Festival Fusion Concept, dès ce vendredi : au Forum des Halles, deux jours pour célébrer le hip-hop

“Pour moi le hip-hop c’est comme l’anglais : une musique universelle”. Cela fait plus de dix ans que Kanon Zouzoua a lancé le festival de hip-hop Fusion Concept. Après une édition reportée pour cause de Covid, la manifestation revient ces 27 et 28 août. Jauge limitée et pass sanitaire obligatoire, l’événement, rendez-vous incontournable des férus de hip-hop, réunira plus de 1 000 personnes.

Entre cours de danse, rencontres et battles, le Fusion Concept promet de faire vibrer les vitres du Forum des Halles. Un lieu qui n’a pas été choisi par hasard. “Châtelet est un endroit clé pour la danse, c’est ici que se réunissaient les danseurs. Et aujourd’hui, c’est toujours le cas”, relate l’organisateur et danseur au sein du collectif Ghetto Style Movement. “Pour moi, c’est symbolique de faire quelque chose ici, c’est une sorte d’hommage”.

Pour donner le coup d’envoi de cette 11e édition, le festival a organisé une soirée d’inauguration le jeudi 26 août à la Place, un centre culturel hip-hop situé dans la galerie marchande du Forum des Halles. L’occasion pour Kanon Zouzoua de revenir notamment sur l’évolution du terme “battle”, l’un des mots clé du festival, au travers d’une “conférence dansée”.

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“Alors déjà, on ne dit pas une, mais un battle ! Comme ça c’est clair !”, lance-t-il avec humour devant des invités réceptifs. Vocabulaire, rappels historiques sur l’évolution du battle, images d’archives, démonstrations de danse : pendant une demi-heure, le directeur artistique s’est lancé dans une présentation détaillée. Une ingénieuse façon d’introduire deux jours de festivités.

Cours de danse et battles

Ce vendredi 27 août marque l’ouverture officielle du festival. Au menu : battles, jam sessions, gaming, conférences ou encore cours de danse. “Pour les cours de danse, on a fait venir des professionnels réputés”, détaille Kanon Zouzoua. Parmi eux, Marvin Gofin, chorégraphe de Madonna, Badgyal Cassie, figure de la danse afro ou encore B-boy Diablo, un danseur labellisé Red Bull. Pour accéder à ces ateliers, appelés “workshop”, pas besoin de mettre la main au portefeuille. Il faudra simplement vous inscrire au préalable et présenter un pass sanitaire valide.

Après cette première journée d’initiation, le festival promet une toute autre ambiance puisque dès samedi 28 août débuteront les qualifications du Battle Fusion Concept. “Les duos de danseurs devront d’abord se qualifier en passant devant un jury composé de six personnes. Après tous les passages, le jury départagera et choisira les neuf meilleures équipes. Ces challengers devront affronter neuf autres équipes pré-sélectionnées et composées de danseurs de renom”, précise Kanon Zouzoua.

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Parmi eux, Anissa, danseuse professionnelle âgée de 26 ans et membre du collectif Hip Hop Ghetto Style Movement. “Je suis rentrée de Chine il y a une semaine et depuis, je m’entraîne quotidiennement pour le Fusion Concept. Ça fait du bien de danser chez moi à Paris, au milieu de Châtelet, lors d’un événement que j’ai vu grandir. J’ai hâte de retrouver cette sensation !”, confie la souriante jeune femme, bob Prada vissé sur la tête. 

“Un battle pas comme les autres”

“Fusion Concept est différent des autres événements parce qu’il réunit tout style de danse”, défend Kanon Zouzoua. Durant ses voyages, Kanon Zouzoua découvre aux quatre coins du globe des genres qui ne sont pas encore présents en France. Une idée lui vient : pourquoi ne pas réunir toutes ces danses dans une même compétition ? “J’avais envie de les regrouper et de pouvoir départager des danseurs qui ne partagent pas le même style de danse”, se rappelle-t-il.

Car au Fusion Concept, un danseur de breakdance peut très bien affronter une danseuse afro. “Tu peux danser du Lock, de la House, du Turf, peu importe. Ce qui compte, c’est ta façon d’imposer ton style”, estime Anissa. Et cette ancienne jury du Fusion Concept, qui cumule plus de 45 000 abonnées sur Instagram (@anissaghettostyle), sait de quoi elle parle. “Quand je devais juger, je regardais ce que le danseur arrivait à dégager. Même si toutes ces danses semblent différentes, elles ont une chose en commun : la musique”.

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À chaque édition, un nouveau concept. Cette année, les organisateurs se sont inspiré du jeu des échecs pour proposer un spectacle qui ne ressemble à aucun autre. “Les danseurs ont un chronomètre de quatre minutes. Les équipes peuvent danser autant de fois que leur timer le permet”, éclaircis Kanon Zouzoua. “Ils peuvent faire des passages de différentes durées, monopoliser la scène ou juste danser quelques secondes.” Autre nouveauté : le public pourra offrir des avantages à son équipe préférée en votant sur une application. Créée par Ghetto Style Movement, organisateurs du festival, Pohpih (anagramme de hip-hop) est une plateforme totalement gratuite qui permet de mettre en relation des danseurs du monde entier.

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