Dans "La cour des miracles", les réalisateurs Carine May et Hakim Zouhani rêvent d'un retour à la mixité sociale à l'école

Retour aux sources pour Carine May et Hakim Zouhani, les deux réalisateurs de La cour des miracles qui vient de sortir sur les écrans. C’est à Aubervilliers, dans le 93, que ces enfants des années 70 ont passé toute leur scolarité.

A l’école, tout le monde se côtoyait raconte Hakim Zouhani, « il y avait des Noirs, des Arabes, des Italiens et des Vietnamiens ». Pour Carine May, les souvenirs reviennent aussi devant son ancien lycée. La cinéaste se rappelle avoir vraiment connu la mixité sociale. 

Il y avait des fils d’ouvriers, des fils de médecins. C’était un mélange incroyable ! Nous on l’a connue. Ca n’existe plus à Aubervilliers comme dans tant d’autres villes de France.

Réalisatrice

La problématique de la mixité est au coeur du film La cour des miracles, qui se place du côté des enseignants. Un parti pris pour Carine May qui, avant d’être réalisatrice, était institutrice et Hakim Zouhani éducateur.

France 3 Paris-Ile-de-France : M. David / M. Huguet / X. Rousseau

L’importance du vivre ensemble 

Cette comédie sociale se déroule dans l’école Jacques Prévert d’Aubervilliers, nichée au pied de la cité, porte de la Villette. Elle raconte l’histoire d’une école primaire menacée par l’arrivée à proximité d’un établissement « bobo-écolo » flambant neuf. L’équipe d’enseignants, qui ne se connait pas, va tout faire pour conserver ses élèves et rendre les locaux de la vieille école plus attractifs. L’idée leur vient de créer la toute première école verte de banlieue, au beau milieu du béton. La cour des miracles est aussi criant de vérité quand le manque de professeurs est évoqué avec cette séquence hilarante de job dating pour en recruter. Le but de ce joli film plein d’espoir n’est pas seulement de faire rire. Il fait aussi réfléchir sur le fonctionnement des écoles publiques en France.

Des acteurs engagés 

Rachida Brakni endosse le costume de la directrice de l’école qui déploie une énergie folle pour lutter contre la ségrégation scolaire. Elle aussi a connu la mixité sociale à l’école. Aujourd’hui, elle enrage de la voir disparaître. Un rôle qui lui tient à coeur, car pour cette actrice d’origine algérienne, boulimique de lecture quand elle était enfant, l’école est « le lieu où l’on se construit, c’est la colonne vertébrale d’une nation ». 

Rachida Brakni est accompagnée de jeunes comédiens comme Mourad Boudaoud qui joue le rôle d’un enseignant. Lui aussi a grandi et suivi des études à Pantin, dans le quartier des Courtillères, en banlieue parisienne. Ce film est donc une belle occasion de rendre hommage à ses professeurs qui lui ont ouvert le champ des possibles.

La cour des miracles, de Carine May et Hakim Zouhani, actuellement au cinéma.

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