De loser à phénomène, l'ascension d'OrelSan vue par ses fans : "Ce qu'il raconte dans son album, c'est ma vie"

Le rappeur OrelSan vient de sortir Civilisation, son quatrième opus et l’un des albums les plus attendus de 2021. Pourtant à ses débuts dans les années 2000 (son premier clip a été posté sur Youtube en 2006), l’artiste toujours associé à la ville de Caen détonnait dans le paysage du rap français. Il est depuis devenu un véritable phénomène. Le documentaire Montre jamais ça à personne, sorti il y a un mois, retrace son ascension Il a été réalisé par le frère cadet du rappeur à l’aide d’images d’archives accumulées pendant des années

Ce parcours, Guillaume, 36 ans, originaire de Bretagne, l’a suivi depuis les débuts. Pour ce fan de la première heure, OrelSan est « un génie ! » Il se souvient du moment où il a découvert le rappeur : « Je me suis dit : ‘C’est qui ce mec ? Ce qu’il qui raconte dans son album, c’est ma vie …' » Pour Jonas qui vient du Calvados, OrelSan a aussi su casser les codes en racontant sa vie un peu morose plutôt que de montrer les muscles. Il représente aussi une France peu visible dans le milieu du rap, comme dans le morceau Jimmy Punchline sur l’album Perdu d’avance où il rappe : « Basse-Normandie, 14 000. Tu sais où j’habite ? ». Pour Jomas, OrelSan, « a mis Caen sur la carte. » 

« Pour la première fois, on parlait du quotidien des losers de province. C’était vraiment très cool. »

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Autre force d’Aurélien Cotentin alias OrelSan : il évolue en même temps que ses fans. « Aujourd’hui il parle plus de vieillir, des enfants, de la famille … », explique Guillaume. Le rappeur est aussi très à l’aise avec les outils de communication. Pour preuve : avant même sa sortie, l’album en pré-commande est déjà disque d’or. Un succès que le rappeur normand a conquis tout en restant entouré d’un noyau dur. « En partant de rien, d’un groupe de potes, il arrive à remplir quatre Bercy de suite l’année prochaine », évoque le fan breton.

Conquérir de nouveaux fans, tout en conservant les anciens

Une prouesse qu’OrelSan doit aussi à son travail, selon Arnaud Fraisse, responsable du multimédia à la radio Mouv’. « C’est quelqu’un qui capitalise sur ses échecs et ses réussites, qui se remet en question sans perdre sa base et c’est ce qui séduit aussi », analyse-t-il. L’artiste va à la conquête de nouveaux fans tout en conservant les anciens, de quoi faire de cet album celui de tous les records. D’ailleurs, les quatre concerts d’OrelSan prévus à l’hôtel Arena de Paris Bercy en 2022 sont déjà complets et le rappeur a annoncé une cinquième date.

Le premier clip de l’album, celui du titre L’odeur de l’essence, est sorti mercredi 17 novembre. Un morceau très politique où le rappeur écrit notamment : « Si le président remporte la moitié des voix / C’est que les deux tiers de la France en voulaient pas. Pas besoin de savoir c’est quoi le Sénat / Pour voir que c’est les vieux riches qui font les lois. » Sur ce titre, le rappeur s’en prend aussi à tous ceux qui utilisent la nostalgie, la peur ou le désespoir pour susciter la haine. 

De loser à phénomène, l'ascension d'OrelSan vue par ses fans – Le reportage de Maureen Suignardécouter

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