Variole du singe : que sait-on sur ce virus dont on recense une cinquantaine de cas en Europe et en Amérique ?

La vitesse de son évolution inquiète. Signalés pour la première fois le 6 mai 2022 au Royaume-Uni, comme le relatait la BBC dès le lendemain, les cas de variole du singe se multiplient en Europe et Outre Atlantique. Maladie endémique en Afrique de l’Ouest, le premier britannique infecté aurait contracté la maladie après un voyage au Nigéria.

Si l’on recense également « plus de 20 cas suspects » au Portugal, c’est en Espagne que le situation inquiète le plus. Dans la nuit du 18 au 19 mai 2022, le nombre de malades y aurait doublé, passant de 8 à 22, selon la Communauté de Madrid. Mais d’après les hôpitaux locaux, le chiffre serait plus proche de la quarantaine, voire de la cinquantaine de cas, révèle le quotidien national El País.

Au Canada, 13 cas potentiels sont actuellement examinés, tandis qu’aux États-Unis, un homme ayant récemment voyagé au Canada présenteraient des symptômes.

Selon les premiers dires de la communauté scientifiques , la variole du singe pourrait être une maladie sexuellement transmissible, et concerner une majorité de jeunes hommes.

La variole du singe, une maladie transmise par les animaux

D’après l’Organisation mondiale de santé (OMS), c’est au Congo que l’orthopoxvirose simienne – terminologie scientifique de la variole du singe – a été identifiée pour la première fois, en 1970. Elle aurait surtout sévi dans “des régions rurales et des zones de forêts tropicales humides”, puis aurait été éradiquée en 1980.

Peu contagieuse, cette maladie rare peut se manifester par une fièvre, des douleurs musculaires et des ganglions lymphatiques enflés dans les cinq premiers jours, laissant place à une éruption cutanée sur les mains et le visage, semblable à la varicelle. La maladie dure généralement entre deux à quatre semaines. 

À ce jour, il n’existe aucun traitement, ni vaccin contre la variole du singe, qui se guérit toute seule. Les personnes infectées sont invitées à s’isoler.

En 2003, les États-Unis avait déjà enregistré une poussée de la maladie. La plupart des personnes infectées par la variole du singe avaient été en contact avec du sang, des liquides biologiques, des lésions cutanées ou des muqueuses” de “chiens de prairie domestiques, infectés par des rongeurs africains importés”, précise l’OMS.

Une transmission par voie respiratoire ou d’ordre sexuel

Un document publié sur Twitter par les autorités de santé madrilènes en dit plus sur les personnes potentiellement à risque face à cette variole. Si la transmission du virus entre humains est supposée s’opérer “par voie respiratoire”, elle pourrait être, en réalité, d’ordre sexuel. 

“Les 23 cas supposés d’infection laissent penser que la transmission a eu lieu par les muqueuses pendant les relations sexuelles », précise le document.

Au Royaume-Uni, quatre des sept personnes infectées s’identifiaient comme homosexuelles, bisexuelles ou ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, a affirmé l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), le 14 mai 2022. 

«  Nous demandons aux hommes homosexuels et bisexuels d’être attentifs à toute éruption ou lésion inhabituelle et de contacter sans tarder un service de santé sexuelle s’ils en constatent l’apparition », a indiqué Susan Hopkins, conseillère médicale en chef de l’UKHSA.

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) aux États-Unis ont toutefois souligné que « n’importe qui, quelle que soit son orientation sexuelle, peut propager la variole du singe ».

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