Festival de Cannes 2021 : le retour attendu de Nanni Moretti, chroniqueur de la société italienne depuis quarante ans

Après six ans d’absence, Nanni Moretti fait son grand retour au Festival de Cannes où il présente, en sélection officielle, Tre Piani. Avec plus de 45 ans de carrière, le réalisateur italien joue dans tous ses films, au travers desquels il dresse un portrait subjectif de la société et de la vie politique italienne. Retour sur sa filmographie. 

Le film comme manifeste 

Le cinéma de Nanni Moretti est sculpté par ses préoccupations politiques. Dès 1976, il incarne Michele Apicella, son alter ego, avec lequel il partage ses convictions intimes et ses observations sur la politique italienne. Dans Palombella rossa, son sixième long métrage sorti en 1989, Apicella est un joueur de water-polo amnésique qui, au cours d’un match, se rappelle son engagement au sein du parti communiste italien. Il utilise le passé personnel du personnage pour évoquer l’histoire et exprimer son regret des heures de gloire de la gauche italienne. 

Bien plus tard, dans Le Caïman, Moretti n’hésite pas affirmer son engagement politique, cette fois-ci en se positionnant contre Silvio Berlusconi. Dans ce film présenté à Cannes en 2006, un réalisateur de navets fauché doit mettre en scène un scénario qui s’avère être une biographie du président du conseil italien. Nanni Moretti en profite pour faire une satire acerbe de Berlusconi, et va jusqu’à incarner son ennemi, intime et politique, à la fin du film.

Aprile, toujours intimement lié à sa vie privée, est une sorte de prolongement “politico-familial” de Journal Intime. Le film suit autant le vie politique italienne entre 1994 et 1997 que l’arrivée du premier enfant de Nanni Moretti (le mois d’avril correspond à la naissance de son fils et aux élections de 1996). Il témoigne avec humour des changements sociaux et politiques inquiétants, avec l’arrivée de Berlusconi au pouvoir.  

Quand le drame bouleverse la vie

En 2001, Nanni Moretti reçoit la Palme d’or du Festival de Cannes pour son film La chambre du fils. Il y interprète un psychanalyste, Giovanni, installé dans le Nord de l’Italie avec sa femme Paola et ses deux enfants Irene et Andrea.  

Initialement programmé pour l’édition de 2020, Moretti a patienté plus d’un an pour enfin montrer son nouveau film au public. C’est un grand retour pour l’Italien qui n’avait pas été à Cannes depuis 2015 lors de la présentation de Mia Madre en sélection officielle, dont il était rentré bredouille. Vingt ans après avoir remporté la Palme d’Or pour La chambre du fils, le regard si singulier de Nanni Moretti séduira-t-il à nouveau le jury ?

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