Kenzo Takada, Nippon des arts

Dans les 60’s un vent frais venu du pays du soleil levant souffle sur la mode parisienne. Cette tornade colorée, libérée, imprimée, se nomme Kenzo Takada et durera près de 60 ans. Alors que le créateur vient de s’éteindre, retour sur cette aventure flamboyante.

Paris gagnant

Arrivé à Paris en pleines 60’s, le créateur sans le sous, perçu avec méfiance par les Parisiens vend ses croquis et travaille dans un bureau de style. C’est au cœur de la charmante galerie Vivienne que l’aventure prend un nouveau tournant, lorsqu’il pose ses valises dans une petite boutique sous le nom de Jungle Jap. Il y développe une mode jamais vue, aux lignes droites, aux imprimés fleuris et aux couleurs vives, marqué par un métissage inédit. Parfaitement dans l’air du temps, sa “fraicheur et sa spontanéité”, comme le décris Bernard Arnaud, se fraye un chemin entre le déclin de la Haute Couture et l’essors d’une nouvelle catégorie plus jeune, plus sexy : le prêt-à-porter. Boudé par l’institution, il organise notamment au côté de Chantal Thomass des défilés festifs, peuplés de stars et de mannequins joyeux. “Il a largement contribué à faire de la fashion week de Paris un rendez-vous incontournable dans les années 70”, rappelle d’ailleurs cette dernière sur Instagram. En 1970, il donne son prénom à ses créations, désormais baptisées Kenzo. 

Du sommet aux sous, mais… 

Newsletter

Les informations recueillies sont destinées à CCM Benchmark Group pour vous assurer l’envoi de votre newsletter.

Elles seront également utilisées sous réserve des options souscrites, à des fins de ciblage publicitaire.

Vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification de vos données personnelles, ainsi que celui d’en demander l’effacement dans les limites prévues par la loi.

Vous pouvez également à tout moment revoir vos options en matière de ciblage. En savoir plus sur notre politique de confidentialité.

Voir un exemple

Dans les année 1970 et 80, la croissance de Kenzo est palpable. Lignes hommes (1983), jeans (1986), licences mais aussi bien sûr parfums (1978) contribuent au succès commercial de ce Japonais !admiré par ses pairs, dans le milieu de la mode parisienne qu’on lui avait pourtant donné comme impénétrable. Or à mesure que le business s’accroît s’atténue l’appétit de Kenzo Takada. Il perd des proches collaborateurs et enterre son compagnon Xavier de Castella. En 1993, il accepte un rachat par LVMH et devient directeur artistique. Il donnera un dernier show mémorable en octobre 1999, devant 4000 personnes, avant de tirer sa révérence à la mode. Bienveillant, il restera proche de sa maison, jusqu’à venir assister au premier défilé de Felipe Oliveira Baptista l’an passé. Mais l’esthète, designer de formation, a d’autres projets. Avec sa marque de décoration d’intérieur, K-3 lancée en janvier 2020, il achève son œuvre du côté de l’art de vivre, un art dont on peut dire qu’il est passé maître. 

Source: Lire L’Article Complet