« The First Lady » ou les coulisses du rôle le plus ingrat du monde

  • La minisérie The First Lady est disponible sur la nouvelle plateforme Paramount +. 
  • Elle met en scène Gillian Anderson, Michelle Pfeiffer et Viola Davis dans les rôles d’Eleanor Roosevelt, Betty Ford et Michelle Obama.
  • Une plongée dans les coulisses de l’aile est de la Maison-Blanche

Une immersion dans l’aile est de la Maison-Blanche. The First Lady, minisérie Showtime en dix épisodes disponible depuis jeudi sur Paramount +, met en scène les destins croisés dans l’ordre historique d’Eleanor Roosevelt, Betty Ford et Michelle Obama, respectivement interprétées par Gillian Anderson, Michelle Pfeiffer et Viola Davis. Un drame prestige ambitieux qui montre qu’être la femme du président des États-Unis est l’un des rôles les plus ingrats et frustrants de la planète.

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La série créée par Aaron Cooley et réalisée par Susanne Bier relate tout à la fois, via des flash-back, la trajectoire personnelle de ces trois Premières Dames et leur parcours politique à Washington. The First Lady montre comment ces femmes de présidents américains ont dû tout à la fois apporter un soutien inconditionnel à la carrière politique de leur mari et bataillé pour tenir ce rôle tout en conservant leur identité.

Eleanor Roosevelt, la pionnière

The First Lady met aussi en évidence leurs différences. Eleanor Roosevelt, qui a servi le plus longtemps, a, en tant que nièce du président Theodore Roosevelt, la particularité de connaître le moindre recoin de la Maison-Blanche avant même son arrivée dans l’aile est. « C’était vraiment utile d’avoir joué Margaret Thatcher avant. Cela m’a rendu plus confiante pour incarner Eleonor. Il y a moins d’archives filmées sur Eleonor Roosevelt, je n’ai pas pu m’appuyer sur une gestuelle particulière. J’ai donc mis mon grain de sel. Mais le processus est similaire en matière de recherches », raconte Gillian Anderson, que 20 Minutes a rencontré lors d’une table ronde à CanneSeries.

Alors que son couple bat de l’aile en raison des infidélités de Franklin D. Roosevelt (Kiefer Sutherland), elle va donner un rôle politique et médiatique à la Première Dame. Bras droit de son mari atteint de polio, elle s’attend à l’aider à écrire ses discours et à avoir un emploi au sein de son administration.

Lorsqu’un conseiller lui indique que son travail est d’être la Première Dame, elle lui rétorque : « Ce n’est pas un travail… C’est ma situation ». Et d’ajouter : « Je ne suis pas ravie que mon titre fasse référence à mon sexe plutôt qu’à mes compétences ».

« Eleanor Roosevelt est une femme terre à terre. Avant qu’elle et son mari ne soient à la Maison-Blanche, elle se consacrait à être au service des autres. Elle a lancé une école à New York avec des amis, alors même que son mari était gouverneur. Elle prenait le bus et le train, enseignait tous les jours et dédié ses fonds et ses revenus à des œuvres caritatives. Sa vie a été dédiée à l’engagement », rappelle Gillian Anderson.

Betty Ford, la vulnérable

Parachutée à l’improviste dans le rôle à la suite du scandale du Watergate et de la démission de Richard Nixon, Betty Ford semble complètement perdue au départ, un fantôme dans son propre rôle.

Elle va cependant apprendre à tenir tête au chef d’état-major de Gérald Ford (Aaron Eckhart, vu dans The Dark Knight : Le Chevalier noir), Donald Rumsfeld (Derek Cecil) et Dick Cheney (Rhys Wakefield) en tête, qui souhaitent la réduire au silence au vu de ses opinions libérales. Sur le plan personnel, elle doit faire face à sa dépendance aux antalgiques et à l’alcool, qui a forgé son héritage.

Michelle Obama, la battante

« Dans quatre ans, je ne veux pas regarder en arrière et me demander : « Que suis-je devenue en vivant dans cette maison ? » », lance Michelle Obama, interprétée par Viola Davis. Professionnelle de haut vol bien avant que son mari Barack Obama (O-T Fagbenle vu dans The Handmaid’s Tale) ne soit élu, elle est bien décidée à ne pas renoncer à son identité et à défendre les causes qui lui sont chères, comme l’accès à la santé pour les plus défavorisés. Sur le plan personnel, elle souhaite que ses filles Malia et Sasha aient une éducation aussi normale que possible et s’inquiète pour la sécurité de sa famille, la première famille noire à vivre à la Maison-Blanche.

Quand la première Première Dame afro-américaine de l’Histoire, visite l’aile est avec Laura Bush, elle repère un tableau mettant en scène des esclaves noirs. Voyant son trouble, Laura Bush lui lance : « « Vous pensez peut-être que vous n’avez rien en commun avec les premières dames avant vous », croyez-moi quand je dis que nous avons toutes ressenti cela. »

N’est pas « The Crown » qui veut

Là où The Crown mêle habilement l’intime fantasmé de ses personnages à la grande histoire auxquelles ils appartiennent, The First Lady s’emmêle toutefois les pinceaux avec des intrigues un peu décousues. Eleanor, Betty et Michelle ont toutes repoussé les limites de ce que signifie être une Première Dame, mais de façon complètement différente. Rassembler leurs trois histoires dans une même série paraît même très artificiel.

Si Viola Davis capte les intonations de Michelle Obama et réussit parfois à dégager ce mélange de chaleur et d’acier propre à celle-ci, elle s’efforce tellement de maîtriser les mouvements de visage qu’elle finit par grimacer. Le jeu de Gillian Anderson, de son côté, est carrément freiné par la proéminente prothèse dentaire d’Eleanor Roosevelt. Seule Michelle Pfeiffer semble libre dans le costume de Betty Ford. Elle l’incarne si confortablement qu’on oublie souvent l’actrice.

Si The First Lady mérite tout de même le coup d’œil, c’est parce qu’elle nous rappelle que Michelle Pfeiffer est une immense actrice qu’on ne voit plus assez à l’écran et que Betty Ford était tout à la fois vulnérable, imparfaite et fascinante !

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