Ailleurs : un film d'animation réalisé en solitaire pour "une expérience immersive"

Primé au Festival d’Annecy, le réalisateur letton Gints Zilbalodis dévoile cette semaine le film d’animation “Ailleurs”, intégralement réalisé en solitaire. Il nous dévoile son approche sur cette oeuvre poétique et immersive, inspirée du jeu vidéo.

Ailleurs – au cinéma le 23 septembre

Un jeune garçon se réveille suspendu à un arbre après un accident d’avion. Au loin une grande forme menaçante s’approche de lui. Pour la fuir il se réfugie à l’entrée d’une caverne où l’étrange forme ne parvient pas à le suivre. Dans cette caverne, le jeune homme trouve une carte et une moto qui le poussent à prendre la route pour essayer de rejoindre, de l’autre côté de l’île, le port et la civilisation.

AlloCiné : Vous avez créé ce film tout seul. Pouvez-vous nous raconter cette aventure créative solitaire, de l’idée originale à l’oeuvre finale ?

Gints Zilbalodis (réalisateur) : L’histoire est conçue autour des nombreuses limitations que j’avais. Parce qu’il n’y a pas de dialogue dans le film, je savais que l’histoire devait être très simple et claire, pour qu’elle puisse être comprise uniquement par des images. C’est aussi pour cette raison qu’elle se déroule sur une île déserte : je voulais qu’il y ait une raison pour justuifier cette absence de dialogue, alors j’ai donné comme cadre un endroit où le personnage principal n’a personne d’autre à qui parler. Et pour avoir réalisé quelques courts métrages auparavant, je savais quelles choses seraient les plus faciles à animer. J’ai essayé d’éviter d’avoir à animer des éléments difficiles et chronophages.

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Que pouvez-vous nous dire du processus d’écriture : est-ce que le récit était écrit à l’avance ou l’avez-vous “découvert” et imaginé au fur et à mesure du parcours de votre héros ?

Quand j’ai commencé à travailler sur Ailleurs, j’ai écrit une trame globale. J’avais le début, certaines parties au milieu et une fin, mais les détails n’étaient pas très étoffés. J’ai alors commencé à animer chronologiquement et j’ai fait beaucoup de découvertes en cours de route. Je n’avais pas de scénario abouti, au sens traditionnel, ni même de storyboards. Au lieu de cela, l’histoire a été trouvée pendant le processus d’animation et de montage. C’était beaucoup plus spontané que la façon dont les films d’animation sont généralement réalisés.

Quelle a été votre approche graphique sur ce film, du personnage principal aux décors en passant par la faune, la flore, et l’ombre menaçante ?

Avant Ailleurs, j’ai réalisé plusieurs courts métrages dans différents médiums et j’aime combiner leurs éléments. Je voulais un graphisme simple évoquant une animation dessinée à la main, mais sans non plus essayer d’imiter cela. Et je voulais déplacer la caméra librement d’une manière qui ne peut être faite qu’en animation 3D, mais je voulais aussi qu’elle ait des imperfections comme dans la réalisation de films live. L’environnement par rapport aux personnages est un peu plus détaillé. Cela aide à créer une sensation plus immersive. Les personnages sont rendus dans un style plus simple, car je pense qu’avec plus de détails, il y a un risque de créer une gêne chez le spectateur. De cette façon, il est plus facile de s’identifier à eux.

L’idée est plus importante que la technique

Que pouvez-vous nous dire de votre travail sur la musique ? A t-elle été écrite en amont de l’animation, durant l’animation ou après ?

Idéalement, j’aimerais avoir la musique finie avant de commencer à animer. C’est ce que je fais sur mon prochain film. Sur Ailleurs, la musique a été faite au milieu de la production avant la finalisation du montage. De cette façon, la musique pouvait être mieux intégrée dans à l’histoire, sans devenir quelque chose qu’elle n’est pas. Comme tous les autres éléments du film, je voulais que la musique soit très simple. Cela ne vous dit pas quoi ressentir à chaque instant, mais crée plutôt une ambiance générale.

Le film a été présenté au Festival d’Annecy. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage là-bas ?

Annecy, c’était très excitant et bouleversant. C’est un endroit où je retrouve de nombreux anciens camarades du monde de l’animation et en rencontre de nouveaux. Me rendre dans des festivals comme celui-ci me manque, et j’espère que l’année prochaine les choses pourront revenir à la normale. Ayant remporté un prix, un cinéaste indépendant comme moi a eu un énorme coup de pouce. J’ai beaucoup de respect pour Annecy pour avoir présenté des films très audacieux et expérimentaux aux côtés des très grands films de studio.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes cinéastes qui rêvent de se lancer dans l’animation ?

La technologie a atteint un point où il est possible de faire des films par vous-même, donc à peu près tout le monde peut le faire maintenant. Cela signifie qu’il y aura beaucoup de concurrence. Il est donc important de garder en tête que si vous voulez vous démarquer et faire des films marquants, l’idée est plus importante que la technique.

Propos recueillis le 16 septembre 2020

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