« Ce n’est plus à nous d'avoir peur », clame Elips de « Drag Race France »

  • Elips a été éliminée à l’issue de l’épisode 5 de Drag Race France mis en ligne sur france.tv jeudi.
  • « La concurrence est là, vraiment. Toutes les queens sont hyper talentueuses. C’était dur de rester dans la course, surtout, dans un défi de danse et de chant car ce ne sont pas du tout mes domaines de prédilection », réagit la drag-queen bordelaise auprès de 20 Minutes.
  • Son meilleur souvenir restera les critiques élogieuses de Jean Paul Gaultier à son égard : « J’étais aux anges, décontenancée… Avoir une reconnaissance de ce grand monsieur était incroyable. »

« Nos régions ont du talent », avait-elle déclaré, sourire aux lèvres, dans le premier épisode. La drag-queen bordelaise Elips a prouvé son affirmation tout au long de son parcours dans Drag Race France qui s’est achevé pour elle à l’issue du cinquième épisode, disponible depuis jeudi soir sur france.tv. « Son point de vue est hyper tendance, maintenant, il faut qu’elle travaille sur sa confiance en elle », a jugé l’animatrice Nicky Doll la trouvant trop « sur la réserve ». Pour 20 Minutes, l’artiste de 25 ans revient sur son passage dans la compétition.

Vous pensez que votre timidité a joué un rôle dans votre élimination ?

Je pense qu’elle y a un peu contribué. Mais c’est le jeu, aussi. La concurrence est là, vraiment. Toutes les queens sont hyper talentueuses. C’était dur de rester dans la course, surtout, dans un défi de danse et de chant car ce ne sont pas du tout mes domaines de prédilection.

Pourtant, vous êtes sortie plusieurs fois de votre zone de confort. Notamment dans l’épisode 4 où vous avez campé une Chantal Ladesou plus vraie que nature…

J’ai eu effectivement beaucoup de retours et de compliments du public par rapport à cette performance. Ça m’a fait très plaisir. Avec Chantal Ladesou, je sortais effectivement de ma zone de confort. Elle n’est pas un personnage qui ressemble à Elips. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’incarner.

Chantal Ladesou a réagi à votre prestation ?

Non, pas encore, malheureusement, mais j’espère qu’elle va voir la vidéo (rires).

Juliette Armanet, elle, a apprécié votre performance sur sa chanson « Brûler le feu » dans le premier épisode…

Oui, elle m’a repartagé dans sa story Instagram et a commenté une de mes publications. J’étais aux anges quand j’ai vu ça car c’est une artiste que j’adore. J’aime énormément son travail, depuis son premier album, je l’ai vue plusieurs fois en concert, donc c’était un peu une consécration qu’elle ait vu mon travail.

Dans le dernier épisode, vous deviez écrire le couplet d’une chanson. Vous avez choisi de parler du harcèlement scolaire, des brimades… C’était important pour vous ?

Totalement. C’est important d’en parler. Je voulais évoquer mon expérience personnelle mais je pense qu’elle est vécue par plein d’enfants et d’adolescents. Du coup, je voulais faire passer le message que ce n’est plus à nous de baisser les yeux, que ce n’est plus à nous d’avoir peur. Ce sont les autres qui doivent changer leurs comportements, s’éduquer, être davantage tolérants et bienveillants.

Que vous inspirent les propos de Caroline Cayeux qui a dit « ces gens-là », en parlant des gays et des lesbiennes – ce dont elle s’est ensuite excusée ?

J’essaie de rester positive. On remarque une montée des violences envers les personnes LGBTQ + depuis quelques années. J’essaie de me dire qu’on prend aussi davantage la parole, davantage de place et tant mieux. On ose parler des choses et dire qu’on existe. C’est peut-être un moment à passer pour qu’il y ait une évolution des mentalités. Je me raccroche à ça.

Quel est votre meilleur souvenir de « Drag Race France » ?

Un de mes souvenirs les plus marquants, qui restera gravé dans ma tête pour toujours, ce sont les commentaires de Jean Paul Gaultier sur ma tenue en cravates dans le premier épisode. [«C’est une pure merveille (…) Je trouve ça incroyable. Tu as réussi le mouvement qui est difficile à faire, tu as beaucoup de talent », avait-il dit.] J’étais aux anges, décontenancée… Je suis passée par plein d’émotions en même temps et avoir une reconnaissance de ce grand monsieur et grand artiste était incroyable.

Vous venez de Bordeaux, comment décririez-vous la scène drag bordelaise ?

Je dirais qu’elle est assez honnête et diversifiée. Le drag bordelais a éclos il y a quatre ans, c’était il y a très peu de temps. On a vu apparaître plein d’artistes de styles différents. Il y avait une envie de drags. Il y a toute une communauté drag king très talentueuse – on a la chance de l’avoir – mais aussi des créatures, des club kids…

Où le public aura-t-il l’occasion de vous voir prochainement ?

Hier [jeudi], ça a été la viewing party [une séance de visionnage collectif de l’épisode dans un bar] la plus mouvementée, avec le plus de monde. Du coup, j’avais plein de gens pour me soutenir, c’était très cool. Jusqu’au 11 août, on fait nos soirées au Pourquoi Pas ? Café culturel à Bordeaux​ et c’est tout pour l’instant. J’ai envie de me concentrer sur ma performance pour la tournée [qui commencera le 1er septembre à Paris] et il reste énormément de travail à faire.

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