Vivre dans un logement non-chauffé augmente les risques de développer une "détresse mentale"

Le mot d’ordre de cet hiver 2022 : sobriété énergétique. 

Mais alors que le froid commence doucement à s’installer et que des milliers de foyers ne peuvent se permettre de se chauffer, une étude britannico-australienne alerte sur les méfaits psychiques d’un logement trop froid

D’après les conclusions de leurs recherches, publiées dans la revue scientifique Science Direct le 28 octobre 2022, “la vie dans une maison qui n’est pas suffisamment chaude est associée à près du double de la probabilité de souffrir de détresse mentale grave pour ceux qui ne présentaient de pas symptômes de détresse mentale au début de l’enquête”. 

Un stress lié à l’incapacité de chauffer son logement

Dans un article pour The Conversation, l’auteure principale des recherches, Dr Amy Clair, explique avoir étudié les données, pendant plusieurs années, d’un “large échantillon représentatif d’adultes au Royaume-Uni”, afin d’observer les effets d’une habitation non-chauffée sur la psyché. 

En effet, si elle explique que la science est en connaissance d’un lien entre le froid et la fragilisation de notre organisme – l’efficacité du système immunitaire étant diminuée -, peu de recherches existent quant au coût psychique du froid. 

Ainsi, l’équipe de recherche a d’abord noté que le stress lié au fait de ne pas pouvoir se chauffer dignement pesait lourd. “La pression financière nuit à la santé, perturbe le sommeil, tout en réduisant les dépenses potentielles pour d’autres produits essentiels comme la nourriture”, reprend Psycho Média.

Un sentiment qui peut même les aliéner. “Ne pas pouvoir garder votre maison et votre famille confortablement au chaud réduit le sentiment de contrôle et d’autonomie sur votre environnement. Les personnes incapables de chauffer leur maison adoptent souvent des mécanismes d’adaptation qui limitent la socialisation – par exemple, ne pas inviter d’amis et se coucher tôt pour se réchauffer”, précise l’étude. 

Les symptômes de “détresse mentale” en forte augmentation 

Mais ce n’est pas le seul méfait psychique que les chercheurs ont relevé. Dans les foyers froids, les symptômes de “détresse mentale” étaient en forte hausse. 

Pour arriver à cette conclusions, ils ont utilisé « le questionnaire de santé générale en 12 items (GHQ-12), qui est une mesure unidimensionnelle largement utilisée et validée de la détresse mentale qui intègre une gamme de symptômes, y compris la dépression et l’anxiété », détaillent les recherches.

Ainsi, pour la majorité des personnes attestant vivre dans un logement pas ou peu chauffé, les scores oscillaient entre 7 et 12. Des notes « considérés comme hautement symptomatiques et indicatives d’une détresse mentale importante », explicite l’étude. 

“Pour les personnes qui n’avaient auparavant aucun problème de santé mentale, le risque de détresse mentale grave doublait lorsqu’elles avaient un domicile froid, tandis que pour celles qui présentaient certains symptômes de santé mentale, le risque triplait”, précisent les auteur.es. 

Les minorités ethniques et les familles monoparentales plus à risque

D’un point de vue sociologique, l’étude alerte également. Les personnes les plus à risque de développer cette détresse mentale sont des publics minoritaires ne pouvant se chauffer dignement. 

“Les parents seuls et les personnes au chômage ou malades de longue durée sont beaucoup plus susceptibles de vivre dans des maisons froides. Il existe également des inégalités importantes entre les groupes ethniques – plus de 12% des personnes noires vivent dans des maisons froides contre moins de 6% des personnes blanches, par exemple. Ceux qui louent plutôt que de posséder leur logement sont également beaucoup plus susceptibles de vivre dans des logements froids” et donc, de voir leur santé mentale fragilisée, complète Dr Amy Clair. 

Pour rappel, “un chauffage est considéré comme insuffisant lorsqu’il ne permet pas d’atteindre 18 °C au centre de chaque pièce”, rapporte le site de Service-Public France. 

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