Laurent Lafitte face à « L’Origine du monde » pour sauver sa peau

  • Laurent Lafitte passe pour la première fois à la réalisation avec « L’Origine du monde ».
  • Il se moque de la famille et de la bienséance en confrontant le héros qu’il incarne à un défi qui le confronte au tabou ultime.
  • Karin Viard, Hélène Vincent et Vincent Macaigne se sont mis au diapason de son délire loufoque.

Laurent Lafitte n’y va pas avec le dos de la cuillère dans  L’Origine du monde, son premier film en tant que réalisateur 
labellisé Cannes 2020 et sélectionné à Angoulême. Il se dirige face à 
Karin Viard et
Vincent Macaigne dans le rôle d’un homme dont le cœur a arrêté de battre et qui est confronté à un étrange défi pour le remettre en route.

« La pièce de Sébastien Thiéry m’avait emballé au point que j’ai eu envie d’en donner ma version à l’écran, raconte Laurent Lafitte à 20 Minutes. Son humour dévastateur et féroce ennemi du politiquement correct m’a mis en joie. » Le titre, inspiré d’un
tableau de Gustave Courbet (1819-1877) et qui représente un sexe féminin en gros plan, donne des indications sur quelle partie de l’anatomie de sa maman
(Hélène Vincent, sublime), le héros va être incité à prendre en photo afin de retrouver son énergie vitale.

Un tabou ultime

« Ce que doit faire mon personnage le met face à un tabou ultime, explique Laurent Lafitte. Il va lui falloir beaucoup d’ingéniosité pour parvenir à ses fins avec l’aide de son épouse et de son meilleur ami. » Le spectateur se sent vite complice du trio qui rivalise d’idées loufoques pour convaincre la vieille dame de se dévêtir afin d’obtenir le fameux cliché. On pense au cinéma de Bertrand Blier devant ce conte tordant et volontairement dérangeant. « L’idée n’est pas que de mettre le spectateur mal à l’aise, insiste Laurent Lafitte, mais de l’entraîner dans un délire loufoque qui le fera réfléchir à ses propres limites. »

Certaines scènes font grincer des dents, mais l’humour du réalisateur emporte le morceau, même quand il malmène les règles du bon goût et de la bienséance. « Le film égratigne la famille, qu’on idéalise souvent un peu trop à mon goût, alors qu’il s’y dissimule souvent des secrets honteux », insiste Laurent Lafitte. Celui que la maman réserve à ses proches n’est pas piqué des hannetons. Sa révélation permet à Hélène Vincent de livrer l’une des scènes les plus drôles du film.

Se laisser malmener

« Je suis conscient que mon film peut choquer, reconnaît Laurent Lafitte, mais j’espère que le public saura faire la part des choses et qu’il acceptera de se laisser un peu malmener. » Cela fait du bien de trouver une comédie aussi grinçante au sein d’une production où règnent des œuvres souvent trop bien élevées. Le souffle d’insolence que fait passer de L’Origine du monde a quelque chose de revigorant.

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