de sodium, la carbamazépine et la lamotrigine font partie de l’éventail des traitements disponibles. On mise plus rarement sur les antipsychotiques comme l’olanzapine, servant également à lutter contre la schizophrénie. Informations sur troubles-bipolaires.com

Dominique, 63 ans, a détecté seul sa bipolarité

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« Certains événements expliquent certainement pourquoi je suis atteint de troubles bipolaires. Dès ma plus tendre enfance, j’étais hyperactif. En 1985, un drame a bouleversé ma vie : une de mes jeunes sœurs, la seule à avoir des enfants à l’époque, s’est fait renverser par un camion. Lors de ce deuil, que nous n’avons pas “accompli”, des gens nous ont dit “Qu’est-ce que vous avez été dignes !”. La vérité, maintenant je l’ai compris, c’est qu’un chagrin ne doit pas se vivre comme cela. Être fort et digne ne mène à rien. Je ne serais peut-être pas bipolaire si j’avais géré ce deuil autrement. À l’époque je fréquentais ma future épouse qui m’a beaucoup épaulé, comme tout au long de ma vie d’ailleurs… Tout a resurgi dix ans plus tard. J’étais surexcité, je montais dans les tours, je travaillais jour et nuit et ne dormais plus. En 1999, le médecin m’a prescrit des antidépresseurs, que je ne voulais pas prendre. Il s’est avéré, et la médecine française le sait maintenant, que c’est ce qu’il ne fallait pas faire ; cela décuplait mes symptômes. Je n’ai eu mon diagnostic que fin 2008. L’idée m’est venue que je pouvais être bipolaire après avoir lu un livre à ce sujet. On m’a prescrit du Dépakote. Je n’étais toujours pas bien. Dès le réveil, j’étais dans le brouillard. Les médecins cherchaient du côté de la thyroïde, j’étais au bord du gouffre. J’ai eu l’intuition que ça pouvait être dû à des apnées du sommeil. J’ai porté un masque à pression continue en 2010 et là, du jour au lendemain, tout s’est amélioré. Mais j’ai connu des désillusions personnelles, notamment de graves problèmes avec des voisins lors de mon retour au pays ; cela a été très violent pour moi ! J’ai appris à pardonner car comme me disait un proche, c’était comme une chape de plomb au-dessus de ma tête. Grâce à la psychoéducation, à ma famille, à l’association Argos 2001, puis aux soins énergétiques de mes amis, j’ai retrouvé aujourd’hui une sorte d’équilibre.

La psychoéducation

Assumer la bipolarité passe par le fait de prendre le contrôle de sa maladie, ce qui est complexe car on observe chez les patients de multiples dénis et abandons de traitements. Parce qu’elle permet d’affiner la connaissance de ces troubles, d’améliorer l’auto-détection des signes annonciateurs des crises et qu’elle propose des clés pour s’aménager un quotidien plus sain, la psychoéducation, qui se traduit sur le terrain par la participation à des groupes de parole animés par des thérapeutes, se révèle très efficace. Déclinés sous différentes formes, ces ateliers sont ouverts aux bipolaires mais fréquemment aussi à leurs proches. Informations sur fondation-fondamental.org.

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