Isabelle Demongeot : "En étant violée et homosexuelle, j’ai eu droit à la double peine…"

La tenniswoman qui avait évoqué dans son livre, Service volé. Une championne rompt le silence, les viols subis de la part de son ancien entraîneur, voit son récit porté à l’écran dans le téléfilm Service volé, lundi 22 novembre à 21 h 05, sur TF1.

Vous êtes-vous impliquée dans la conception de cette fiction pour TF1 ?

ISABELLE DEMONGEOT : Entre le réalisateur Jérôme Foulon et moi, ça a été une belle et grande rencontre. Même s’il n’a pas eu ma confiance tout de suite. J’ai hésité pendant quelques mois, car nous étions en pleine période des Gilets jaunes et je n’avais pas envie de créer de tensions supplémentaires… Mais une fois que je lui ai donné ma confiance, c’était entièrement. Je savais que Service volé serait un jour adapté. J’avais besoin que quelqu’un s’empare de mon histoire pour pouvoir enfin prendre de la distance, m’en détacher émotionnellement.

Avant le tournage, avez-vous pu échanger avec Julie de Bona sur la manière dont elle comptait incarner votre personnage à l’écran ?

Oui, elle est venue me voir à Saint-Tropez, et je l’ai trouvée pétillante, simple et avenante. Ça a tout de suite matché entre nous parce qu’on se retrouve sur l’énergie, la rigueur que l’on met dans ce que l’on fait et la capacité de se dire les choses ouvertement. J’apprécie ça parce que, maintenant, je n’ai plus de filtres. Il faut nommer les choses crûment : un viol, c’est un viol ; une pénétration, une pénétration !

Assister à la genèse de ce film et le voir arriver à l’antenne, est-ce une seconde forme de reconnaissance pour vous ?

Pour moi, c’est unique, d’autant que je n’imaginais pas que cela puisse se faire sur TF1. C’est une consécration qui va m’aider à avancer, car en étant violée et homosexuelle, j’ai eu droit à la double peine en termes de préjugés… Après tout ça, je pourrai me consacrer à Cloé, ma fille de 7 ans, qui découvrira ce que j’ai traversé. Et je tenterai alors de lui expliquer les choses…

En 2014, l’année même où votre fille est née, votre coach, Régis de Camaret, a été condamné. Fallait-il rendre justice à l’adolescente que vous avez été pour permettre à l’adulte que vous êtes devenue de s’épanouir ?

Oui, je pense que c’est lié. Cela faisait trois, quatre ans qu’on essayait d’avoir un enfant et là, ça a enfin marché. Aujourd’hui, je ne suis plus en couple avec mon ex-femme, mais Cloé est le centre de ma vie.

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