Bernard de La Villardière : "Nous nous préparons à un monde d’affrontements"

Le journaliste, qui vient d’entamer sa seizième saison aux commandes d’Enquête exclusive, s’intéresse, dans un numéro spécial diffusé dimanche 4 octobre à 23 h 10, à la politique d’intimidation menée par la Russie.

Pourquoi avez-vous choisi d’évoquer la nouvelle guerre froide russe, qui se traduit notamment par des agressions numériques ?

Bernard de la Villardière : Parce que c’est une stratégie dont usent tous les grands de la planète. On constate d’ailleurs le poids qu’ont eu, lors des dernières élections, les trolls et la diffusion de fake news et de virus. Les pressions et la recherche d’interférences à la fois sur le débat et sur le résultat des votes sont des procédés vieux comme le monde, mais cela prend une dimension encore plus aiguë aujourd’hui avec Internet. Et ces cyber-attaques ne nous mettent pas pour autant à l’abri d’un conflit armé conventionnel, ce qui pourrait bientôt arriver en Lituanie, qui vit sous la menace de Moscou…

Est-ce un moyen pour la Russie d’exister sur la scène internationale ?

Là aussi, ce n’est pas propre à la Russie, car tous les pays cherchent à gagner de la puissance par ce biais. Tout n’est que jeux d’influence. Le monde auquel nous nous préparons sera fait d’affrontements.

Quels vont être les mots d’ordre d’Enquête exclusive cette année ?

On va tenter d’être au plus près de l’actualité et des crises qui agitent le globe, comme nous l’avons fait cet été en nous immergeant auprès des migrants en Méditerranée. Nous préparons aussi toute une série d’émissions centrées sur les États-Unis, avec un focus sur l’extrême pauvreté qui, avec la crise, en arrive même à concerner des gens qui étaient autrefois cadres très supérieurs. Pour moi, ce programme sera donc synonyme de nombreux déplacements, si tant est que le coronavirus me l’autorise…

Comment l’habitué des destinations lointaines que vous êtes va-t-il composer avec la réalité de cette pandémie ?

Cela m’a déjà empêché de suivre les manifestations algériennes. Pour cette raison et pour d’autres, je n’ai pas pu obtenir de visa. Peut-être serai-je du coup amené à privilégier les séquences en plateau et à me contenter de mon rôle de présentateur-producteur. Je vous concède que c’est assez frustrant, mais je ne manque malgré tout pas d’occupations, notamment avec la préparation de plusieurs volets de Dossier tabou.

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