INTERVIEW. Lucie (Koh-Lanta) : "Les 4 bananes, c’était l’évènement de trop"

Finaliste de "Koh-Lanta : Les Armes Secrètes", Lucie revient pour Télé Star sur les grandes lignes de son aventure, de son arrivée compliquée au sein des jaunes à sa défaite face à Maxine.

Télé Star : Comment avez-vous vécu votre aventure dans son ensemble ?

Lucie : Ça a été une aventure assez difficile. Néanmoins, j’ai repris les rênes de mon destin à un moment donné. Au début, j’ai essayé d’être discrète pour essayer d’aller le plus loin possible, et je me suis rendue compte qu’en étant discrète, gentille, on confondait ça avec de la faiblesse. J’ai dû rééquilibrer les choses pour être en accord avec ce que je suis. Je me suis donc alliée à des gens qui me ressemblaient, avec qui je m’entendais bien et qui avaient une belle énergie, et ça m’a permis d’aller loin. J’avoue que moi-même, je ne me pensais pas capable d’aller jusque-là. Quand on voit comment ça a commencé, à aucun moment on se dit qu’on peut finir sur les poteaux. Mon nom était évoqué à chaque conseil. Je reviens de très loin et j’en suis satisfaite. Je suis fière de moi. J’ai réalisé le rêve de beaucoup d’aventurier en mettant les pieds sur les poteaux.

Vous avez tenu 2 heures et 8 minutes sur les poteaux. Vous attendiez-vous à briller autant sur cette épreuve ?

C’est vrai que Cindy, de Koh-Lanta : La Guerre des Chefs, m’a dit qu’elle n’avait pas réussi à tenir aussi longtemps sur cette petite plateforme. Je ne me rendais pas compte que j’avais fait une performance jusqu’à ce qu’on me le dise, en fait. Moi, j’étais en kiffe total sur ce poteau. J’ai essayé d’y passer un maximum de temps pour m’en imprégner et que ce soit gravé dans ma mémoire à vie. Mon but, c’était de m’imprégner de chaque sensation et même la douleur au niveau des pieds, je me disais "Allez, kiffe cette douleur parce que c’est un souvenir immuable". J’ai pris mon pied à mettre mes pieds sur le poteau.

Vous vous êtes inclinées 4 voix à 9. Avez-vous été surprise du vote de certains candidats ?

J’avais des estimations qui correspondaient plus ou moins à ce rendu-là. J’avais bien vu qu’au jury final, les gens n’avaient pas forcément pris de recul sur ce qui s’était passé. Je n’en avais pas la certitude parce qu’on ne se dit pas les votes, mais je n’ai pas eu de surprise. J’avais un point d’interrogation sur Vincent, Flavio, Laetitia et Magali. Pour le reste, je savais pour qui ils allaient voter. J’ai été touchée par le vote de Shanice, et même Magali. Elle et Fred ont eu des mots vraiment très gentils à mon égard, ça m’a fait du bien. Shanice, j’espérais qu’elle fasse ça parce que j’ai toujours été droite avec elle. Elle l’a fait, donc ça m’a conforté dans l’idée que c’est une fille fiable sur qui on peut compter.

Après l’épreuve des poteaux, Maxine vous a choisi. Vous attendiez-vous à ce choix et auriez-vous fait le même si vous aviez gagné l’épreuve ?

Je ne m’y attendais pas, mais je l’espérais. Je me suis dit que peut-être, elle me rendrait la pareille par rapport à ce que j’avais pu faire auparavant. Par amitié, aussi, parce que je lui avais témoigné mon amitié. Stratégiquement, je pense que les deux avaient intérêt à me choisir. J’étais celle qui avait le plus d’ennemis parmi les trois, ça faisait de moi une candidate idéale. Et si j’avais remporté l’épreuve, j’aurais choisi Maxine à la fois par amitié, et aussi pour les mêmes raisons qu’elle. Face à Jonathan, on se serait pris une raclée toutes les deux. Jonathan était extrêmement apprécié. Il faisait pratiquement l’unanimité.

Comment expliquez-vous le fait de vous être fait tant d’ennemis sur le camp ?

J’ai eu beaucoup de problèmes pour m’intégrer dans mon équipe, on ne m’a pas forcément ouvert la porte. J’ai fait des efforts tous les jours, mais ils étaient vains. Comme j’étais la dernière arrivée, les liens n’ont pas été profonds avec moi, donc j’étais la cible idéale. A un moment donné, j’ai dû taper du poing sur la table parce que certains comportements m’ont déplu. On a menacé de me virer, il y a eu des manques de respect, et le fait que l’on m’écarte de l’équipe, ça a été le déclic qui a fait que je me suis dit "Stop, je vais arrêter d’être loyale envers des gens qui ne m’apprécient pas à ma juste valeur". Pour moi, le respect compte bien plus que la loyauté, j’ai dû faire un choix de valeur. Le respect, c’est minimal dans une situation sociale. Et j’ai fini par devenir le visage de leur élimination.

Cette épreuve de confort manquée et son prix de consolation (4 bananes) semble vous avoir vraiment marquée…

Franchement, j’ai ressenti une humiliation. J’ai pris très cher ce jour-là. J’ai gardé la tête haute, je suis restée digne le plus longtemps possible mais personne n’aime être rejeté. En plus, on te donne quatre bananes, c’était vraiment une humiliation… C’était l’évènement de trop. Le vase était à deux doigts de déborder et là, ça a été la goutte d’eau. A partir de là, je n’en avais plus rien à faire des conséquences. J’étais prête à me faire éliminer, mais mon amour propre avait beaucoup plus d’importance que Koh-Lanta.

Physiquement, avez-vous le sentiment d’être allée au bout de vos capacités ?

J’étais limitée par l’alimentation. Je n’avais pas d’énergie, j’étais vraiment l’ombre de moi-même. Un simple footing me fatiguait, ce n’était pas possible ! Physiquement, j’étais quand même très touchée. Là, je n’aurais pas pu tenir très longtemps. J’avais de la ressource, j’en aurais trouvé jusqu’à la mort parce que je suis une fille qui se bat, mais c’était très compliqué physiquement. Après, ce qui m’a donné de la force sur les poteaux, c’est l’espoir. Je me suis dit "Lucie, rêve grand ! Tu es sur les poteaux, pourquoi tu n’irais pas encore plus loin ?" C’est dans mon optimisme que j’ai réussi à faire des performances sur la fin. J’ai mis du temps à prendre confiance en moi parce que Koh-Lanta, c’est très hostile pour moi. Il n’y a rien que je connaisse. L’équilibre, me surprendre à des cordes, courir dans la boue, j’ai découvert la boue à Koh-Lanta… Je connais le fait d’être privée parce que je fais des sports à catégories de poids, mais quand même, je me dose. Là, il n’y avait que de la coco et du riz, j’avais perdu des muscles et tout…

Quelle a été l’épreuve la plus difficile pour vous ?

Pratiquement tout (rire). Tout ce qui est statique et équilibre, ça ne me parle pas. Je fais plutôt des activités dynamiques. C’est un effort musculaire très différent donc je suis entraînée différemment. Maintenant, je sais ce que je dois travailler si je retournais à Koh-Lanta !

Quel est votre plus grande fierté ?

L’épreuve d’orientation. J’ai été méthodique, j’ai tout fait dans les règles et j’ai battu Arnaud au chrono. Le fait de trouver le poignard, c’était la consécration. Ça me donnait l’accès aux poteaux. Je ne pouvais pas être plus fière que ça. En boxe, on dit "Ca ne sert à rien d’être champion à l’entrainement, il faut être champion le jour J". Eh bien moi, je n’ai pas gagné beaucoup d’épreuves, mais j’ai gagné la bonne épreuve, celle qui m’offre les poteaux.

Quel est votre meilleur et votre pire souvenir ?

Mon meilleur souvenir, c’est quand je trouve le poignard et que je mets le pied sur les poteaux. C’est l’accomplissement d’un rêve. Le pire, c’était la journée du fugitif. Ça a été une journée cauchemardesque. On a subi une défaite cuisante et il a plu du matin jusqu’au soir. On a dormi dans le froid, c’était une horreur absolue cette journée. On mourrait de faim, on n’avait pas de feu, rien pour se réchauffer le cœur. Je venais juste d’arriver et je me suis dit "Dans quelle galère je me suis embarquée ?!"

Un regret ?

Peut-être que quand j’ai éliminé les jaunes, j’aurais dû la jouer avec plus de stratégie. J’avançais au jour le jour et à aucun moment je me suis dit que j’allais finir au conseil final. J’aurais peut-être dû être plus démago…

Vous sentez-vous changée par cette aventure ?

Je suis marquée. Je suis tatouée à vie par Koh-Lanta. C’est indélébile. Je ne sais pas encore ce que ça a changé, je n’ai pas assez de recul. J’ai rencontré des gens exceptionnels, ce sont de bonnes énergies. J’ai vraiment envie de voir ce que cette aventure va m’apporter dans mon développement personnel.

Maintenant que vous avez un pied dans la télévision, souhaiteriez-vous tenter une autre aventure télévisée ?

Il faut savoir que pour moi, il y a les sports de combat, et il y a la danse. La danse, c’est la douceur de mon existence. Danse avec les stars, ça me fait rêver. C’est cette émission qui m’a amenée à danser pour la première fois. Il y a tellement de parallèles à faire avec la boxe. Il y a beaucoup plus de douceur en danse mais l’approche est similaire. Il y a une synchronique avec l’autre, on est dans la coordination. Il y a une adaptation à l’énergie de l’autre qu’on retrouver dans le combat. Ça m’a beaucoup apporté dans les sports de combat, la danse, et je me dis que ce serait magique d’arriver à faire ça un jour. C’est un rêve secret mais en arrivant sur les poteaux, j’étais tellement fière que je me suis dit "Lucie, tu peux oser rêver grand."

Si l’opportunité vous était donnée, repartiriez-vous pour une nouvelle aventure Koh-Lanta ?

Les All Stars, c’est tellement du haut niveau. En réalité, j’aimerais d’abord faire une étape comme Le retour des héros. Ça me conviendrait plus.

Avec quels grands aventuriers de Koh-Lanta rêveriez-vous de partager une aventure ?

Il y a des gens avec qui j’aimerais trop me retrouver dans l’aventure, comme Naoil, Moussa, Laurent Maistret… Ce sont des gens qui ont une très bonne énergie et j’adorerais vivre une aventure à leurs côtés.

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