« La vraie faim, je ne l'avais jamais connue », confie Aubin

  • Une semaine après l’élimination de Marie-France, candidate de l’équipe du Nord, la deuxième émission de la nouvelle saison de Koh-Lanta est diffusée ce vendredi.
  • Seul représentant du Sud-Ouest dans l’équipe du Sud, Aubin revient sur le début d’une aventure qui a changé sa vie.
  • Le jeune Gersois, âgé aujourd’hui de 24 ans, est déjà chaud pour une nouvelle aventure.

Ce vendredi sur TF1, Aubin Bligny (24 ans) représentera de nouveau fièrement
le Gers, dans
Koh Lanta, version « Les 4 Terres ». L’agent immobilier originaire de Mauvezin est revenu mercredi au téléphone sur cette aventure qui l’a profondément marqué. Avec, en fond sonore, les gazouillis de son fils Noré (19 mois).

Depuis vendredi dernier et la première émission de cette nouvelle saison, vous reconnaît-on dans la rue ?

Oui, c’est rigolo. La première fois, j’étais parti faire un footing dans un petit village à côté de chez moi, à Sarrant, car à Mauvezin, ce n’est pas possible (rires). Les mêmes questions reviennent à chaque fois. « Est-ce c’est dur ? » « Est-ce qu’en vrai, ça se passe comme à la télé ? » Mais c’est toujours bienveillant.

Avant le début de l’émission, vous expliquiez à La Dépêche du Midi que vous vous attendiez à avoir des critiques sur les réseaux sociaux. Qu’en est-il ?

Physiquement, je n’ai pas le profil type de l’aventurier de Koh-Lanta, je savais que ça allait en faire réagir quelques-uns. Mais sur 100 messages, il y en a peut-être trois qui vont être chambreurs. Je n’y fais pas attention, je regarde les 97 autres.

Peut-on dire que « Koh-Lanta » a changé votre vie ?

Oui. Avant, je vivais comme tout le monde, sans faire trop attention aux choses du quotidien. J’ai pris conscience de l’importance des détails, comme le chauffage, l’eau au robinet… Cela m’a semblé tellement important là-bas…

Quel rapport entreteniez-vous avec l’émission en tant que spectateur ?

Je regarde l’émission depuis tout petit. J’ai grandi avec. Avec mon petit frère Matthis (21 ans aujourd’hui), on s’amusait à refaire les épreuves dans le jardin. J’avais déjà voulu m’inscrire lorsque j’avais 19 ans. J’avais préparé le courrier, les photos… Mais je n’ai jamais osé les poster, je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être que j’étais trop jeune… Quatre ans après, j’ai vu l’appel à candidatures lors de l’émission diffusée début 2019. Cette fois, la démarche a été jusqu’au bout.

Vous retrouver dans l’équipe du Sud, ça a été une surprise totale…

Complètement. On arrive, on est au courant de rien. Quand Denis (Brogniart) nous apprend que les équipes sont déjà constituées, qu’il y en a quatre, composées chacune de six personnes, et que le jeu se fera par régions, ça fait beaucoup d’informations à assimiler d’un coup. C’est génial, mais cela ajoute une pression supplémentaire. Tu représentes une région, tu ne peux pas passer à côté.

Vous vous retrouvez dans l’équipe avec des candidats originaires du Sud-Est, alors que François le Basque ou Diane la Béarnaise, vos voisins en quelque sorte, sont dans l’équipe de l’Ouest.

Il est vrai que je me sens plus proche d’un Basque que d’un Marseillais, d’autant que je pars en vacances au Pays basque. D’ailleurs, on me voit parfois chercher François du regard. Mais il fallait bien trouver des frontières. Ceci dit, lorsqu’on voit (dans la première émission) que mes coéquipiers avaient tous déjà mangé des oursins et que moi, je n’en avais jamais consommé de ma vie, on constate le décalage (rires).

La pratique du rugby, comme pilier à Mauvezin (en Honneur), vous a-t-elle aidé ?

Le rugby apporte ses valeurs de combativité. Une fois qu’on arrive à notre maximum, il faut encore pousser. Il y a aussi tout l’esprit de camaraderie que l’on retrouve sur le camp.

Le jeu est-il plus dur que vous ne le pensiez ?

Oui, beaucoup plus dur. Plusieurs aventuriers le disaient avant moi, je lisais leurs interviews. Mais quand on ne le vit pas, on ne comprend pas. La vraie faim, je ne l’avais jamais connue… J’avais déjà dormi par terre pendant une feria, mais le contexte n’était pas le même. Tout est aussi beaucoup plus long que ce qu’on voit à la télé, où il y a forcément des coupures, du montage. Si on n’est pas performant dans une discipline, on l’est encore moins avec l’inconfort, le manque de sommeil, la faim et la chaleur.

Surtout qu’il y a de véritables « machines » parmi les candidats, comme Brice et Dorian à l’Ouest ou Mathieu au Sud…

Il y a Sébastien aussi (membre de l’équipe du Sud), qui fait des courses de trail, comme le Festival des Templiers à Millau. Avec moi qui cours 5 kilomètres de temps en temps, le contraste était énorme ! Mais cela rend le jeu encore plus beau. Il y a des gens qui sont énormes sur le plan sportif, et d’autres beaucoup moins. Mais certains qui sont performants dans une discipline ne le seront pas forcément dans une autre. Tout le monde peut participer, à partir du moment où la tête suit. Le mental, c’est 80 % dans Koh-Lanta.

Au fait, c’est dur de masquer son absence pendant le tournage ?

C’est compliqué oui. J’ai prétexté un voyage linguistique en Australie. Mais le pays est parti en flammes, tout le monde s’inquiétait, et je ne répondais pas. C’est ma compagne qui s’occupait mes réseaux sociaux et répondait à seulement à quelques proches. Bon, c’est passé. Heureusement, je suis entouré de gens pas très forts en anglais car quand je suis revenu, je le parlais aussi mal qu’avant (rires).

Avez-vous gardé des liens avec les autres candidats ?

Oui, je suis en contact tous les jours avec pas mal de monde. Encore plus quand il y a une émission. Ce sont des liens aussi importants que ce que je peux avoir avec des amis que je connais depuis 10 ou 15 ans.

Seriez-vous prêt à participer à une nouvelle saison ?

Je repars demain si on me le demande !

Au fait, vous aviez arrêté de fumer pour participer à « Koh-Lanta ». Avez-vous repris à votre retour ?

Non. J’avais arrêté en août 2019 quand j’ai vu que ça commençait à sentir bon pour ma candidature. Je savais que là-bas, ça allait me créer un manque de plus. Quand je suis rentré, je me suis dit que je n’avais pas besoin de reprendre, et je n’ai pas repris.

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