Tumeur bénigne : quelle évolution et comment la traiter ?

Qu’est-ce qu’une tumeur bénigne ? Une tumeur bénigne peut-elle devenir cancéreuse ? Quels examens de diagnostic ? Zoom avec un oncologue.

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Tumeur bénigne : de quoi parle-t-on exactement ?

Qu’est-ce qu’une tumeur ? En langage médical, une tumeur se définit comme une ” quantité de tissu surnuméraire par rapport à la normale ” explique le Dr. Paul Cottu, oncologue médical.

Dans le langage courant, on évoque plutôt une ” boule ” ou une ” masse “. ” On appelle ” tumeur ” la présence anormale de tissu supplémentaire dans un organe – le sein, le rein, le poumon, le foie… ” développe le Dr. Cottu.

Les tumeurs se classent dans deux catégories : il existe des tumeurs bénignes (comme leur nom l’indique, elles ne sont pas dangereuses pour la santé) et des tumeurs malignes (en revanche, celles-ci sont cancéreuses : elles sont synonymes de cancer).

Quelques exemples de tumeurs bénignes :

  • Le fibrome. Cette ” boule ” se compose de tissu fibreux et/ou conjonctif. On peut notamment mentionner le fibrome utérin (qui se développe à l’intérieur de l’utérus, donc) ou encore le molluscum pendulum (une tumeur cutanée bénigne, généralement molle et allongée, que l’on observe habituellement au niveau du cou, du thorax ou des aisselles).
  • L’angiome. L’angiome du foie (ou ” angiome hépatique ” ou encore ” hémangiome “, c’est la même chose) est une tumeur bénigne qui atteint 3 % à 5 % de la population française. Il s’agit d’une ” masse ” composée de vaisseaux sanguins. Toutefois, l’angiome ne se développe pas forcément au niveau du foie.
  • Le lipome. Il s’agit d’une ” boule ” qui se forme à partir de tissu gras ou adipeux. Les lipomes s’observent plutôt au niveau du dos, de la nuque et/ou des cuisses ; ils peuvent mesurer jusqu’à 10 centimètres de diamètre.

À savoir. Les tumeurs bénignes peuvent se former n’importe où sur (ou dans) le corps, à tout âge de la vie.

Quelques exemples de tumeurs malignes :

  • Le carcinome. Il s’agit d’une tumeur maligne qui se forme à partir de cellules épithéliales (par exemple : cellules de la peau, de la muqueuse, des glandes…).
  • Le sarcome. Plus rare, cette tumeur maligne se forme à partir de tissu conjonctif (par exemple : de l’os, du cartilage…).

Une tumeur bénigne peut-elle évoluer et devenir maligne ? Non, c’est vraiment très exceptionnel ” répond le Dr. Paul Cottu. Il existe toutefois des cas particuliers, comme (par exemple) la tumeur phyllode. Rare, celle-ci se développe dans le sein et peut devenir maligne après avoir été bénigne.

Tumeur bénigne et tumeur maligne : quels sont les examens de diagnostic ?

J’ai repéré une ” boule ” sur mon corps, je fais quoi ? Prenez rendez-vous sans attendre auprès de votre médecin traitant qui saura vous rediriger vers le spécialiste approprié ” recommande le Dr. Paul Cottu. Surtout, n’attendez pas que ” ça passe ” : s’il s’agit d’une tumeur maligne (c’est-à-dire : d’un cancer), plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est efficace.

Tumeur bénigne ou tumeur maligne : quels examens de diagnostic ? Outre l’examen clinique et l’interrogatoire du patient, le médecin spécialiste procédera à une analyse anatomopathologique de la tumeur : ” pour cela, une biopsie (c’est-à-dire : un prélèvement de la tumeur) sera réalisée et les tissus seront examinés au microscope ” explique le Dr. Paul Cottu.

L’analyse anatomopathologique examine 3 critères pour déterminer si une tumeur est bénigne ou maligne : un critère d’architecture (comment les cellules sont-elles organisées entre elles ?), un critère cytologique (à quoi ressemblent les cellules elles-mêmes ?) et un critère de prolifération (à quelle vitesse les cellules se multiplient-elles ?).

À savoir. Le volume d’une tumeur n’est pas une indication fiable quant à sa potentielle malignité : il existe des tumeurs bénignes qui mesurent 20 centimètres de diamètre ! souligne l’oncologue médical. En revanche, une tumeur qui a tendance à grossir est davantage inquiétante, puisque cela signifie qu’il y a une prolifération.

Tumeur bénigne : comment est-elle prise en charge ? Si la tumeur est estimée ” bénigne ” par le médecin et qu’elle ne constitue pas une gène au quotidien, il n’est pas forcément nécessaire de la traiter. Une surveillance médicale régulière peut simplement être mise en place. ” En revanche, si la tumeur bénigne est disgracieuse et/ou gênante au quotidien (parce qu’elle s’accroche dans les vêtements, par exemple), la chirurgie d’exérèse peut être indiquée ” précise le spécialiste.

Merci au Dr. Paul Cottu, oncologue médical spécialiste du cancer du sein et chef adjoint du Département d’oncologie médicale à l’Institut Curie.

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