Deux ans après « Qui veut être mon associé », où en est Constant & Zoé ?

  • Le 14 janvier 2020, Sarah Gomes avait ému aux larmes les investisseurs de la première saison de l’émission télévisée Qui veut devenir mon associé ?
  • La Lyonnaise, fondatrice de l’entreprise Constant & Zoé, avait besoin de 200.000 euros pour développer sa société, spécialisée dans la confection et vente de vêtements adaptés pour les personnes en situation de handicap.
  • Depuis, l’épidémie de coronavirus est venue bouleverser ses plans.
  • L’entreprise a dû changer son modèle économique mais a pu rebondir malgré la crise.

L’histoire de son frère Constant, devenu infirme moteur cérébral à la naissance à la suite d’une erreur médicale, avait ému aux larmes. Il y a deux ans, Sarah Da Silva Gomes a fait
un passage remarqué dans l’émission télévisée Qui veut être mon associé ? Le 14 janvier 2020, la Lyonnaise,
fondatrice de l’entreprise Constant & Zoé, s’est rendue sur les plateaux de M6 pour solliciter 200.000 euros auprès des investisseurs, leur proposant ainsi d’entrer au capital de sa société à hauteur de 10 %.

La mission était délicate : les persuader de l’aider à développer sa start-up, spécialisée dans la confection et la vente de vêtements adaptés pour personnes en situation de handicap. Mais ses arguments déroulés avec précision, son humilité et sa vision de l’entreprenariat ont convaincu les cinq investisseurs de la suivre. Sarah est repartie avec la promesse d’obtenir 250.000 euros.

350.000 euros apportés par les investisseurs de l’émission

« Il y a bien eu la levée d’argent… Et même plus, sourit la jeune femme à l’heure du bilan. Finalement, 350.000 euros ont été levés car Delphine André [la PDG du Groupe Charles André] a investi 100.000 euros de plus que ce qui était prévu. Leur confiance nous a permis de réunir au total 800.000 euros. » L’impact de l’émission a été « énorme ». Immédiat. « Cela nous a apporté beaucoup de visibilité, une belle notoriété et un gros trafic sur notre site Internet », poursuit Sarah. Plus de 55.000 vues au lieu des 300 visites quotidiennes.

« Malgré cela, on a eu du mal à faire fructifier l’effet engendré », confesse humblement l’intéressée qui fera l’objet d’un portrait sur M6 le 26 janvier. La raison ? L’arrivée de l’épidémie de coronavirus est venue bouleverser ses plans, deux mois plus tard. L’entreprise, distribuant essentiellement ses vêtements dans les centres spécialisés pour personnes handicapées, a été contrainte de revoir son modèle économique.

Changement de modèle économique

« Notre fonctionnement était d’être présent physiquement dans ces structures médicales pour apporter du lien. Il n’y a rien de mieux que de faire essayer directement nos habits aux clients, explique-t-elle. Mais du jour au lendemain, l’accès nous a été interdit en raison des restrictions sanitaires. » Or, les ventes, réalisées dans ses structures, représentaient jusque-là 70 % du chiffre d’affaires de la société.

« Malheureusement, cela nous a coupé les ailes en plein vol », ajoute Sarah. Ayant « perdu 80 % de son canal de distribution », la start-up lyonnaise n’a pas eu d’autre choix que « tout recommencer à zéro » pour ne pas mettre la clé sous la porte. D’où la nécessité de « trouver d’autres solutions ». La période a été « dure ». Et pas seulement sur le plan professionnel. La jeune femme ne peut plus rendre visite à son frère, « son rayon de soleil ». « On a été séparé de lui pendant deux mois. On ne pouvait communiquer que par visio sans avoir la certitude qu’il comprenait ce qu’il se passait [Constant ne voit pas et ne parle pas]. On a eu l’impression qu’il se pensait abandonné », raconte-t-elle.

« Au final, on en sort grandi »

Pleine de ressources, Sarah fait alors le pari de rebondir en se tournant vers des enseignes qui fournissent du matériel médical. « Cette étape-là était envisagée pour plus tard, une fois que notre société se serait bien développée. L’objectif était de cumuler les deux marchés. Mais on s’est adapté ». Un choix payant. Aujourd’hui, la marque est distribuée dans 250 magasins de France et de Belgique. L’entreprise a élargi sa clientèle en touchant désormais les personnes âgées dépendantes. Elle a également modernisé ses collections en développant des jeans, des motifs à marinière ou à fleurs. Les ventes sur le site Internet, entièrement remodelé, ont augmenté de 10 %.

« Au final, on en sort grandi et nous avons pu accroître notre chiffre d’affaires. Nous avons réussi à nous retourner… Nous ne sommes pas les plus à plaindre », analyse-t-elle, ne perdant pas l’espoir de pouvoir s’implanter à nouveau durablement dans les centres spécialisés. Quant à Constant ? « Il revient de loin mais, aujourd’hui, il va très très bien », conclut en souriant Sarah.

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