Voyage en Egypte : notre itinéraire coup de cœur au fil du Nil

Colonne vertébrale de l’égypte, le fleuve est au cœur de vives tensions entre le pays des pharaons et son voisin éthiopien.

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Le mystère de sa source enfin élucidé ?

Depuis Hérodote, hypothèses et spéculations entourent la source du Nil. Le fleuve, qui s’écoule sur 6 700 kilomètres environ, traverse le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, le Soudan et l’Egypte. Au XIXe siècle, des explorateurs britanniques se lancent à l’assaut de ses dizaines d’affluents depuis Zanzibar. Les uns pensent avoir trouvé la source au lac Tanganyika, les autres dans une étendue plus vaste encore qu’ils appellent Victoria. Le célèbre docteur Livingstone disparaît même au cours de l’une de ces expéditions, à la fin des années 1860. Le reporter Henry Morton Stanley le retrouve et poursuit l’exploration. On a fini par estimer que la source se situait au Burundi où se forme une rivière qui devient, au fil de sa course vers la Méditerranée, le Nil Blanc. Il est rejoint, au Soudan, par son affluent le Nil Bleu qui démarre, lui, dans les montagnes éthiopiennes. En 2006, une équipe d’aventuriers britanniques et néo-zélandais a repris l’enquête et trouvé la source la plus lointaine du fleuve mythique. Après quatre-vingts jours d’une épopée en bateau, ils ont achevé ce périlleux périple au Rwanda, où ils ont identifié un filet d’eau à 2 428 mètres d’altitude comme le véritable lieu de naissance du Nil. Jusqu’à la prochaine expédition ?

De Louxor à Abou Simbel : les plus beaux temples d’Egypte

C’est au sud du pays de Cléopâtre que le deuxième plus long fleuve au monde (après l’Amazone et ses 6 992 km) se révèle le plus fascinant : entre l’ancienne Thèbes, à Louxor, et les temples de Ramsès II, à Abou Simbel, s’alignent les monuments parmi les plus spectaculaires de l’Egypte ancienne. Les pharaons ont construit palais et tombeaux au bord du Nil, car ils le considéraient comme un fleuve sacré. Il faut dire que leur civilisation doit beaucoup à ce cours d’eau traversant le désert du sud au nord. Hérodote, historien grec du Ve siècle avant notre ère, estimait que l’Egypte était « un don du Nil ». En effet, sans cette colonne vertébrale fertile et ses crues attendues, pas de récoltes ! Ses rives sont ainsi associées aux symboles de la vie. La rive droite, à l’est, est le domaine des vivants. La rive gauche, à l’ouest, du côté où le jour entame son déclin, celui des morts. A Louxor et Karnak, sur la rive droite, un ensemble exceptionnel de temples sont dédiés aux dieux Amon, Mout et Khonsou. De l’autre côté du fleuve, les défunts règnent sur la nécropole de Thèbes. Tandis que les colosses sculptés dans la roche des temples d’Abou Simbel témoignent du culte voué à Ramsès II et à son épouse, Néfertari.

Khartoum : la confluence des deux Nil

C’est dans la capitale du Soudan que se rejoignent les deux affluents du fleuve, le Nil Blanc et le Nil Bleu. Son musée national possède des fresques de la cathédrale nubienne de Faras, sauvées lors de la création du lac Nasser.

Abou Simbel : des temples sauvés des eaux

Bâtis au bord du lac Nasser, les temples de Ramsès II, près d’Abou Simbel, menaçaient d’être noyés sous les eaux du barrage d’Assouan. L’Unesco les a fait démonter et reconstruire sur une colline artificielle proche de leur emplacement originel, dans les années 1960.

Philae : l’île engloutie

Le temple d’Isis, édifice principal de l’île de Philae, avait déjà les pieds dans l’eau suite à la construction du premier barrage d’Assouan par les Anglais au début du XXe siècle. Mais le second barrage le condamnait. Il a donc été déplacé sur l’île voisine d’Agilkia, en 1974.

Louxor : un site riche en découvertes

Le temple d’Amon attire des millions de visiteurs. Le dromos, l’allée longue de 2,7 kilomètres qui relie l’édifice à Karnak, est bordé de 700 sphinx mis au jour en 2010. L’année dernière, 30 sarcophages en bois peint, appartenant vraisemblablement à des prêtres, y ont également été découverts.

Un peu d’étymologie

La vallée de la rivière : c’est la signification du grec neilos, dont provient le mot Nil. Lors de la crue, les Egyptiens le désignaient par Hâpy, dieu du fleuve, représenté soit avec des seins tombants et un ventre proéminent (signes de fécondité), soit sous la forme de jumeaux.

Un chantier pharaonique

Depuis 2011, l’Ethiopie construit un immense barrage sur le Nil Bleu, un des affluents du Nil. L’ouvrage, entièrement financé par le pays, coûtera environ 3,7 milliards d’euros. Il est appelé à devenir la plus grosse centrale hydroélectrique d’Afrique avec une production annuelle estimée à 6 000 mégawatts… soit l’équivalent de ce que peuvent fournir 6 réacteurs nucléaires. Indispensable pour une économie en pleine croissance, dont les besoins en électricité augmentent de 30 % par an. Mais ses voisins soudanais et égyptiens ne le voient pas de cet œil-là ! Surtout l’Egypte, qui dépend à 90 % du Nil pour son approvisionnement en eau. Que se passera-t-il si le réservoir se remplit trop vite, réduisant drastiquement le débit du fleuve en aval ? En juillet 2020, les négociations entre les deux pays (et le Soudan) n’avaient toujours pas abouti à un accord…

Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Voyages n°42 août-septembre 2019

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