"Ariana Grande : excuse me, I love you" : le nouveau documentaire musical de Netflix sur les traces de la pop star en tournée

L’écran est noir, pas d’images, seulement des cris. Le public hurle, tape dans les mains, acclame son idole qui s’apprête à monter sur scène. Sur les notes de An Angel Cried, Ariana Grande apparaît soudain à l’écran à l’envers, et en noir et blanc. Elle danse face caméra, avec son inimitable queue de cheval et une robe de soie rouge aux manches bouffantes. La jeune femme de 27 ans est plus qu’une simple artiste, elle est une image.

De mars à décembre 2019, Ariana Grande a donné une incroyable tournée, le Sweetener World Tour : 101 concerts dans seize pays par le monde. Un succès phénoménal, à la fois commercial (c’est la tournée la plus rentable de sa courte carrière) et critique. Juste avant les fêtes de fin d’année, Netflix y a consacré en grande partie son nouveau documentaire musical, Ariana Grande : excuse me, I love you, réalisé par Paul Dugdale. 

Un concert stupéfiant mis à l’honneur

Les premières séquences du film dévoilent le début d’un des shows de la chanteuse à Londres. Au milieu de ses douze danseuses et danseurs disposés autour d’une grande table, Ariana Grande enchaîne les poses et les chorégraphies. Synchronisée à la seconde près, la troupe offre au public un tableau – inspiré de La Cène de Léonard de Vinci – créé par d’impressionnants jeux de lumière et une scénographie très travaillée.

Une mise en scène évolutive rend le show de l’Américaine encore plus abouti. Chaque chanson est rattachée à une atmosphère : une voiture taguée pour 7 Rings et des bombers pour les danseurs, ou une gigantesque lune et une tenue galactique pour Tattooed heart. Et Ariana Grande impressionne par sa voix claire et puissante, proposant des versions live qui surpassent celles enregistrées en studio.

Le premier intérêt du documentaire est de montrer cette inépuisable énergie sur scène : la star enchaîne avec facilité les chansons, les chorégraphies et les tenues tout au long de sa performance.

Poupée de cire, poupée de son

Mais le documentaire est aussi entrecoupé de séquences dévoilant le quotidien de l’artiste. Contrairement à d’autres chanteuses de son registre, Ariana Grande ne cherche pas à jouer le rôle de la “femme fatale”. Elle y préfère celui d’une poupée, à la fois fragile et mignonne. En spectacle, elle s’habille de rose bonbon ou de rouge pailleté, parfois avec une sucette à la main. En dehors de la scène, elle continue à cultiver son personnae. Ainsi, filmée pendant les dernières répétitions avant la tournée, elle apparaît dans un sweat-shirt extra-large, dansant avec une poupée gonflable…

Et même dans les coulisses, l’artiste ne perd pas sa majesté. À peine sortie de scène, elle se change en vitesse, sans que la moindre goutte de sueur ne perle son front. Son maquillage est intact, sa peau est lisse et satinée. Elle est toujours parfaite.

Une grande famille

Autre leitmotiv du documentaire, montrer la grande complicité entre la chanteuse et son équipe. À plusieurs reprises, Ariana Grande est filmée en train de prendre un membre de son équipe dans les bras, de le remercier ou de rire avec lui. Les frères Brian et Scott Nicholson, chorégraphes sur la tournée, sont présentés comme les meilleurs amis de la star, l’un de ses managers est qualifié de “meilleur humain”, et son coiffeur d’”icône”

Londres. Applaudissez bien fort chaque danseuse du Sweetener World Tour !”, lance la star : Ariana Grande valorise ses équipes et cela se voit aussi sur scène. Ses danseurs jouent un vrai rôle dans la mise en scène et viennent compléter la performance de la chanteuse. Ils interagissent avec elle, jouent des personnages et ont le droit à plusieurs solos de danse. Le titre Excuse me, I love you (excusez-moi, je vous aime) dit bien l’esprit “grande famille” que la star veut transmettre.

“Cette nouvelle tournée m’a sauvé la vie”

De même, le ton est toujours à la joie et la bonne humeur. Ariana Grande montre quelques fois des signes de fatigue, mais ils sont vite gommés par son excitation de la scène. Pourtant la jeune star n’a pas été épargnée par les épreuves ces dernières années : le décès de son ancien compagnon le rappeur Mac Miller, sa séparation avec Pete Davidson et surtout l’attentat terroriste à la bombe perpétré à la sortie d’un de ses concerts à Manchester en 2017.

Le documentaire ne les évoque pas, hormis à quelques rares moments. Dont cette belle séquence de la fin du film où la chanteuse, entre deux larmes, remercie son équipe avant de monter du scène : “Une chose est sûre, cette nouvelle tournée m’a sauvé la vie”.

“Ariana Grande : Excuse me, I love you” de Paul Dugdale, disponible sur Netflix.

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