Plongée dans le cheminement créatif de Georges Brassens avec la vente de 22 manuscrits originaux chez Artcurial le 22 septembre

Les admirateurs du compositeur et interprète Georges Brassens le savent : l’auteur de Chanson pour l’Auvergnat était très exigeant avec son art. Il polissait ses textes longtemps avant d’en être satisfait, modifiant une phrase, ébauchant un vers, changeant un mot, jusqu’à toucher au but. L’objectif ? Ajuster parfaitement les mots et les notes, le verbe et la mélodie, et livrer un texte limpide sans être prévisible.

Quoi de mieux pour observer ce travail sans cesse remis sur l’ouvrage que les textes manuscrits de ses chansons, maintes fois raturés, annotés, recopiés ?

Bien peu ont vu le poète moustachu polir ses vers

La vente Artcurial, qui dispersera 22 documents autographes originaux de Georges Brassens le 22 septembre, permet une plongée rare dans son processus créatif.

Georges Brassens à la guitare avec son ami Fred Mella en 1973. (ARCHIVES MELLA)

“Les quatre bacheliers”, inspiré d’un épisode de son adolescence

En vente également, parmi les manuscrits de La Fessée, La Religieuse, Le Bulletin de santé ou Supplique pour être enterré à la plage de Sète, celui de Les quatre bacheliers (estimé de 1.500 à 2.000 euros), une chanson qui se réfère à un épisode de sa jeunesse. A l’adolescence, Brassens se rend coupable avec quelques amis d’une série de larcins dans sa ville natale de Sète, afin d’offrir des fleurs aux filles. Dénoncés, ils sont condamnés et il écope de quinze jours de prison avec sursis, ce qui fait scandale et met sa mère, très pieuse, en émoi, précipitant son départ pour Paris.

C’est son père, Jean-Louis, qui vient le chercher au poste sans lui adresser le moindre reproche alors que les autres parents se disent trahis par leur progéniture. Pour exprimer sa gratitude, le chanteur moustachu en fit une chanson. “Quand il vint chercher son voleur, sans vergogne, on s’attendait à un malheur. Mais il n’a pas déclaré, non, sans vergogne, que l’on avait sali son nom. Dans le silence on l’entendit, sans vergogne, qui lui disait : Bonjour petit (…) Mais je sais qu’un enfant perdu (…) a de la chance quand il a, sans vergogne, un père de ce tonneau-là.” Par égard pour son père, Brassens ne la chanta qu’après sa mort.

Dans la version du manuscrit en vente, seul un couplet a été barré et ne figure pas dans la chanson telle qu’on la connaît :  “N’a pas crié dorénavant, ce ne sera plus mon enfant“.

Les manuscrits autographes de la vente Brassens sont exposés du jeudi 17 au vendredi 21 septembre chez Artcurial avant la mise en vente le samedi 22 septembre. Artcurial, 7 rond-point des Champs Elysées 75008 Paris

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