« Flee » remporte un Cristal mérité au Festival d'Annecy

  • « Flee » a remporté le Cristal du long-métrage au Festival d’Annecy.
  • C’était l’un des quatre longs-métrages en compétition qui traitait, toujours avec beaucoup d’originalité, du sujet des réfugiés ou des migrations.
  • Le film danois avait remporté un prix à Sundance et devrait prochainement être diffusé sur Arte, à moins qu’il ne sorte finalement en salle.

 

Qui pour succéder en 2021 à Calamity au top du palmarès du 60e
Festival d’Annecy ? Flee, un documentaire danois d’animation signé Jonas Poher Rasmussen, dont le titre signifie « fuir » en anglais et qui raconte l’odyssée d’un jeune réfugié afghan devenu un universitaire parfaitement intégré à Copenhague. C’est ce film à la fois sobre et tranchant, que le jury a tenu à saluer pour ses qualités d’animation, devant deux autres franches réussites : Ma famille afghane de la réalisatrice tchèque Michaela Pavlatova (prix du jury) et La Traversée de la Française Florence Mihaile (mention du jury), deux autres films extrêmement forts et touchants. Pour les courts-métrages, le Cristal a été attribué à Ecorce, film suisse de Samuel Patthey et Silvain Monney.

Flee lève un voile pudique sur l’histoire d’Amin. Il faut voir ce jeune afghan pris dans l’adversité débarquer de Russie, seul, après avoir fui avec sa famille de Kaboul en pleine guerre civile. Une véritable odyssée qu’Amin n’avait partagée avec personne avant qu’elle ne soit transposée à l’écran par l’un de ses plus proches amis, le réalisateur Jonas Poher Rasmussen lui-même.

Animation soignée et esquisses au fusain

Animation soignées pour raconter le présent, documents d’époque et esquisses au fusain pour les souvenirs un peu flous d’un adolescent lors de son exil. Ce documentaire animé sur la crise des réfugiés offre plus de questions que de réponses quant aux choix impossibles d’une famille dans l’adversité ou aux doutes d’un mineur isolé en quête de terre d’accueil.

C’est le même sujet, mais avec un regard féminin et dans un parcours inversé, que traite Ma famille afghane de la réalisatrice tchèque Michaela Pavlatova, inspirée de l’histoire vraie également, d’une jeune tchèque qui tombe amoureuse à Prague d’un étudiant qu’elle va suivre et épouser en Afghanistan, avant de se retrouver au cœur d’une famille aimante, certes, mais confrontée au mœurs d’un pays dirigé par les Talibans. La Traversée de Florence Miailhe, qui se distingue par une technique de peinture animée sur plaques de verre, rend hommage à sa grand-mère qui a fui les pogroms d’Odessa au début du XXe siècle en visant l’universel à travers le parcours d’une famille persécutée dans une région imaginaire et pour des raisons indéfinies. Moins subtil dans sa narration, Lamya’s poem est le quatrième film de la compétition sur un sujet proche : la fuite d’une jeune Syrienne confrontée à celle d’un poète ayant connu un destin similaire au XVIe siècle.

Un humour salutaire

Quelle place pour l’humour face à toute cette misère ? Annecy n’a pas manqué de répliquer à travers quelques pépites comme le très potache Petit Moutard de l’Allemand Marcus Rosenmüller et de l’Espagnol Santiago Lopez Jover, le très acide Hayop Ka! du Philippin Avid Liongoren ou le très enfantin Ma mère est un gorille (et alors?) de la suédoise Linda Hamback. L’humour était encore plus franchement présent en dehors de la compétition, dans 
Luca, le dernier Pixar, présenté en avant-première dans une salle bondée, ou dans Même les souris vont au paradis, conte fantastique pour les enfants à partir de 5 ans, dont la sortie est prévue dans les salles cet automne.

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