A Deauville, le public est au rendez-vous pour le festival du cinéma américain

Une file d’attente qui commence à faire le tour d’un cinéma, des spectateurs refoulés faute de place : hormis le masque de rigueur, Deauville a pris des allures d’avant Covid-19, samedi au premier jour du festival du cinéma américain.

“On a fait une heure de queue. Et on n’a pas pu entrer”, se désole Camille Gay, 19 ans. L’étudiante court d’une petite salle dont les 200 places (sur 400 habituellement) étaient prises pour tenter une séance au centre des congrès (CID). Mais la file d’attente, certes aérée par les distances de sécurité plus ou moins respectées, s’allonge autour de la plus grande salle de projection du festival (1 000 places contre 1 500 habituellement).

“Ce matin on est venus 40 minutes avant le début de la séance au CID et c’était court déjà. C’est compliqué : on est étudiants; on a acheté un pass à 35 euros – on n’avait pas vu qu’il y avait un tarif étudiant – mais si on ne peut voir que deux films…”, ajoute la jeune femme alors que le soleil normand et un vent léger adoucissent l’atmosphère.

Un siège sur trois interdit

Dans le CID, Michèle Vollet, 76 ans, elle, est bien installée après une heure d’attente. “Depuis 15 ans que je fais ce festival, je n’ai jamais vu autant de queue que ce matin. C’était interminable !”, témoigne la retraitée. Cette affluence ne la rassure pas, même si tout le monde porte un masque. “J’adore ce festival mais je m’en suis voulu ce matin. On a pris des précautions énormes. On s’est privés de cinéma pendant trois mois. Si c’est pour y retourner là et attraper le Covid !”, ajoute cette Deauvillaise qui a acheté un pass semaine sans les séances du soir à 160 euros.

“Ce matin, j’étais assise à côté de quelqu’un que je ne connaissais pas”, déplore-t-elle. Car un siège sur trois est marqué d’un cercle rouge où il est interdit de s’asseoir et avant chaque séance un message vocal rappelle aux festivaliers les gestes barrières. “Si je n’ai pas le Covid, je retournerai au cinéma après le festival. J’ai des amis qui sont allés hors festival, il y avait trois personnes dans la salle. C’est plus sûr qu’ici”, poursuit Michèle Vollet.

Un peu plus loin, Roland Dupont, 79 ans, est beaucoup plus serein : “Le week-end en général il y a plus de monde. Ca va se calmer un peu en semaine. Le masque, je suis pas fana, mais bon un peu de discipline, j’accepte”, ajoute-t-il.

Ces salles pleines mettent du baume au coeur à nombre de festivaliers comme Caroline Langoulant, 48 ans, pourtant en bout de file d’attente. “Je pensais qu’il allait y avoir moins de monde à cause du Covid et de l’absence de stars américaines. Les gens sont quand même là. Ça fait plaisir”, confie cette assistante de vie à Tours après 15 ans à Canal +.

30% de pass en moins

“Comme il y a eu beaucoup d’annulations (de manifestations en France, ndlr), les gens viennent peut-être ici plus nombreux”, avance Sarah, une enseignante de 33 ans dont 17 de festival, contente d’être assise au CID après avoir raté le film de la veille.

A l’exception d’Angoulême et Deauville, les 300 festivals de cinéma français ont tous été reportés ou annulés, a indiqué vendredi la ministre de la Culture Roselyne Bachelot devant les 1 000 spectateurs du CID.

Les organisateurs du festival normand relativisent toutefois. Le nombre de pass vendus (2 900 environ samedi en fin d’après-midi) a baissé de 30% par rapport à l’an passé. “Étonnamment, le public est au rendez-vous. On a refusé du monde et ça bouchonne parfois mais si on n’avait pas réduit pas les jauges, je ne suis pas certaine que nous aurions été complets”, estime Carine Fouquier directrice générale du CID. Mais “l’impression est qu’on n’est pas du tout dans une désertion des salles!”, note-t-elle.

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