Dali Benssalah, le Français qui se bat contre Daniel Craig dans James Bond

  • Le nouveau James Bond « Mourir peut attendre » sort ce mercredi au cinéma en France avec la dernière apparition de Daniel Craig dans le rôle de l’espion anglais.
  • L’acteur de 53 ans y côtoie Dali Benssalah, un comédien français de 29 ans révélé dans un clip vidéo du duo The Blaze.
  • Né à Rennes où il a grandi dans les quartiers populaires, cet ancien champion de boxe thaï s’est trouvé une place dans le cinéma.

Quand il était gamin, le vieux Macintosh de l’appartement du quartier Bréquigny dans lequel il a grandi s’ouvrait avec ce message : « My name is Bond, James Bond ». L’adolescent qu’il était l’époque n’imaginait pas qu’un jour, il serait à l’affiche de l’une des plus grosses productions cinématographiques au monde. A 29 ans, le comédien Dali Benssalah
aura l’honneur de partager l’affiche avec Daniel Craig, Rami Malek ou encore Léa Seydoux à l’occasion de
la sortie du dernier James Bond Mourir peut attendre ce mercredi. Connu pour son personnage dans la série Les Sauvages diffusée sur Canal+, Dali Benssalah s’est mué dans le rôle de Primo, un homme de main de la mystérieuse organisation Spectre, chargé d’affronter 007.

Champion de France de boxe thaï, celui qui est né et a grandi à Rennes a eu l’honneur de tourner aux côtés de Daniel Craig. Mais aussi de le combattre. « C’est une expérience énorme ! Les moyens sont surdimensionnés. Daniel Craig est quelqu’un de très chaleureux, de très humble et de bienveillant. Mais quand ça tourne et qu’il devient James Bond, il se donne à 10.000 %. C’est un beau bébé donc quand il charge, il faut faire attention », glisse le jeune acteur. Avant de reconnaître que « chaque scène est une dose d’adrénaline ».

Encore peu connu sur la scène internationale, le comédien franco-algérien a pu compter sur un petit coup de pouce du destin. « Le réalisateur Cary Joji Fukunaga avait vu le clip Territory de The Blaze que j’avais tourné à Alger en 2016 ». Sortie en 2017, la vidéo du duo électro français a été vue près de 70 millions de fois. « Il a chargé son assistante de me contacter pour une rencontre. J’ai d’abord passé un entretien avec la directrice de casting Debbie McWilliams (qui a officié sur 13 films de James Bond quand même…). Ça m’a ouvert les portes du casting à Londres. D’abord du combat, de la cascade. Comment encaisser des coups de poing ou des coups de feu, être crédible à l’écran. Puis une rencontre avec le réalisateur ». Ce jour-là, le comédien français convainc tout le monde et se voit offrir un rôle dans
le dernier James Bond incarné par Daniel Craig. Il passera sept mois et demi sur ce film. « Cinq mois à Londres, deux semaines en Italie et une semaine en Jamaïque ».

Le jeune comédien se souvient parfaitement du jour où il est parti en Angleterre pour le tournage de James Bond. Il venait de terminer la série Les Sauvages tournée à Saint-Etienne, quand il a sauté dans un train.

« Je n’ai même pas pu faire la soirée de fin de tournage ! J’ai croisé ma femme à la gare à Paris. Elle m’a donné une autre valise avec des vêtements propres. Je n’ai pas eu le temps de penser, pas eu le temps de rêver. »

Prévue le 8 avril 2020, au cœur de la première vague épidémique, la sortie du film a finalement été reportée de dix-huit mois. « Ça m’a permis de prendre un peu de recul sur ce que je vivais ». A l’heure de la sortie du dernier opus de 007, Dali Benssalah rentre tout juste d’un tournage avec Romain Gavras et Ladj Ly pour le film Guerre, qui sortira sur Netflix. Et repartira bientôt en Algérie pour un film franco-algérien.

Un premier stage au cours Florent à l’adolescence

La vie menée par ce gamin des quartiers populaires du sud de Rennes n’avait pourtant pas vocation à le mener sur un tel chemin. Né dans la capitale bretonne en 1992, le garçon est d’abord passionné de karaté. Il finira par se mettre à la boxe thaï après avoir été disqualifié d’une compétition pour avoir mis un coup trop appuyé. « J’avais à peine touché ». A 19 ans, il devient champion de France de la discipline avant de se blesser et de manquer un voyage en Thaïlande. Dali Benssalah profitera du moment pour filer à Paris suivre les cours Florent et se frotter pour la seconde fois au monde de la comédie. « La première fois, c’était quand j’étais ado. Ma mère était passionnée de cinéma. Un été où on n’était pas partis en Algérie, elle nous avait inscrits au cours Florent mon frère et moi ». Un déclic ? « Je n’avais pas du tout l’ambition de faire carrière. Mais c’est resté dans un coin de ma tête ». Après avoir repiqué son année de fac en Sciences Eco à Rennes, il rejoindra Paris pour poursuivre les cours de théâtre la journée. « La nuit, je bossais en intérim dans la manutention ou l’événementiel pour payer mon loyer et remplir mon frigo ».

Depuis, tout s’est accéléré et l’acteur a vu les propositions de théâtre et de cinéma arriver. Jusqu’à cette première consécration de voir son nom apparaître au générique du 25e film de l’agent secret le plus célèbre du monde. Un opus sorti la semaine dernière au Royaume-Uni et qui a reçu un très bon accueil de la part de la critique et propulsé les Anglais dans les cinémas qu’ils avaient quelque peu désertés. Un vrai coup d’accélérateur dans la carrière du gamin de Bréquigny.

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