Apolline de Malherbe : "À Emmanuel Macron, je dis ‘écoutez RMC !’"

Depuis la rentrée, sa matinale radio, riche de témoignages d’auditeurs, est diffusée sur RMC Story, canal 23 de la TNT, à 6 h. Chaque jour, Apolline de Malherbe prend le pouls de la société française.

Pour votre deuxième saison en matinale, vous êtes passée de RMC Découverte à RMC Story. Cela a-t-il eu une incidence sur votre émission ?

APOLLINE DE MALHERBE : Son esprit a évolué. Nous avons changé de studio. Celui-ci est plus chaleureux. Nous sommes tous autour de la même table. On est la seule vraie matinale à la fois radio et télé.

Quel rôle ont les auditeurs dans l’émission ?

Ils s’emparent de RMC et montrent la France comme elle est. Je ne peux pas être hors-sol. Si j’avais la tentation de jouer à la journaliste toute seule dans son studio, je ne le pourrais pas. Chez nous, il n’y a pas d’édito. On n’est pas là pour juger ou dire ce qu’il faut penser. On est entre France Inter et CNews.

Cela veut-il dire que, malgré les élections, votre émission ne sera pas davantage axée sur la politique ?

Pas la politique politicienne en tout cas. Si j’étais en campagne, j’écouterais RMC. À Emmanuel Macron, je dis "écoutez RMC" ! Quand je l’entends dire que le pouvoir d’achat a augmenté, ça ne colle pas avec ce que disent les auditeurs.

À propos de son allocution de 27 minutes le 9 novembre, pourquoi avoir souligné que le Président n’avait pas de contradicteur ?

Pour parler de la troisième dose de vaccin, Jean Castex aurait pu le faire. À six mois des élections, on ne peut pas se contenter de McFly et Car-lito comme contradicteurs. À nous, journalistes, aussi, d’être à la hauteur.

L’interviewer peut parfois rendre son interlocuteur sympathique. N’est-ce pas ce que vous avez voulu expliquer à Cyril Hanouna en lui disant l’autre matin : "Hitler, si vous lui parlez juste de chiens et de bouffe, il peut être sympa." ?

Je répondais à sa remarque selon laquelle il craignait de rendre plus humain certains de ses invités. J’ai forcé le trait en disant que si on ne parle pas politique avec quelqu’un de monstrueux, on peut, en effet, le rendre sympathique.

Thomas Sotto se met en retrait de l’émission politique de France 2 car sa compagne travaille avec le Premier ministre. Qu’en pensez-vous, vous dont le compagnon a été autrefois conseiller en communication de Manuel Valls ?

Je ne souhaite pas parler de ma vie privée. Je ne l’ai jamais fait ! Est-ce qu’Anne Sinclair en vivant avec un homme politique est devenue une mauvaise journaliste ? Non ! C’est avant tout une question de confiance avec les auditeurs et les téléspectateurs !

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