Travaux d’économies d’énergie : par où commencer et à quelles aides ai-je droit ?

Economies, confort, plus-value… isoler son logement est source de multiples bénéfices. Encore faut-il savoir quel chantier attaquer en priorité.

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Réduire ses factures d’énergie et gagner en confort en remplaçant de vieux équipements, donner davantage de valeur à son patrimoine… les motivations pour améliorer la performance énergétique de son logement ne manquent pas. Mais par où commencer ? Pour mener à bien votre projet, réalisez avant tout un état des lieux, sous forme d’audit énergétique. Déterminez ensuite les différentes étapes de votre chantier, sans perdre de vue que, selon vos ressources, toutes ces opérations peuvent être totalement ou en partie financées par les aides publiques.

Murs : par l’intérieur ou l’extérieur

Les murs sont la deuxième source de pertes de chaleur. La solution la moins coûteuse consiste à doubler les parois par l’intérieur. Il s’agit de déposer les éventuels radiateurs et de ressortir le circuit électrique avant d’installer le sandwich isolant/placoplatre. Toutefois, cette opération fait perdre jusqu’à 5% de surface habitable. Isoler par l’extérieur les murs les plus exposés au froid en appliquant une “peau” en polystyrène est plus efficace, mais aussi plus onéreux. Cela impose de changer les seuils de fenêtres et d’intégrer les descentes de gouttières. De plus, la modification de l’aspect extérieur du bâtiment nécessite une déclaration préalable de travaux ou l’obtention d’un permis de construire, puis un ravalement.

A savoir. Compter de 6.000 à 8.000€ pour une isolation par l’intérieur d’une maison de 120m2 et de 40 à 100€ le m² par l’extérieur.

Toiture : la zone la plus critique

Les déperditions de chaleur les plus importantes se font par le toit (jusqu’à 30%), son isolation est donc prioritaire. Si vos combles sont perdus, la facture sera mesurée, car il suffira d’y poser l’isolant, flocons projetés ou rouleaux de laine croisés. Le coût sera plus élevé pour des combles aménageables ou un grenier, puisqu’il faut déposer la sous-toiture afin d’y appliquer de la laine ou de l’isolant multicouches. Comptez de 20 à 55€/m2 en fonction de la nature du chantier et des matériaux choisis.

A prendre en compte. Dans le cadre de combles aménagés en pièces à vivre, le chantier implique en outre une reprise de la décoration.

Portes et fenêtres : le choix des matériaux

Contrairement à une idée reçue, portes et fenêtres ne laissent échapper que de 10 à 15% de chaleur, ce qui les place en troisième position des travaux essentiels. Double, voire triple vitrage offrent d’excellentes performances, ainsi qu’une sensation de confort thermique et sonore très appréciable. En bois, en PVC ou métalliques, portes et fenêtres sont présentées avec une étiquette énergie qui note leur efficacité, de A (vert) à G (rouge). Et parce que l’on ne choisit pas les mêmes fenêtres dans le Jura ou à Nice, ce classement prend en compte trois zones climatiques : Z1, du Nord au Massif central et aux Alpes, Z2, des Pays de la Loire au Sud-Ouest et aux Alpes du Sud, et Z3 pour le littoral méditerranéen et la Corse.

A savoir. La facture moyenne du remplacement des portes et fenêtres varie de 4.000 à 8.000€, selon la taille du logement et les matériaux choisis.

Le plancher : traiter le dessus ou la face inférieure

Une rénovation énergétique totale se termine par l’isolation des planchers bas, autrement dit du niveau qui sépare le rez-de-chaussée du vide sanitaire, du garage, de la cave ou du sous-sol. En effet, ils sont responsables de 7% des déperditions de chaleur. Isoler par le dessus du plancher oblige à recouvrir le sol existant, voire à le détruire. Il est donc plus simple de traiter la face inférieure. Le recours à un isolant souple permet d’épouser les éventuelles variations de niveau. Le coût oscille de 20 à 30€/m² en fonction de la complexité de mise en œuvre. Une fois toutes ces opérations menées à bien, vous pourrez passer à la ventilation, au chauffage et à la production d’eau chaude.

A noter. Si le matériel est obsolète, opter pour une énergie renouvelable peut être judicieux afin de bénéficier des aides à la transition énergétique.

Un diagnostic à jour

Si vous avez acquis votre logement depuis l’entrée en vigueur des diagnostics immobiliers obligatoires (1er juillet 2017), vous disposez déjà de ce bilan appelé Dossier de performance énergétique (DPE). Sans travaux depuis lors, il est à jour. A défaut, vous pouvez mandater un diagnostiqueur professionnel. Sa prestation coûte plusieurs centaines d’euros, mais elle est indispensable pour bénéficier des aides des pouvoirs publics, dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov’.

A savoir. Il est possible de réaliser cet audit vous-même, à l’aide d’un site internet comme Ecorenov.soliha.fr/autodiagnostic ou Diagnosticdpe.com. C’est gratuit. . . mais sans valeur pour une demande de prime. A défaut, vous saurez au moins par où débuter votre chantier de rénovation.

MaPrimeRénov’, subventions pour tous

En 2021, tous les propriétaires occupants de leur résidence principale et syndicats de copropriétaires sont éligibles au dispositif d’aide à la rénovation énergétique Ma PrimeRenov’ (Maprimerenov.gouv.fr), ainsi que les propriétaires bailleurs à compter du 1er juillet. Le dispositif permet de financer les travaux qui améliorent l’efficacité énergétique du logement, à savoir l’isolation des combles, murs, planchers, fenêtres, le remplacement du chauffage, la pose d’une ventilation. Les rénovations doivent être réalisées par des entreprises labellisées RGE. La prime prend également en charge une partie du diagnostic de performance énergétique (DPE). Le montant de la prime dépend de nombreux paramètres : nature du chantier engagé, localisation du logement (Ile-de-France ou reste de l’Hexagone) et niveau de ressources des demandeurs.

Jusqu’à 90 % de la facture

Pour classer les ménages, le gouvernement a établi quatre catégories de foyers fiscaux, de bleu pour les foyers modestes à rose pour les ménages les plus aisés. La subvention représente ainsi jusqu’à 90% de la dépense engagée, puis diminue par paliers à 75%, 60% et 40%, voire à zéro pour certaines opérations réalisées par les ménages les plus aisés. A noter que ces aides ne pourront toutefois pas excéder un montant cumulé de 20.000 €. Sur le site internet Faire.fr, le simulateur Simul’Aides permet d’avoir une idée assez précise des primes, bonus éventuels et certificats d’économie d’énergie auxquels vous pourrez prétendre.

Des aides à cumuler

MaPrimeRénov’ reste cumulable avec d’autres subventions à la rénovation énergétique comme les Certificats d’économie d’énergie (CEE), l’écoprêt à taux zéro (écoPTZ), le chèque énergie et les aides proposées par les collectivités locales. En revanche, la nouvelle prime ne peut plus être associée aux aides du programme Habiter Mieux Sérénité de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Par ailleurs, ces travaux bénéficient de la TVA réduite à 5,5%, contre 10% pour les autres.

4039€. C’est le montant moyen de la prime versée par logement dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov’.

Plus de 191 600 dossiers MaPrimeRénov’ ont été déposés depuis le 1er janvier 2020, date de lancement du dispositif. Rançon de la gloire, quelques ratés dans la prise en compte des dossiers et des retards liés aux impacts de la crise sanitaire ainsi qu’à des difficultés informatiques ont causé des désagréments aux bénéficiaires).

Des conseils gratuits

Identifier les chantiers prioritaires, calculer le montant des aides publiques ou encore trouver des artisans qualifiés RGE (reconnus garant de l’environnement). Les 400 espaces conseils du réseau Faire (Faire.gouv.fr), mis en place par les pouvoirs publics, sont là pour vous aider à franchir toutes ces étapes, sur la base du dossier énergétique que vous aurez constitué : factures d’énergie des trois ou quatre dernières années, documents techniques de vos appareils de chauffage et systèmes de production d’eau chaude (puissance, année de fabrication, étiquette énergie éventuellement), nature et épaisseur des matériaux d’isolation existants. . . Vous aurez peut-être la bonne surprise d’être éligible aux bonus prévus dans le dispositif MaPrimeRénov’ et récompensant les travaux réalisés dans les logements les plus énergivores.

L’avis de notre experte

Gwenaëlle Lejeune, juriste à l’UFC-Que Choisir.

Pour limiter les risques de blocage ou de retard dans le traitement d’une demande d’aide dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov’, il est essentiel que le compte créé en ligne et tous les documents transmis soient aux seuls nom et adresse du bénéficiaire, et non à ceux d’un artisan ou d’un membre de son entourage. Les dossiers qui portent différents noms nécessitent des vérifications par les services de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), ce qui retarde d’autant le versement de la prime. Par ailleurs, les devis doivent être suffisamment précis et détaillés pour permettre d’évaluer le respect des critères techniques requis pour toucher la prime. Entreprises et artisans sélectionnés ont donc l’obligation de décrire clairement la nature des travaux, et de distinguer impérativement les coûts de matériel de ceux de la main-d’œuvre. Enfin, le RIB transmis pour le paiement de la prime doit également être au nom du bénéficiaire, et non pas celui de son conjoint, par exemple. Faute de quoi le versement risquerait là encore d’être retardé.

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