Emmanuel Mouret distingue « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait »

  • Les confidences de personnages au croisement de leurs vies sentimentales donnent toute sa puissance d’évocation au film “Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait”.
  • Camélia Jordana, Niels Schneider, Vincent Macaigne et Emilie Dequenne y sont épatants.
  • Le film sort en salle estampillé du label Cannes 2020.

Jamais Emmanuel Mouret n’avait été aussi juste, ni aussi grave, que pour explorer les relations amoureuses des personnages de son dernier film,Les Choses qu’on dit, Les choses qu’on fait. Les confidences qu’échangent une jeune femme enceinte et le cousin de son compagnon vont bouleverser leurs vies.

Camélia Jordana, Emilie Dequenne,
Niels Schneider et
Vincent Macaigne arpentent la Carte du tendre dans ce récit brillamment  écrit et finement réalisé. « Il ne faut pas voir ce titre sous un angle moralisateur, explique Emmanuel Mouret à 20 Minutes. Je pense qu’il peut y avoir une vraie saveur pour le spectateur d’être témoin de l’écart entre les engagements et la réalité. C’est toujours rassurant de voir des personnages qui sont le contraire de superhéros. » Ces femmes et ces hommes essayent de composer entre leur conscience et leurs pulsions, entre raison et sentiment.

Les vies qu’on ne peut pas vivre

« On ne peut pas prendre tous les chemins à la fois », dit l’un des protagonistes du film. Toutes et tous vont se trouver au débotté à un carrefour de leur existence et de leurs amours quand des rencontres inattendues balayent leurs certitudes. « Le cœur est grand et peut embrasser beaucoup mais il est impossible de tout vivre », insiste Emmanuel Mouret. Tantôt drôle ou cruel – voire les deux à la fois – ce conte philosophique permet au réalisateur de Mademoiselle de Joncquières de sonder encore plus profondément l’âme humaine dans ses contradictions.

L’amour au singulier

Même si on n’en a pas vécu de semblables, Emmanuel Mouret rend les questionnements de ses protagonistes poignants. « C’est le propre du cinéma et de l’art que de s’intéresser aux cas particuliers pour essayer de les rendre universels, insiste le cinéaste. Dans notre intimité, on se considère tous comme singuliers, mais on se retrouve face à certaines problématiques. » Personne n’est à l’abri d’une rencontre rendue d’autant plus douloureuse quand on croyait être solidement engagé avec son partenaire.

Cannes sans Croisette

Le label Cannes qui accompagne la sortie de son film est important pour Emmanuel Mouret. « C’est un gage de qualité un peu comme le Label rouge sur un poulet, explique-t-il. J’espère que cela va attirer le public dans les salles. » Les réactions de public des avant-premières sont prometteuses. « Quand on me chuchote un merci avec un sourire complice, j’ai l’impression réconfortante d’avoir été compris », avoue-t-il.

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