Avec "Les Éternels", Marvel remet l'humain au cœur de son univers saturé en super-héros

Vous vous sentez un peu perdus parmi tous ces films, ces séries et cette multitude de héros Marvel tous plus puissants les uns que les autres ? Alors bonne nouvelle : Les Éternels, 26e long métrage de la longue saga initiée par Iron Man en 2008, peut être vu sans avoir suivi avec assiduité les derniers événements du Marvel Cinematic Universe (MCU), qui a redémarré en trombe en 2021 après une pause de près d’un an et demi. Nul besoin donc d’avoir vu Black Widow ou Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, sortis au cinéma, ou encore les quatre séries diffusées sur Disney+ ces derniers mois. Tout juste faudra-t-il savoir que l’intrigue se déroule après Avengers : Endgame et le retour à la vie de la moitié de la population terrestre, qui avait été anéantie par le diabolique Thanos. 

Dix héros présents depuis la nuit des temps

Pourtant, le film s’ouvre sur une scène d’introduction spectaculaire qui se déroule 7000 ans avant Jésus-Christ. À l’aube de la civilisation, un groupe de dix héros aux pouvoirs miraculeux et complémentaires débarque sur Terre pour protéger les premiers Hommes des Déviants, des créatures sauvages qui dévastent tout sur leur passage. Rayons laser tirés des yeux, vitesse surpersonique, force herculéenne, télékinésie… les Éternels possèdent toute la panoplie des super-héros et parviennent sans peine à faire disparaître ces monstres. Jusqu’à leur réapparition à Londres, à notre époque.

Les dix héros, dispersés un peu partout sur la planète, n’ont pas pris une ride. Normal, ils ne sont pas humains. Ce sont des êtres synthétiques immortels, originaires de la lointaine planète Olympia. Ils sont missionnés par leurs maîtres et créateurs, les Célestes (une race de titanesques bâtisseurs à l’origine des mondes) pour protéger l’humanité. La soudaine réapparition et de ces prédateurs nommés Déviants et leurs nouvelles facultés de régénération va contraindre les Éternels à se retrouver et à s’unir pour endiguer la menace.

Scène de sexe, héros gay : premières chez Marvel

Jusqu’ici, on peut légitimement craindre que les 2h37 du film ne soient qu’une succession de combats entre d’énièmes héros aux combinaisons colorées et des bébêtes géantes rendues réalistes à grands coups d’effets spéciaux. Mais heureusement, ce scénario presque cliché va peu à peu laisser place à une complexité bienvenue, qui va donner du relief aux personnages créés par le légendaire dessinateur de comics Jack Kirby en 1976. À travers un voyage dans plusieurs époques aux quatre coins du monde, le passé des Éternels va se révéler et leur destin va basculer vers une quête bien plus spirituelle que prévu.

Même si l’exploration des faiblesses ne constitue pas un arc narratif révolutionnaire chez les personnages Marvel, le film prend le temps de s’attarder sur la vulnérabilité de ceux que l’on pensait indestructibles, au point de les rendre plus humains que d’autres héros plus populaires du MCU. Leur attachement à ces mortels et à leur mode de vie qu’ils défendent depuis des millénaires se traduit même à travers les prises de risque inédites de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao (Nomadland). On assiste ainsi à la première « scène de sexe » de l’univers Marvel (rien de choquant toutefois, le film reste classé « tous publics » en France), mais également à l’apparition du premier protagoniste ouvertement gay, en plus de 13 années d’aventures portées à l’écran. 

Angelina Jolie et les femmes en première ligne

Au fil des révélations, on se retrouve touchés par ces extraterrestres en proie à leurs émotions, qui pourraient s’apparenter à un festival de bons sentiments mais qui nous renvoient finalement à des interrogations très contemporaines, voire personnelles. Et si certaines séquences de batailles viennent régulièrement rappeler les codes si propres à Marvel, on apprécie d’autant plus les libertés prises dans le plus long des 26 films de la franchise. Notamment au niveau de l’humour, avec ces multiples références à l’univers « concurrent » DC Comics (propriété de la Warner), qui raviront les fans de Superman et de Batman et alimenteront sans doute les spéculations autour d’un possible crossover entre les deux univers.

Sur fond de mythologie revisitée, on saluera également les prestations des héroïnes féminines, qui volent facilement la vedette aux hommes face à la caméra de Chloé Zhao. On retrouve avec plaisir Salma Hayek (Ajak) en guide spirituelle des Éternels, Gemma Chan dans la peau d’une Sersi prête à tout sacrifier pour conserver ses souvenirs, mais surtout Angelina Jolie dans le rôle sur mesure de Thena, une guerrière puissante et torturée qui n’est pas sans rappeler la charismatique Maléfique. Au final, ce qui aurait pu être le film de trop dans une année surchargée en Marvel (fin décembre, Spider-Man : No Way Home sera le quatrième en 2021) se révèle assurément comme l’un des plus profonds de la liste. Et ouvre encore un peu plus le MCU à de nouveaux horizons.

La fiche

Genre : Science fiction, fantastique
Réalisatrice : Chloé Zhao
Acteurs : Gemma Chan, Richard Madden, Salma Hayek, Angelina Jolie
Pays : États-Unis
Durée : 2h37
Sortie : 3 novembre 2021
Distributeur : Marvel Studios

Synopsis : Depuis l’aube de l’humanité, les Éternels, un groupe de héros venus des confins de l’univers, protègent la Terre. Lorsque les Déviants, des créatures monstrueuses que l’on croyait disparues depuis longtemps, réapparaissent mystérieusement, les Éternels sont à nouveau obligés de se réunir pour défendre l’humanité.

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